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 Pierre Bergé dans sa bibliothèque, rue Bonaparte à Paris. © D. R.

PARIS.- À partir de décembre 2015, Pierre Bergé & Associés proposera aux enchères, en association avec Sotheby’s, la bibliothèque personnelle de Pierre Bergé.

Rassemblant quelques 1600 livres, partitions musicales et manuscrits précieux du XVe au XXe siècle, cette collection fera l’objet d’une exposition itinérante d’une centaine de pièces à Monaco, New York, Hong Kong et Londres au cours de l’été et de l’automne 2015.
Le 11 décembre, la première partie sera vendue à Paris à l’Hôtel Drouot, sous le marteau d’Antoine Godeau.

Cette première vente offrira un florilège de plus de cent cinquante pièces d’intérêt littéraire couvrant six siècles, depuis l’édition princeps des Confessions de saint Augustin, imprimée à Strasbourg vers 1470, jusqu’au Scrap Book 3 de William Burroughs, paru en 1979.
 
Les ventes thématiques qui suivront en 2016 et 2017 proposeront également des ouvrages littéraires, coeur de la collection, mais aussi des livres de botanique et sur l’art des jardins, la musique ou les grands débats philosophiques et politiques.

Portrait d’une vie
La bibliothèque de Pierre Bergé restitue l’itinéraire d’une vie singulière. Jeune homme épris de littérature, il a quitté La Rochelle la veille de ses examens du baccalauréat, impatient d’écrire le roman de sa vie. Guidé au départ par des écrivains qui furent à la fois des maîtres et des amis, tels Pierre Mac Orlan, Jean Cocteau ou Jean Giono, l’éphémère courtier en livres s’est peu à peu pris de passion pour la collection. Ainsi, le lecteur est-il devenu bibliophile, s’attachant aux textes comme à la qualité des exemplaires – tirages sur grands papiers, reliures contemporaines de l’édition, annotations, etc.
 
Les quelque 1 600 ouvrages qui constituent sa collection fonctionnent en rhizome et se répondent en écho au gré des dédicaces et des provenances croisées, révélant les chemins parfois insoupçonnés qui relient les hommes comme les idées.
 
“On parlera d’un goût Bergé, comme on parle d’un goût Noailles” dit un jour Yves Saint Laurent.
Si la dispersion des collections d’oeuvres d’art et de mobilier en 2009 confirma la prédiction du couturier, la bibliothèque en apportera une nouvelle preuve, peut-être plus marquée car plus intime.

Ce « goût Bergé » s’incarne d’abord dans le choix, à rebours de l’esprit d’accumulation, un choix assuré par un oeil, des fidélités et une prédilection pour les objets vivants, marqués par la trace des provenances successives, des liens entre les différents acteurs de la vie intellectuelle et artistique. Fidèle à la maxime de Stirner selon laquelle « Il n’y a pas de liberté, il n’y a que des hommes libres », le collectionneur s’est en effet affranchi de tout passage obligé, de tout best of, n’obéissant qu’à ses préférences, ses admirations comme ses aversions. Et si le goût Bergé a un sens, c’est celui de cette sélection rigoureuse, sévère parfois, au service d’une passion pour la chose écrite et imprimée. Ainsi découvre-t-on l’exemplaire des Maximes de Chamfort fébrilement annoté par Stendhal, un roman libertin de la bibliothèque du marquis de Sade, la Notice littéraire sur Théophile Gautier offerte par son auteur, Charles Baudelaire, à Gustave Flaubert, ou l’édition originale de L’Ile au trésor (Treasure Island, 1883) ayant appartenu à William Ernest Henley, ami de Robert Louis Stevenson et modèle du personnage de Long John Silver.
 
C’est aussi une « bibliothèque monde » sans distinction de cultures, Pierre Bergé ayant traqué les oeuvres de ses auteurs de prédilection dans leurs langues originelles. D’où la présence de nombreux Russes (Pouchkine, Gogol, Tolstoï, Dostoïevski, Tourgueniev, Maïakovski, ...), des Américains Edgar Poe, Walt Whitman ou Gertrude Stein, de Britanniques, de Shakespeare à Joyce, d’Italiens (Dante, Pétrarque, Le Tasse, Casanova, Svevo, ...), de Cervantès, des Portugais Camoens et Pessoa, ou de nombreux écrivains, poètes et philosophes germanophones tels que Grimm, Kleist, Schopenhauer, Hölderlin, Goethe, Schiller, Georg Trakl, Walter Benjamin ou Paul Celan.
 
Aventurier, homme d’affaires autant que de convictions, Pierre Bergé nourrit selon sa biographe « un culte de l’objet rare », culte « qu’il a célébré toute sa vie » (Béatrice Peyrani, Le Faiseur d’Etoiles) – un culte païen où se mêlent rigueur et plaisir car, comme le confie le bibliophile : « Collectionner des livres, comme des objets d’artm’a toujours apporté les plus grandes joies : cela requiert de l’exigence et cela nous permet de rester en éveil et d’apprendre ! »
 
Longtemps tenue secrète, cette bibliothèque dévoilera une facette méconnue de celui qui a dédié sa vie à toutes les formes de création, véritable mise à nue d’un parcours éminemment littéraire dans lequel le livre sous toutes ses formes a joué un rôle premier.

Une invitation au voyage : six siècle de littérature
 
Le 11 décembre 2015, la première vente proposera donc plus de cent cinquante manuscrits et livres imprimés d’intérêt littéraire. Avec ce florilège organisé chronologiquement, Pierre Bergé convie le lecteur à un voyage à travers six siècles de littérature, un voyage où souffle l’air du grand large, nationalités et genres mêlés.
 
Des premiers temps de l’imprimerie au XVe siècle, la bibliothèque Bergé conserve plusieurs témoins vénérables et le premier d’entre ceux qui seront proposés aux enchères compte au nombre des plus précieux : il s’agit de l’édition princeps, publiée à Strasbourg vers 1470, des Confessions de saint Augustin, l’un des maîtres-livres de la culture européenne. Le volume a été tiré sur les presses du typographe d’origine allemande Johannes Mentelin, un ancien compagnon de Gutenberg.

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AUGUSTINUS. Confessiones. Strasbourg, circa 1470. © OVV Pierre Bergé & Associés

Au livre pionnier de Mentelin, succèdent quelques incunables tout aussi remarquables, tels la Deifira, dialogue sur l’art d’aimer de l’architecte et humaniste génois Leon Battista Alberti (Padoue, 1471), la Divina commedia de Dante, imprimée à Brescia en 1487 et ornée de gravures sur bois, puis l’édition princeps en grec des OEuvres d’Homère parue à Florence en 1488. 

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DANTE ALIGHIERI. Comedia. Brescia, 1487. © OVV Pierre Bergé & Associés

Au temps de l’humanisme, la poésie tint une place prépondérante qu’illustrent plusieurs volumes de la bibliothèque Bergé : l’édition originale des Fais d’Alain Chartier (Paris, 1489) dans laquelle figurent deux poèmes de François Villon, le recueil fondateur de Pétrarque, les Sonetti, Canzoni & Trionfi publiés à Milan en 1507, un manuscrit calligraphié et orné vers 1535, offrant des lettres et poèmes de François Ier, une des premières éditions des oeuvres de François Villon (1532, en lettres rondes), L’Adolescence Clementine de Clément Marot imprimée par le typographe et humaniste Geoffroy Tory (1532), un exemplaire de la rarissime Délie de Maurice Scève (1544), un des fleurons de la poésie de la Renaissance, l’édition de 1553 des Amours de Ronsard, la première complète, offrant notamment l’édition originale de « Mignonne, allons voir si la rose », un exemplaire parfait dans sa première reliure en vélin des OEuvres de 1555 de Louise Labé, véritable merle blanc de toute collection littéraire, le Recueil de poésie de Joachim du Bellay, publié en 1562 ou encore l’édition de 1597 du monument de la littérature portugaise, Os Lusiadas, composées sur près de 25 ans par le poète soldat Luis de Camões. 

