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Yan Pei-Ming (Né en 1960) , Timonier, 2000, huile sur toile. Estimation : 2 000 000 – 3 000 000 HK$ / environ 250 000 – 300 000 €.

Paris – Artcurial organisera, pour la première fois de son histoire, une vente à Hong Kong les 5 et 6 octobre prochains, en collaboration avec Spink. Coordonnée par Isabelle Bresset, directrice associée d’Artcurial, cette vacation inédite s’inscrit dans le cadre du développement international de la maison qui s’accélère depuis plusieurs années avec l’ouverture de bureaux en Europe. 

« Depuis sa création, Artcurial défend Paris comme lieu de vente sur l’échiquier international. Aujourd’hui, forts de nos succès auprès de nos clients étrangers et notamment asiatiques, nous sommes heureux d’organiser, en partenariat avec Spink, cette première vente événement à Hong Kong. Cette vacation se veut à l’image d’Artcurial : une carte postale parisienne réunissant la diversité des spécialités emblématiques de la maison. Conçue pour les collectionneurs asiatiques qui découvriront pour certains pour la première fois Artcurial, elle illustrera notre savoirfaire et notre French Touch.» explique Isabelle Bresset, directrice associée d’Artcurial.

LE CHOIX DE HONG KONG
L’Asie est aujourd’hui la deuxième place mondiale du marché de l’art, portée par le dynamisme de Hong Kong. La Chine ne cesse de renforcer sa position : les ventes d’art contemporain y sont désormais plus importantes en nombre qu’à Londres ou Paris. L’ouverture d’un grand nombre de musées publics et privés, la multiplication des galeries et des foires, mais aussi l’arrivée de milliers de nouveaux collectionneurs ont profondément modifié le marché chinois depuis l’ouverture de la première maison de ventes aux enchères locale en 1994 (Guardian).

Dans ce contexte, Artcurial connait une croissance significative du nombre de ses clients asiatiques depuis plusieurs années. Leur part double chaque année. Elle accompagne ainsi le dynamisme de cette clientèle en organisant ce premier rendez-vous qui s’inscrit plus globalement dans la volonté d’Artcurial de développer une présence pérenne dans cette partie du monde.

S’ils sont particulièrement actifs dans des domaines attendus comme les arts d’Asie ou l’art contemporain (notamment les oeuvres réalisées par des artistes chinois), les acheteurs asiatiques sont de plus en plus nombreux dans les spécialités liées à l’art de vivre comme le vin ou Hermès Vintage. La vente From Paris to Hong Kong reflètera ces différents domaines d’expertises.

Afin d’organiser la vente sur place, Artcurial travaillera en étroite collaboration avec la maison anglaise multi séculaire Spink qui
dispose de salles de vente à Londres, New York, Singapour, en Suisse et au coeur de Hong Kong, dans le quartier des antiquaires.
Si l’intégralité du contenu de la vente a été sélectionnée par les spécialistes d’Artcurial, Spink mettra à la disposition d’Artcurial ses plateformes logistique et administrative, et accueillera physiquement la vente dans ses locaux. 

L’exposition publique aura lieu dans une galerie spécialement aménagée par Artcurial. L’espace, aux couleurs de la maison, reflètera l’ambiance à la fois classique et moderne du siège historique de Paris, un hôtel particulier datant du XIXe siècle installé à l’angle de l’avenue Montaigne et des Champs-Elysées. Un décorateur mettra en scène la sélection d’oeuvres en imaginant un cabinet de curiosités contemporain dans un décor inspiré des boiseries qui ornent les intérieurs des hôtels particuliers parisiens des XVIIIe et XIXe siècles. 

Plusieurs événements seront organisés dans ce décor tout au long de la semaine. Ils animeront la galerie à l’image des manifestations proposées par Artcurial dans ses bureaux en France et à l’étranger tout au long de l’année. Ils permettront à un public nombreux de découvrir l’esprit de la maison de vente. 