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Louise LABÉ. Evvres de Lovïze Labé Lionnoize. Lyon, 1555. © OVV Pierre Bergé & Associés

Du XVIe siècle, la bibliothèque Bergé possède aussi l’édition originale des Essais de Montaigne, le plus grand livre français, imprimé à Bordeaux en 1580 à compte d’auteur : l’exemplaire est un des quatre connus en vélin de l’époque. 

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Michel de MONTAIGNE. Essais. Bordeaux, 1580. © OVV Pierre Bergé & Associés

Au Grand Siècle, c’est d’abord sur scène que se bâtirent les gloires littéraires. De cet âge d’or du théâtre, Pierre Bergé a réuni des exemplaires choisis : un recueil de six éditions originales de Corneille publiées entre 1644 et 1650, un exemplaire des oeuvres de Shakespeare imprimées en 1664, les éditions originales d’Esther et d’Athalie de Racine, chacune reliée en maroquin du temps et complète de la partition musicale spécialement composée pour les premières représentations, ainsi qu’un exemplaire des oeuvres de Molière publiées en 1697, relié à l’époque en maroquin pour le marquis de La Vieuville, l’un des plus célèbres « curieux » de la fin du siècle. 

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William SHAKESPEARE. Comedies, Histories, and Tragedies. London, 1664© OVV Pierre Bergé & Associés

Le XVIIe siècle fut aussi le siècle des moralistes. On trouve dans la bibliothèque de Pierre Bergé une collection complète en reliure de l’époque des six Oraisons funèbres de Bossuet, les seules parues du vivant de l’auteur, les Pensées de Blaise Pascal dans une reliure aux armes du beau-frère de Colbert, les Caractères de La Bruyère (1689), en maroquin rouge du temps aux armes de Jean-Baptiste Henrion, ou l’édition originale des Fables de La Fontaine, en reliure ancienne. 

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Jean de LA FONTAINE. Fables choisies, mises en vers. Paris, 1668© OVV Pierre Bergé & Associés

A ces jalons du classicisme français, répondent les impressions marquantes d’autres villes européennes : le Don Quichotte publié à Lisbonne en 1605, en espagnol, troisième édition parue l’année même de l’originale madrilène, témoigne du succès inouï du roman de Cervantès. En 1623, à Florence, le petit-neveu de Michel-Ange publia pour la première fois les poèmes de son grand-oncle, révélant la face intime du peintre et sculpteur de la Renaissance (superbe exemplaire dans sa première reliure en vélin) et c’est à Leyde, aux Pays-Bas, que Descartes fit paraître son Discours de la méthode : l’exemplaire, en vélin du temps, est irréprochable. 

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Miguel de CERVANTES. El Ingenioso Hidalgo Don Quixote de la Mancha. Lisboa, 1605© OVV Pierre Bergé & Associés

Parmi les réprouvés du Grand Siècle, on relève une édition des Oeuvres du « Roi des Libertins », Théophile de Viau, le premier des poètes maudits après Villon, ou l’un des quelques exemplaires connus du premier roman exotique de langue française, publié en 1697, Le Zombi du Grand Perou de l’aventurier, écrivain, pamphlétaire, assassin, séducteur, soldat puis déserteur Pierre Corneille Blessebois, redécouvert et réhabilité au XIXe siècle par Charles Nodier, à qui appartint l’exemplaire de la collection Bergé.

Enfin, on remarque un exemplaire du chef-d’oeuvre de la littérature précieuse, l’Astrée, le roman-fleuve d’Honoré d’Urfé, en maroquin du temps richement décoré.

Au siècle suivant, les philosophes se taillent la part du lion. Et dans la bataille des idées qui promurent les Lumières, quelques livres modifièrent en profondeur le paysage intellectuel dont Pierre Bergé a sélectionné des exemplaires de choix. Ainsi remarque-t-on un exemplaire en reliure armoriée du temps de l’édition originale des Lettres persanes de Montesquieu, le livre-bréviaire du marquis de Vauvenargues, Introduction à la connaissance de l’esprit humain, paru en 1746, un exemplaire aux armes, exceptionnel, de la véritable édition originale genevoise du Candide de Voltaire, publiée en 1759, ou la première édition de l’Emile de Rousseau (1762), joliment reliée à l’époque en maroquin. Sans doute faut-il aussi évoquer ici les Voyages de Gulliver, le roman philosophique de Swift (Travels into several remote nations of the world by Lemuel Gulliver) ou, comme une main tendue aux temps anciens, l’exemplaire de l’édition originale du Journal du voyage en Italie de Montaigne relié pour l’amie des philosophes, la marquise du Deffand, avec la marque distinctive des livres de sa bibliothèque, un chat doré. 

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[VOLTAIRE]. Candide, ou l’Optimisme. [Genève], 1759© OVV Pierre Bergé & Associés

La bibliothèque comprend également plusieurs livres célèbres de la littérature libertine, dont le chef-d’oeuvre du genre, les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, 1782, un exemplaire parfait en reliure de l’époque de la Fuite des plombs de Casanova (1787), seul fragment des Mémoires publié du vivant de l’auteur, l’exemplaire ayant appartenu à Edmond de Goncourt de Monsieur Nicolas de Restif de la Bretonne, et un roman licencieux fameux, Félicia ou mes fredaines du chevalier de Nerciat. Si ce dernier livre est relativement commun, cet exemplaire est rendu unique par sa provenance : il porte en effet la signature autographe du marquis de Sade sur un feuillet de faux-titre.

De l’auteur des Cent Vingt Journées de Sodome, Pierre Bergé eut enfin la bonne fortune d’acquérir l’ultime manuscrit autographe érotique, Les Journées de Florbelle, il s’agit du seul cahier rescapé de l’autodafé ordonné par le commissaire de police et le fils de l’auteur après qu’ils eurent saisi, au domicile du marquis de Sade, les volumes manuscrits du grand roman de la maturité, trop scandaleux pour échapper à leur censure. La redécouverte de ce manuscrit disparu depuis des décennies a été récemment célébrée par Annie Le Brun qui l’a exposé au musée d’Orsay parmi les trésors de Sade : «attaquer le soleil ». 

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D.A.F., marquis de SADE. Les Journées de Florbelle ou la Nature dévoilée. [Charenton], 1807© OVV Pierre Bergé & Associés

Des Lumières encore, Das Römische Carneval de Goethe, orné de gravures de costumes finement coloriées à l’époque (Berlin, 1789 : exemplaire tel que paru, broché) ou l’édition originale du seul roman écrit par Hölderlin, Hyperion, un des livres-clefs de la littérature allemande et un des plus rares. 

Du XIXe siècle, le grand siècle littéraire, foisonnant et multiple, la bibliothèque Bergé est prodigue en volumes d’exception : L’exemplaire des Considérations sur les principaux événements de la Révolution française de Mme de Staël, longuement et furieusement annoté par Stendhal.

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Germaine de STAËL. Considérations sur les principaux événemens de la Révolution françoise. Paris, 1818© OVV Pierre Bergé & Associés

De la même Mme de Staël, l’édition qu’elle a préparée et préfacée des Lettres et Pensées du prince de Ligne (1809), exemplaire relié pour l’empereur Napoléon Ier – sans doute le seul volume connu de l’exilée de Coppet aux armes de celui qu’elle regardait comme l’Attila des temps modernes.

Le Monde comme il est, roman noir d’Astolphe de Custine (1835), relié pour l’impératrice Marie-Louise ; 

La pièce de théâtre et manifeste romantique de Victor Hugo, Hernani (1830), portant un envoi autographe signé à Prosper Mérimée, ou, près de quarante ans plus tard (1867), le fameux cri d’amour à la France du poète exilé à Guernesey, Paris, avec envoi autographe signé à Verlaine ;

En 1832, le même Hugo adressait l’édition originale de Le Roi s’amuse à Gérard de Nerval, l’un des rarissimes livres connus ayant appartenu au poète des Chimères, etc.

En ce siècle du bouillonnement littéraire européen, on trouve un rarissime exemplaire complet des Contes de Grimm (Kinder und Haus Marchen, 1812-1822), Pride and Prejudice de Jane Austen, un des bijoux du romantisme allemand, Prinzessin Brambilla de Hoffmann (1821), doté d’une rarissime dédicace autographe, un exemplaire miraculeusement conservé tel que paru de l’Adonais de Shelley, ainsi qu’un véritable feu d’artifices d’éditions originales russes : Poltava de Pouchkine (1829), broché, l’introuvable Boris Godounov, en reliure décorée du temps, Les Soirées du hameau de Gogol, son premier livre en prose (1831-1832), Les Possédés que Dostoïevsky intitulait alors Les Démons (Bésy, 1873 ; Anna Karénina de Tolstoï, Au crépuscule, 1887, recueil de nouvelles de Tchekov avec envoi autographe signé à son ami l’acteur Pavel Svobodin.
L’ensemble est d’autant plus exceptionnel quand on songe à la rareté de ces premières éditions russes.

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Aleksandr PUSHKIN. Boris Godunov [in Russian]. Saint Petersburg, 1831© OVV Pierre Bergé & Associés

Aux exemplaires éminents d’oeuvres de Balzac (Le Lys dans la vallée, 1836, avec envoi à la duchesse de Castries ou la Physiologie du mariage, 1834, enrichi d’une extraordinaire dédicace autographe érotique), Pierre Bergé a joint les textes marquants du XIXe siècle : Mademoiselle de Maupin, par exemple, que Théophile Gautier fit paraître en 1835-1836 avec une célèbre préface-manifeste : l’exemplaire n’est autre que celui qui appartint à Balzac, l’exemplaire de De l’amour que Stendhal a offert à son ami Luigi Buzzi, le recueil, en reliure du temps, des Canti et des Operette morali de Leopardi, deux chefs-d’oeuvre de la littérature italienne, l’exemplaire personnel de Charles Dickens de son David Copperfield (1850) ou encore Les Filles du feu de Gérard de Nerval (1854), un des neuf exemplaires connus comportant un envoi de la main de l’auteur, celui-ci adressé à Mr. Bertrand, l’oncle du docteur Blanche dans la clinique duquel l’auteur a été soigné.

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Honoré de BALZAC. Le Lys dans la vallée. Paris, 1836© OVV Pierre Bergé & Associés

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Charles DICKENS. The Personal History of David Copperfield. London, 1850© OVV Pierre Bergé & Associés

La bibliothèque Bergé conserve aussi une extraordinaire relique littéraire, la revue Le Carrousel(1836-1837) : sur cet exemplaire, Gérard Labrunie a signé, pour la première fois, de son nom de plume, Gérard de Nerval.

Flaubert, ce géant
De son écrivain de prédilection, Pierre Bergé a réuni de nombreuses pièces remarquables, dont le fameux exemplaire de l’édition originale de Madame Bovary (1857) offert par Gustave Flaubert à Victor Hugo : « Au Maître, souvenir et hommage. »

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Gustave FLAUBERT. Madame Bovary. Paris, 1857© OVV Pierre Bergé & Associés

Les exemplaires des autres ouvrages de l’auteur sont également enrichis d’envois prestigieux : ainsi Salammbô (1863) est-il dédicacé à Alexandre Dumas fils, L’Education sentimentale (1870) à George Sand, de la part de « son vieux troubadour », La Tentation de Saint Antoine (1874) a été offerte au disciple « Guy de Maupassant, que j’aime comme un fils » et les Trois contes (1877) portent une dédicace à la princesse Mathilde, fille de Jérôme Bonaparte, dont le romancier fréquenta assidument le salon.

Au chapitre des manuscrits, Pierre Bergé eut la chance d’acquérir le recueil des notes autographes, ébauches, plans et scénarios de L’Education sentimentale, véritable laboratoire de l’oeuvre à venir restituant les différentes versions envisagées comme le travail acharné du romancier.
Difficile de réunir ensemble plus significatif.

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Gustave FLAUBERT. L’Éducation sentimentale. [1870]. Manuscrits autographes© OVV Pierre Bergé & Associés

Poésie et alentours
De Baudelaire, Pierre Bergé a acquis l’exemplaire de l’édition originale des Fleurs du Mal adressé par le poète à Sainte-Beuve, l’assurant de son « amitié filiale ».
Quant à l’exemplaire des Poèmes saturniens, premier recueil de Verlaine tiré à 500 exemplaires en 1866, le poète l’a offert à Auguste Poulet-Malassis, l’éditeur des Fleurs du Mal. Deux autres volumes paraissent leur répondre : l’exemplaire de la première édition de Là-bas est enrichi d’un envoi autographe de Huysmans à Paul Verlaine, de son côté, Barbey d’Aurevilly a calligraphié à l'encre rouge et noire, avec rehauts d’or, en tête des Diaboliques (1874) : « A M. Joris Karl Huysmans, la griffe de l’auteur qui, malgré son titre, n'est pas celle du Diable. J. »
Ainsi se tissent, par le jeu des envois croisés, ces liens en manière d’échos qui dessinent cette collection singulière et témoignent, une fois encore, du goût Bergé

Le jeu d’épreuves corrigées des Poètes maudits restitue les efforts de Verlaine pour que soient enfin reconnus trois poètes majeurs du second XIXe siècle : Tristan Corbière, Stéphane Mallarmé et Arthur Rimbaud.
L’extraordinaire exemplaire en fascicules de l’édition originale lithographiée du premier recueil poétique de Stéphane Mallarmé, tirée à 47 exemplaires en 1887 : chacun des fascicules porte un envoi autographe à celle qui fut la maîtresse et le modèle de Manet, Mery Laurent. Les dédicaces, toutes différentes, témoignent d’une gradation dans les sentiments et forment une manière de poème amoureux.

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Stéphane MALLARMÉ. Les Poésies. Paris, 1887© OVV Pierre Bergé & Associés

Le seul jeu d’épreuves subsistant de l’édition des Valentines projetée par Germain Nouveau en 1887 porte témoignage des dernières années de l’un des grands poètes du siècle, au terme d’une crise mystique, il en avait détruit le manuscrit et renoncé à sa publication. 

L’exemplaire du vaste poème épique de William Morris, The Earthly Paradise, a été offert par son auteur à John Ruskin, hommage du disciple au maître. Le réprouvé de l’Angleterre victorienne, Oscar Wilde, adressa quant à lui son Dorian Gray à Henri de Régnier, « from his friend and admirer. »

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William MORRIS. The Earthly Paradise. A Poem. London, 1870© OVV Pierre Bergé & Associés

Au lycée Condorcet à Paris, en 1886-1887, un groupe de jeunes gens réunis autour de Marcel Proust (alors âgé de seize ans) publia, sous l’égide de Sainte-Beuve, une revue littéraire : Le Lundi. Cinq livraisons d’une insigne rareté témoignant des premiers essais du futur auteur de la Recherche, et l’un des bijoux de la bibliothèque Bergé. Dix ans plus tard, en 1896, le « Merde ! » d’Ubu roi fait scandale et c’est à l’une de ses plus proches qu’Alfred Jarry a offert un exemplaire de l’édition originale : Rachilde, l’épouse du directeur du Mercure de France, Alfred Valette, en « Hommage de Mr. Ubu ». 

Pour plusieurs générations, André Gide a été le « Contemporain capital » ; il fut pour Pierre Bergé un enthousiasme littéraire en même temps qu’un guide. Sa bibliothèque renferme le manuscrit autographe des Cahiers d’André Walter, premier livre d’André Gide, mais aussi l’exemplaire sur grand papier de Paludes (1895) offert « à Monsieur Stéphane Mallarmé, notre maître très vénéré. »
Du même, l’exemplaire de l’édition originale de L’Immoraliste (1902) porte un envoi à Léon Blum, l’ami rencontré en classe de philosophie en 1888 au Lycée Henri IV.
Ces précieuses reliques gidiennes sont une manière de passage de témoin d’un siècle à l’autre. 

Deux fortes têtes inaugurent le XXe siècle, deux hommes engagés auxquels Pierre Bergé a été fidèle : Octave Mirbeau, dont l’impitoyable Journal d’une femme de chambre paru en 1900 est ici dédicacé à Anatole France, et Emile Zola, le porteur de flamme, dont le tonitruant J’accuse devait modifier le cours du temps. Pierre Bergé possède précisément un recueil de textes sur l’Affaire Dreyfus portant un envoi « à ma chère femme, en remerciement pour sa fidélité et sa bravoure, pendant les trois terribles années qui lui ont causé tant de tourments et tant de souffrances, avec toute la tendresse reconnaissante de mon coeur ». L’exemplaire a été recouvert par Alexandrine Zola d’une reliure brodée, confectionnée par elle. 

Toutefois, la chronologie n’est pas qu’affaire de centaines et si le siècle a officiellement débuté en 1900, il ne devait basculer que treize ans plus tard – 1913, année de toutes les audaces, acte de naissance de la modernité, l’an I du nouveau monde auquel Pierre Bergé a souhaité rendre hommage. 

La veille du cataclysme qui allait précipiter le monde dans le chaos, Apollinaire publie Alcools, avec un portrait frontispice de Pablo Picasso (l’exemplaire porte un envoi au poète belge André Fontainas), Stravinsky donne le Sacre du Printemps (exemplaire offert au chef d’orchestre de la première, Pierre Monteux), Blaise Cendrars publie La Prose du transsibérien ornée de compositions abstraites ousimultanéistes de Sonia Delaunay, Franz Kafka publie son premier livre, Betrachtung, un recueil de 18 textes courts évoquant la transmutation du réel, Marinetti annonce le triomphe du Futurisme, Du côté de chez Swann, Marcel Proust s’engage à la recherche du temps perdu, Alain-Fournier et Péguy, bientôt fauchés tous deux parmi les premiers sur le Front, lancent Le Grand Meaulnes (envoi à Thomas Hardy) et Eve, Albert Gleizes et Jean Metzinger, comme Apollinaire, célèbrent le cubisme, en Russie, Ossip Mandelstam lance son premier recueil composé de 23 poèmes, en Autriche, un jeune poète sous influence rimbaldienne, Georg Trakl, publie l’un des recueils les plus marquants de la littérature germanique, Gedichte, avant de se suicider face à l’horreur (seul exemplaire connu avec un envoi, il est enrichi d’un poème autographe)… 

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Igor STRAVINSKY. Le Sacre du Printemps. Berlin - Moskow - Saint Petersburg, 1913© OVV Pierre Bergé & Associés

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Blaise CENDRARS & Sonia DELAUNAY. La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Paris, 1913© OVV Pierre Bergé & Associés

Juste avant que n’éclate le conflit, cette « autodestruction d’une civilisation parvenue à l’âge d’or » (Cyril Connolly), l’impeccable Kahnweiler édite l’un des plus beaux livres illustrés de Picasso, Le Siège de Jérusalem de Max Jacob, avec 3 eaux-fortes d’inspiration cubiste. Pierre Bergé a confié son exemplaire, un des 15 premiers sur papier du Japon, à la relieuse belge contemporaine Louise Bescons. Cette reliure, exécutée tout juste cent ans après la publication, apparaît comme un passage de témoin, une profession de foi dans l’avenir du livre.
De son côté, le 25 avril 1914, Raymond Roussel a offert un exemplaire sur Japon de son Locus Solusà Marcel Proust. L’exemplaire rejoint ainsi un autre volume de la bibliothèque de l’auteur de la Recherche : Le Greco, la monographie que Maurice Barrès consacra en 1911 au peintre espagnol. L’édition était dédiée au flamboyant Robert de Montesquiou qui en a transmis un exemplaire à son ami Marcel Proust, en « Souvenir du dédicacé ». 

Le Surréalisme occupe une place éloquente dans la bibliothèque Bergé avec notamment l’extraordinaire manuscrit autographe de Nadja. Ce premier jet du chef-d’oeuvre d’André Breton, offrant de nombreuses variantes, est demeuré inédit jusqu’à ce jour : sa redécouverte est un événement. Quant à l’exemplaire de L’Air de l’eau, publié en 1934 avec des gravures au burin d’Alberto Giacometti, il est enrichi de six dessins originaux préparatoires du peintre ainsi que d’une gravure refusée : André Breton l’a offert au plus proche de ses compagnons des temps héroïques, le poète Paul Eluard, « l’homme dont le nom dans ma vie aura sonné de beaucoup le plus clair, qu’il fût là, je songerais encore, même désespéré à être heureux. »

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André BRETON & Alberto GIACOMETTI. L’Air de l’eau. Paris, 1934© OVV Pierre Bergé & Associés

En 1931, René Crevel adressa son Dali ou l’anti-obscurantisme à Paul Valéry. La dédicace du surréaliste enragé, en simple « hommage », au poète exquis de La Jeune Parque est aussi surprenante que laconique. 

Surprenante aussi la dédicace de Louis-Ferdinand Céline sur l’édition originale du Voyage au bout de la nuit : « A Mons. André Gide, très respectueux et sincère hommage, Louis Céline. » Surprenante encore la provenance de l’exemplaire de la première édition française d’Ulysse, éditée par Adrienne Monnier en 1929, l’éditrice l’ayant offert à Antonin Artaud.
L’envoi dont Musil a enrichi l’exemplaire de l’Homme sans qualités (Der Mann ohne Eigenschaften, 1930) est quant à lui émouvant : il s’adresse au docteur Hugo Lukacs, le psychiatre qui permit à l’auteur de surmonter son blocage de la page blanche.
Sous une forme plus cryptique, Gertrude Stein a fait parvenir en 1941 au peintre Pablo Picasso sonParis France : « A Pablo, ma toile sur ton mur, toujours. » Le fameux portrait de l'auteur par Picasso, auquel fait allusion Gertrude Stein, avait demandé trois mois de travail : il est désormais accroché sur les murs du Metropolitan Museum of Art de New York. 

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Gertrude STEIN. Paris France. Alger, 1941© OVV Pierre Bergé & Associés

Enfin, que s’est-il passé quand, en 1949, l’égérie existentialiste, Simone de Beauvoir, reçut le Précis de décomposition d’un écrivain roumain encore inconnu accompagné d’un « hommage respectueux » ? Rien – le volume n’est pas coupé et cette virginité même de l’exemplaire dit beaucoup de la réception de Cioran en France. 

Le chapitre consacré au XXe siècle ouvre également grand les portes aux littératures du monde. Poiemata de Constantin Cavafy, recueil de 38 poèmes imprimé à petit nombre et hors commerce à Alexandrie sur les presses de Kasimate et Iona de 1924 à 1926, est un volume précieux ; l’exemplaire l’est plus encore, enrichi d’un envoi et du manuscrit autographe d’un poème de jeunesse To pro skali(La première marche), poème-manifeste sur les valeurs qui président au métier des Lettres. L’exemplaire de Der Prozess (Le Procès) de Kafka est immaculé, cartonnage et jaquette de l’éditeur ayant été conservés tels que parus. Le Poema del cante jondo de Federico Garcia Lorca (1931) a été chaleureusement offert « A mi querido amigo el grande escritor Pedro Mourlane Michelena » : surprenante destination pour ces poèmes d’une sensualité sauvage que celle de l’écrivain et journaliste basque, membre de la Phalange et réactionnaire affirmé… L’édition originale de Mensagem, 1934, porte un envoi à son traducteur en français, Pierre Hourcade, « com un grande abraço » de Pessoa. Le Français joua, il est vrai, un rôle déterminant dans la découverte hors du Portugal du plus grand poète lusitanien depuis Camões. On pourrait encore relever le chef-d’oeuvre de Primo Levi paru deux ans après la guerre, en 1947, Se questo è un uomo, un des livres majeurs nés de l’horreur concentrationnaire. 

La période contemporaine est illustrée notamment par deux volumes au confluent de l’art et de la littérature : Barakei (L’Ordalie par les roses) de Mishima, illustré de 45 somptueux portraits photographiques de l’écrivain japonais par Eikoh Hosoe, et le Scrap Book 3 de Williams Burroughs, tiré à 30 exemplaires, qui prolonge de manière insolente et sophistiquée l’expérience de la Beat Generation

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Yukio MISHIMA & Heiko HOSOE. Barakei [Killed by Roses]. Tokyo, 1963

Jean Giono devait être plus qu’un enthousiasme littéraire pour Pierre Bergé. Dans le jardin de la maison de l’écrivain, à Manosque, se trouvait une petite maison, aujourd’hui disparue, là vécurent Pierre Bergé et Bernard Buffet. L’exemplaire de L’Ecossais, un volume peu connu de Giono publié en 1955, porte un envoi de l’écrivain, écho de temps heureux : « à Pierre Bergé, à Bernard Buffet, leur fidèle Jean Giono. » 

Mais s’il est une amitié littéraire qui a marqué la vie de Pierre Bergé, c’est bien celle de Jean Cocteau. Et, logiquement, la bibliothèque conserve du poète nombre de trésors. Le 11 décembre 2015, quelques-uns seront proposés, dont le manuscrit autographe du Grand Ecart, conservé dans une reliure mosaïquée dessinée par Francis Picabia. On relève également un exemplaire du Cap de Bonne Espérance (1919), premier poème moderniste de Cocteau, dans une reliure originale de Louise Denise Germain. Décoratrice, cette dernière fut l’une des premières femmes à s’imposer dans la reliure de création.
L’exemplaire de La Noce massacrée (1921) n’est autre que celui offert par Cocteau à Raymond Radiguet.
Enfin, l’édition originale du Requiem, le testament poétique de Cocteau paru en 1962, porte un merveilleux envoi autographe au bibliophile et ami qui donne tout son sens à la collection : « Mon Pierre, Je sais bien qu’il faut porter sa croix - la mienne est lourde. Je t’envoie ce fleuve dans lequel on crache. Je te l’envoie sur un des exemplaires bleus pour te dire ma tendresse. Jean ».

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Pierre Bergé dans sa bibliothèque, rue Bonaparte à Paris. © D. R.

PARIS.- Containing some 1,600 books, precious manuscripts dating from the 15th to the 20th centuries and scores, some hundred pieces of this collection will be shown in a travelling exhibition, in Monaco, New York, Hong Kong and London during the summer and autumn of 2015. The first section will be sold in Paris on 11 December at the Hôtel Drouot, under the hammer of Antoine Godeau. 

This first sale will be offering a magnificent selection of over one hundred and fifty pieces of literary interest covering six centuries, from the first edition of Saint Augustine’s Confessions, printed in Strasbourg in around 1470, to William Burroughs’ Scrap Book 3, published in 1979. 

The thematic sales that are to follow in 2016 and 2017 will feature not only literary works, the core of the collection, but also books on botany, creative gardening, music and the exploration of major philosophical and political themes. The experts are Stéphane Clavreuil, Benoît Forgeot and Michel Scognamillo. 

Portrait of a Life 
Pierre Bergé’s library reflects the course of a singular life. As a young man captivated by literature, he left La Rochelle just before taking his Baccalaureate exams, impatient to write the novel of his life. Initially guided by writers who were both mentors and friends, including Pierre Mac Orlan, Jean Cocteau and Jean Giono, he worked as an antiquarian book dealer, and gradually developed a passion for collecting. No longer merely a reader but a bibliophile, he developed a keen interest in both texts and the quality of books – fine- and large-paper copies, bindings contemporary with the edition, annotated copies…

The 1,600-odd works making up his collection functioned as rootstock, where the items echoed and cross-referenced each other with each successive dedication and provenance, revealing sometimes unsuspected links between people and ideas. 

“People will talk about the ‘Bergé’ taste, just as we talk about a ‘Noailles” taste’, as Yves Saint Laurent once said. While the dispersion of the artwork and furniture collections in 2009 bore out the couturier’s prediction, the library will provide further, perhaps even more significant proof, because it reveals a more intimate aspect. 

This “Bergé taste” is embodied first of all in a selectivity that runs counter to mere accumulation – a selectivity dictated by a keen eye, loyalties, and a penchant for living objects marked by their successive provenances and links between various intellectual and artistic figures. Faithful to Stirner’s maxim, whereby “there is no such thing as freedom; only free men”, the collector avoided any obligatory route, any kind of “best of”, following only his own likes and admirations – and his aversions, too. And if the “Bergé taste” has meaning, it is because this rigorous, even stern selectivity serves a passion for things written and printed. We thus discover a copy of Chamfort’s maxims feverishly annotated by Stendhal; a libertine novel from the Marquis de Sade’s library; the Notice littéraire sur Théophile Gautier given by its author Charles Baudelaire to Gustave Flaubert, and a first edition of Treasure Island, 1883, which belonged to William Ernest Henley, a friend of Robert Louis Stevenson’s, and the model for Long John Silver. It is also a “world library” with no distinction between cultures, as Pierre Bergé sought out the works of his favourite authors in their original language. Hence the presence of numerous Russians (including Pushkin, Gogol, Tolstoy, Dostoevsky, Turgenev and Mayakovsky), Americans like Edgar Allan Poe, Walt Whitman and Gertrude Stein, British authors from Shakespeare to Joyce, Italian writers (Dante, Petrarch, Tasso, Casanova, Svevo…), Cervantes, the Portuguese writers Camõens and Pessoa, and numerous German-speaking writers, poets and philosophers like Grimm, Kleist, Schopenhauer, Hölderlin, Goethe, Schiller, Georg Trakl, Walter Benjamin and Paul Celan. 

According to his biographer Béatrice Peyrani, in Le Faiseur d’Etoiles, Pierre Bergé, as an adventurer, businessman and man of convictions, worships the rare object: a “religion” he celebrated throughout his life; a pagan worship combining high standards with pleasure. As the bibliophile once said, “Collecting books, like objets d’art, has always given me the keenest joy: it demands a great deal of someone, and that’s what keeps us alert and able to learn!” 

Long kept secret, this library will reveal an unknown facet of the man who dedicated his life to all forms of creation – a genuine laying-bare of an eminently literary journey in which the book, in all its forms, played a leading role.

An Invitation to Travel: Six Centuries of Literature 
On 11 December 2015, the first sale will be proposing over a hundred and fifty manuscripts and printed books of literary interest. with this selection, organised chronologically, Pierre Bergé invites readers to a journey through six centuries of literature – a voyage invigorated by the winds of the high seas, with a wealth of nationalities and genres. 

The Bergé library contains a number of venerable examples from the early days of printing in the 15th century. The first of them going up for auction is one of the most precious: the first edition published in Strasbourg in around 1470, of Saint Augustine’s Confessions, one of the masterworks of European culture. The book was published on the presses of the German-born Johannes Mentelin, a former colleague of Gutenberg’s. Mentelin’s pioneering tome will be followed by a number of equally remarkable incunabula, including the Deifira, a dialogue on the art of love by the Genoese architect and humanist Leon Battista Alberti (Padua, 1471), Dante’s Divina commedia, printed in Brescia in 1487, embellished with woodcuts, and a first edition of Homer’s works in Greek, published in Florence in 1488. 

In the period of Humanism, poetry occupied a prominent place, illustrated by several volumes in the Bergé library: a first edition of Alain Chartier’s Fais (Paris, 1489) containing two poems by François Villon; Petrarch’s seminal series of poems, the Sonetti, Canzoni & Trionfi, published in Milan in 1507; an ornamented calligraphed manuscript of c. 1535 containing letters and poems by François I; an early edition of François Villon’s works (1532, in round letters); L’Adolescence Clementine by Clément Marot, printed by the typographer and humanist Geoffroy Tory (1532); a copy of the extremely rare Délie by Maurice Scève (1544), one of the leading lights of Renaissance poetry; the 1553 edition of Ronsard’s Amours – the first complete copy, notably containing the original edition of “Mignonne, allons voir si la rose”; an impeccable copy in its original vellum binding of the Oeuvres of 1555 by Louise Labé (an extremely rare gem in any literary collection); the Recueil de poésie by Joachim du Bellay, published in 1562, and a 1597 edition of the Portuguese literary monument Os Lusiadas, composed over nearly 25 years by the soldier poet Luis de Camões. 

From the 16th century, the Bergé library also features a first edition of Montaigne’s Essais, France’s greatest book, self-published in 1580: this copy is one of the four extant period copies in vellum. 

In the 17th century, literary glories made their appearance first of all on stage. Pierre Bergé collected some choice pieces from this golden age of theatre: a series of six first editions of Corneille published between 1644 and 1650; a copy of the works of Shakespeare printed in 1664; first editions of Racine’s Esther and Athalie, each in their original morocco binding, compete with the scores for the music especially composed for the first performances, and a copy of the works of Molière published in 1697, bound in morocco at the time for the Marquis de La Vieuville, one of the most celebrated “oddities” of the end of the century. 

The 17th century was also that of the moralists. Pierre Bergé’s library contains a complete collection in their original bindings of six Oraisons funèbres by Bossuet, the only ones published in his lifetime; Blaise Pascal’s Pensées in a binding with the arms of Colbert’s brother-inlaw; La Bruyère’s Caractères (1689), in a red morocco binding of the period with the arms of Jean-Baptiste Henrion, and a first edition of La Fontaine’s Fables, in a period binding. 

These landmarks in French classical literature are echoed by outstanding printed works from other European cities, such as the Don Quixote published in Lisbon in 1605 in Spanish: the third edition, which appeared in the same year as the original Madrid edition, bearing witness to the unparalleled success of Cervantes’ novel. In 1623, in Florence, Michelangelo’s great-nephew published the poems of his great-uncle for the first time, revealing the intimate side of the Renaissance painter and sculptor (a superb example in its original vellum binding), while Leiden, in the Netherlands, was where Descartes first published his Discours de la méthode: this copy in period vellum is in impeccable condition. 

Among the 17th century’s reprobates we find an edition of the works of the “King of Libertines”, Théophile de Viau, the first of the “accursed poets” after Villon. There is also one of the few copies of the first exotic novel in French, published in 1697, Le Zombi du Grand Perou by the adventurer, writer, pamphleteer, murderer, womaniser, soldier and then deserter Pierre Corneille Blessebois, rediscovered and rehabilitated in the 19th century by Charles Nodier, who owned the copy in the Bergé collection. 

Last but not least, we find a masterpiece of precious literature, L’Astrée, Honoré d’Urfé’s immense pastoral novel, in its richly decorated period morocco binding. 

In the following century, the lion’s share goes to the philosophers. In the battle of ideas stoked by the Enlightenment, a number of books profoundly changed the intellectual landscape, and Pierre Bergé sought out some choice examples, such as a first edition, in an emblazoned binding, of Montesquieu’s Lettres persanes, the prayer book of the Marquis de Vauvenargues, the Introduction à la connaissance de l’esprit humain published in 1746, an exceptional copy with arms of the very first Geneva edition of Voltaire’s Candide, published in 1759, and the first edition of Rousseau’s Emile (1762), in a beautiful morocco binding of the time. We can also mention Swift’s philosophical novel Gulliver’s Travels (Travels into several remote nations of the world by Lemuel Gulliver) and, like a hand reaching out to former times, a first edition of Montaigne’s Journal du voyage en Italie, especially bound for the philosophers’ friend, the Marquise du Deffand, with the distinctive guilt cat she used on her library bindings. 

The library also includes several celebrated books from libertine literature, including Choderlos de Laclos’ masterpiece of the genre, Les Liaisons dangereuses, 1782; an impeccable copy in a contemporary binding of Casanova’s Fuite des plombs (1787), the only fragment of his Memoirs published in the author’s lifetime; the copy of Monsieur Nicolas by Restif de la Bretonne that belonged to Edmond de Goncourt, and a famous licentious novel, Félicia ou Mes fredaines by the Chevalier de Nerciat. While the latter is relatively common, this copy is unique for its provenance, because it bears the autograph signature of the author of The 120 days of Sodom on the half-title page. Pierre Bergé also had the great fortune to acquire the last autograph erotic manuscript by Sade: Les Journées de Florbelle. This was the only notebook to have survived when the author’s son and a police commissioner seized the manuscript volumes of the Marquis de Sade’s huge mature novel from his home and burned them, considering them too scandalous for publication. The rediscovery of this manuscript, which had been lost for decades, was recently celebrated by Annie Le Brun, who exhibited it at the Musee d’Orsay among the treasures of the exhibition “Sade: attaquer le soleil”. 

Again from the Enlightenment, we find Goethe’s Das Römische Carneval, embellished with finely-coloured engravings of costumes (Berlin, 1789: the copy as published, in softback), and a first edition of the only novel written by Hölderlin, Hyperion, a key book in German literature and one of the most difficult to find. 

The Bergé library is positively lavish with exceptional volumes from the 19th century, that period of great, abundant and wide-ranging literature. They include a copy of Considérations sur les principaux événements de la Révolution française by Madame de Staël, lengthily and furiously annotated by Stendhal, and, again by Madame de Staël, the edition she prepared and prefaced of the Lettres et Pensées du prince de Ligne (1809), a copy bound for emperor Napoleon I – probably the only known volume by the exile of Coppet with the arms of the man she regarded as a modern day Attila. 

We also find Le Monde comme il est, Astolphe de Custine’s roman noir (1835), bound for the empress Marie-Louise; Victor Hugo’s play Hernani, a manifesto of Romanticism (1830), containing an autograph envoi to Prosper Mérimée; and, dating from over forty years later (1867), Paris, the famous cry of love to France from the poet, now exiled in Guernsey, with an autograph envoi to Verlaine. In 1832, Hugo dedicated a first edition of Le Roi s’amuse to Gérard de Nerval, one of the rarest known books to have belonged to the poet of Chimères. 

From this century seething with European literature, we find an extremely rare complete copy of Grimm’s “Fairy Tales” (Kinder und Haus Marchen, 1812-1822); Jane Austen’s Pride and Prejudice; one of the gems of German Romanticism, Hoffmann’s Prinzessin Brambilla (1821), containing an extremely rare autograph dedication; a copy of Shelley’s Adonais, miraculously preserved as published, and a positive firework display of Russian first editions: Pushkin’s Poltava (1829) in softback; an incredibly rare Boris Godunov, with a decorated period binding; Gogol’s Evenings on a Farm Near Dikanka – his first book in prose (1831-1832); The Possessed, at the time called The Demons (Bésy) by Dostoyevsky, of 1873; Tolstoy’s Anna Karenina; In the Twilight, 1887, and a collection of short stories by Chekov inscribed to his friend, the actor Pavel Svobodin. The collection is all the more remarkable given the rarity of Russian first editions. 

As well as eminent works by Balzac (Le Lys dans la vallée, 1836, with an envoi to the duchesse de Castries, and Physiologie du mariage, 1834, with its bonus of an extraordinary erotic dedication), Pierre Bergé sought out other major texts of the 19th century: for example, Mademoiselle de Maupin, published by Théophile Gautier in 1835-1836 with its famous preface-manifesto (this copy is none other than the one that belonged to Balzac); the copy of De l’amour Stendhal gave his friend Luigi Buzzi; Leopardi’s Canti and Operette morali, two masterpieces of Italian literature, in period binding; Charles Dickens’ personal copy of David Copperfield (1850), and Les Filles du feu by Gérard de Nerval (1854), one of nine extant copies bearing autograph inscriptions (this one is addressed to Mr. Bertrand, the uncle of Dr. Blanche in whose clinic the author was treated). 

The Bergé library also contains an extraordinary literary relic: the review Le Carrousel (1836-1837). On this copy, Gérard Labrunie signed his nom de plume, Gérard de Nerval, for the first time. 

The Great Flaubert 
Pierre Bergé collected many remarkable pieces by his favourite author, including the copy of Madame Bovary (first edition, 1857) Gustave Flaubert gave to Victor Hugo: “To the Master, in memory and homage.” Copies of other works by Flaubert are also enriched with impressive envois, like Salammbô (1863), dedicated to Alexandre Dumas fils; L’Education sentimentale (1870), a present to George Sand from “her old troubadour”; La Tentation de Saint Antoine (1874), given to “Guy de Maupassant, whom I love as a son”, and the Trois contes (1877) inscribed to Jérôme Bonaparte’s daughter, princess Mathilde, whose salon the novelist frequently attended. 

On the manuscript side, Pierre Bergé was lucky enough to acquire the collection of autograph notes, sketches, plans and scenarios for L’Education sentimentale: a genuine laboratory for the future novel, showing the different versions considered by the author, as well as the novelist’s unremitting labours. 

It would be hard to bring together a more significant collection.  

Poetry and the Poetic 
As regards Baudelaire, Pierre Bergé acquired the first edition of Les Fleurs du Mal dedicated by the poet to Sainte-Beuve, assuring him of his “filial friendship”. 

Meanwhile, Verlaine gave Auguste Poulet-Malassis (the publisher of Les Fleurs du Mal) a copy of his first collection, Poèmes saturniens, printed in a run of 500 in 1866. Two other volumes seem to be pendants to each other: a copy of a first edition of Là-bas inscribed by Huysmans to Paul Verlaine, and another where Jules Barbey d’Aurevilly has calligraphed a dedication in red and black ink with gold highlights in the front of Les Diaboliques (1874):”To Mr Joris Karl Huysmans: the signature of the author, which despite the title, is not that of the Devil. J.” 

Thus, through envois that make references to each other, links are woven throughout this singular collection, providing further instance of the “Bergé taste”. 

The set of corrected proofs of Les Poètes maudits shows Verlaine’s efforts to gain final recognition for three major poets in the second half of the 19th century: Tristan Corbière, Stéphane Mallarmé and Arthur Rimbaud. 

In the extraordinary copy in sections of the lithographed first edition of Stéphane Mallarmé’s first collection of poems, published in a run of 47 in 1887, each section is inscribed to the woman who was Manet’s mistress and model, Mery Laurent. The dedications, all different, reflect his gradually changing feelings, and form a kind of love poem. The only existing set of proofs for the edition of Valentines planned by Germain Nouveau in 1887 bear witness to the last years of one of the century’s great poets: after a mystical crisis, he had destroyed the manuscript and abandoned its publication. 

A copy of William Morris’s huge epic poem The Earthly Paradise was given by the author to John Ruskin: a tribute from the disciple to his master. The reprobate of Victorian England, Oscar Wilde, dedicated his Dorian Gray to Henri de Régnier, “from his friend and admirer.” 

At the Lycée Condorcet in Paris, in 1886-1887, a group of youngsters who had gathered around Marcel Proust (then aged sixteen) published a literary review called Le Lundi under the aegis of Sainte-Beuve. Five contributions of remarkable rarity bear witness to the first attempts of the future author of A la recherche du temps perdu, one of the gems of the Bergé library. Ten years later, in 1896, the “Merdre!” bellowed by Ubu roi caused a scandal. Alfred Jarry gave a first edition copy to one of his close circle: Rachilde, wife of the editor of Le Mercure de France, Alfred Valette, as a “Homage from Mr. Ubu”. 

André Gide was the “capital contemporary” for several generations. For Pierre Bergé, he was a source of literary enthusiasm as well as a guide. Bergé’s library contains the autograph manuscript of Les Cahiers d’André Walter, André Gide’s first book, as well as a fine-paper copy of Paludes (1895), given “to Monsieur Stéphane Mallarmé, our most venerated master.” 

Likewise, the first edition of L’Immoraliste (1902) bears an inscription to Léon Blum, the friend Gide met in 1888 in a philosophy class at the Lycée Henri IV. 

These precious relics of Gide pass the baton between the centuries, so to speak. 

Two major names usher in the 20th century: two committed men, to whom Pierre Bergé was loyal – Octave Mirbeau (whose pitiless Journal d’une femme de chambre, published in 1900, is dedicated here to Anatole France), and the torch-bearing Emile Zola, whose thundering J’accuse changed the course of the times. Pierre Bergé also possesses a collection of texts on the Dreyfus Affair inscribed “to my dear wife, in gratitude for her loyalty and courage during three terrible years that caused her so much torment and suffering, with all my grateful and heartfelt affection”. The copy was covered by Alexandrine Zola with an embroidered binding she made herself. 

However, chronology is not only counted in hundreds, and while the century officially began in 1900, its true change of character only emerged thirteen years later, in 1913: a year of boldness and innovation announcing the birth of modernity – year one of the new world to which Pierre Bergé wished to pay tribute. 

On the eve of the catastrophe that plunged the world into chaos, Apollinaire published Alcools, with a frontispiece portrait by Pablo Picasso (the copy was inscribed to the Belgian poet André Fontainas); Stravinsky performed The Rite of Spring (here we have the copy given to the conductor of the first performance, Pierre Monteux); Blaise Cendrars published La Prose du Transsibérien embellished with abstract (or simultaneist) compositions by Sonia Delaunay; Franz Kafka published his first book Betrachtung, a collection of 18 short texts on the transmutation of reality; Marinetti announced the triumph of Futurism; Marcel Proust launched into the “In Search of Lost Time” with “Swann’s Way”; AlainFournier and Péguy, both soon to be cut down in the first wave on the Front, produced Le Grand Meaulnes (with an envoi to Thomas Hardy) and Eve; Albert Gleizes and Jean Metzinger, like Apollinaire, celebrated Cubism; in Russia, Ossip Mandelstam launched his first collection consisting of 23 poems, and in Austria, a young poet influenced by Rimbaud, Georg Trakl, published one of the most outstanding collections in German literature, Gedichte, before committing suicide, faced with the horror of war (the only known inscribed copy, this copy contains an autograph poem). 

Just before the break-out of war – that “self-destruction of a civilisation now in its golden age” (Cyril Connolly) – the impeccable Kahnweiler published one of the most beautiful illustrated books on Picasso, Le Siège de Jérusalem by Max Jacob, with three Cubist-style etchings. Pierre Bergé had his copy (one of the first 15, on Japan paper) bound by the contemporary Belgian bookbinder Louise Bescons. This binding, produced exactly 100 years after the book’s publication, seems to hand on the torch, as a profession of faith in the future of the book. For his part, on 25 April 1914, Raymond Roussel gave a copy on Japan paper of his Locus Solus to Marcel Proust. This copy joins another volume in the library by the author of La Recherche: El Greco, the monograph Maurice Ferris devoted to the Spanish painter in 1911. The edition was dedicated to the flamboyant Robert de Montesquiou, who passed on a copy to his friend Marcel Proust “in memory of the dedicatee”. 

Surrealism occupies a speaking place in the Bergé library, notably with the extraordinary autograph manuscript of Nadja. This first draft of André Breton’s masterpiece, containing numerous variants, has remained unpublished to date: its rediscovery is a real event. Meanwhile, a copy of L’Air de l’eau, published in 1934 with engravings by Alberto Giacometti, contains six original preparatory drawings by the painter together with a rejected engraving: André Breton offered it to the closest of his companions of these heroic times, the poet Paul Eluard, “The man whose name rang out by far the clearest in my life. If he were here, I could still imagine, even desperate, being happy. “ 

In 1931, René Crevel inscribed his Dali ou L’Anti-obscurantisme to Paul Valéry. The enraged Surrealist’s dedication, as a simple “homage” to the exquisite poet of La Jeune Parque, is as surprising as it is laconic. Louis-Ferdinand Céline’s inscription in the first edition of Voyage au bout de la nuit is also surprising: “To Mons. André Gide, my very respectful and sincere homage, Louis Céline.” And again surprising is the provenance of a French first edition of Ulysses, published by Adrienne Monnier in 1929, which the publisher gave to Antonin Artaud. 

Meanwhile, the envoi added by Musil to the copy of The Man without Qualities (Der Mann ohne Eigenschaften, 1930) is very moving: it is made to Dr Hugo Lukacs, the psychiatrist who helped the author to get over his writer’s block. 

In more cryptic style, Gertrude Stein sent her Paris France to the painter Pablo Picasso in 1941 with the inscription “To Pablo, my painting on your wall, always.” Picasso’s famous portrait of the author, to which Gertrude Stein alludes, took three months to complete. It now hangs in the Metropolitan Museum of Art in New York. 

Finally, what happened when in 1949, the existentialist icon Simone de Beauvoir received Précis de décomposition by a Romanian writer as yet unknown, accompanied by a respectful tribute? Nothing – the volume was not cut, and the very virginity of the copy said much about Cioran’s reception in France. 

The chapter devoted to the 20th century also opens the door wide to world literature. Constantin Cavafy’s Poiemata, a collection of 38 poems printed in Alexandria in a limited run, and not for sale, by Kasimate and Iona between 1924 and 1926, is in itself a precious volume; Pierre Bergé’s copy is more precious still, as it contains an inscription and the autograph manuscript of the early poem To pro skali (The First Step), the manifesto poem on the values that dominated the realm of literature. The copy of Kafka’s Der Prozess (The Trial) is immaculate, with the box and publisher’s jacket in the condition in which it first appeared. Federico Garcia Lorca’s Poema del cante jondo (1931) was given as a gift with a warm inscription: “A mi querido amigo el grande escritor Pedro Mourlane Michelena” – a surprising destination for these poems with the wild sensuality typical of the Basque writer and journalist, who was a member of the Phalange and an declared reactionary… The first edition of Mensagem, 1934, is inscribed by Pessoa to Pierre Hourcade, its translator into French, “com un grande abraço”. It is true that the Frenchman played a decisive role in the discovery outside Portugal of the greatest Lusitanian poet since Camões. And we can also mention Primo Levi’s masterpiece Se questo è un uomo, published two years after the war in 1947: one of the most outstanding books that came out of the horror of the concentration camps. 

The contemporary period is notably illustrated by two volumes at the crossroads of art and literature: Barakei (Killed by Roses) by Mishima, illustrated with 45 magnificent photographic portraits of the Japanese writer by Eikoh Hosoe, and William S. Burroughs’ Scrap Book 3, printed in a run of 30, which prolongs the experience of the Beat Generation in cheeky, sophisticated vein. 

Jean Giono was far more than a literary enthusiasm for Pierre Bergé. The garden of the writer’s house in Manosque contained a little house, now gone, where Pierre Bergé and Bernard Buffet lived. The copy of L’Ecossais, a littleknown book by Giono published in 1955, bears an inscription by the author recalling happy times: “To Pierre Bergé, to Bernard Buffet, from their loyal Jean Giono.” 

But if there was one literary friendship which marked Pierre Bergé’s life, it was Jean cocteau’s. and as you would expect, the library contains numerous treasures by the poet. On 11 December 2015, some of these will be up for sale, including the autograph manuscript of Le Grand Ecart, preserved in an inlaid binding designed by Francis Picabia. also to be mentioned, a copy of Cap de Bonne Espérance (1919), Cocteau’s first modernist poem, in an original binding by Louise Denise Germain. a decorative artist, she was one of the first women to make a name for herself in creative bookbinding. The copy of La Noce massacrée (1921) is none other than the one given by cocteau to Raymond Radiguet. Last but not least, a first edition of Requiem, cocteau’s poetic testament published in 1962, bears a marvellous autograph inscription to his friend, carrying within it the essence of the whole collection : “My dear pierre, I know we all have our crosses to bear, and mine is a heavy one. I send you this river into which we spit. I send it to you in one of the blue copies, to express my affection. Jean.”