UNE VENTE A L’IMAGE D’ARTCURIAL
Intitulée From Paris to Hong Kong, la vente créera un dialogue entre des oeuvres et objets d’art couvrant plus de trois siècles de création, des arts décoratifs aux principaux courant picturaux internationaux. Généraliste, la vacation offrira un aperçu global des spécialités qu’Artcurial propose aux enchères tout au long de l’année, oeuvres et objets d’art, objets de collection. L’exposition publique se déroulera à Hong Kong pendant une semaine, du 2 au 5 octobre, et sera précédée d’une preview à Paris du 9 au 14 septembre. La vacation comprendra plusieurs volets :

Mobilier et Objets d’Art, dont une importante collection provenant d’une famille aristocratique européenne. Elle est estimée 3 500 000 – 5 500 000 HK$ (soit environ 400 000 – 640 000 €), et comprend 28 pièces, dont un ensemble de boîtes en or réalisées par les artisans les plus réputés et recherchés en la matière. Parmi les pièces d’orfèvrerie particulièrement remarquables de la collection, il faut citer un calice en or provenant de la célèbre collection du comte Nicolas Demidov (estimation : 700 000 – 1 000 000 HK$ soit environ 80 000 – 120 000 €). Héritier d’une dynastie d’industriels russes, ce diplomate du XIXe siècle fut tour à tour en mission à Paris sous Napoléon 1er puis ambassadeur de Russie près la cour de Toscane. C’est au nord de Florence
qu’il fit bâtir une villa pour accueillir ses collections artistiques, réputées alors les plus importantes d’Europe. La coupe en or commémore un événement précis lié à l'empire industriel du comte : la découverte de gisements aurifères en 1821, à proximité de son usine de Nijni Taguil. C’est avec les premières pépites extraites des mines, en 1823, qu’a été exécuté l’objet offert par Nicolas Demidov à l'un de ses employés.

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Coupe en or issue des des premières extractions des mines appartenant du comte Nicolas Demidov (1773 - 1828), 1823. Estimation : 700 000 – 1 000 000 HK$ / environ 80 000 – 120 000 €.

De forme tulipe, posant sur un piedouche, la doucine ciselee de feuilles dfacanthe, lfombilic et la base ornes de feuilles lanceolees, le noeud et le col ceintures de laurier, sur chaque face, agrementee dfun ecusson cisele de fleurs enrubannees, portant lfinscription en russe "Fait de l'or premier, trouve dans les usines de Nijni Taguil en 1823" et "De la part du Conseiller Secret N. Demidov pour diligence au serveur Grigori Ivanovich Matveev" - H. : 15 cm Poids : 306 gr. 18 k (750) 

Provenance :  Comte Nikolai Nikititch Demidov, Prince de San Donato, (1773-1828), selon lfinscription gravee sur la coupe. 

Poincons : - Poincon (probablement Europe centrale, non identifie). 
- Poincon dfimportation, or Le hibou, toute origine provenant des pays non contractants, depuis 1893. 

A GOLD CUP ON STAND MADE FROM THE FIRS T EXTRA CTS FROM THE MINES BELONGING TO COUNT NICOLAS DEMIDOFF (1773 - 1828) 1823 

Tulip-shaped, on a plinth, each side enriched by a chiseled escutcheon, with a Russian inscription “Created with the first gold found in the Mines of Nijni Taguil in 1823” and “From the Secret Advisor N. Demidov for due diligence to the servant Grigori Ivanovich Matveev” H.: 6 in. Weight: 306 gr. 18 k (750) 

Provenance: Count Nikolai Nikititch Demidoff, Prince of San Donato (1773-1828), according to the inscription engraved on the cup. 

Hallmarks: - Unidentified mark, probably Central Europe. 
- Mark for gold imported from countries without custom conversions with France from 1893 onward: an owl. 

DEMIDOV ET LES MINES D’OR DE NIJNI TAGUIL 
À caractère commémoratif, notre coupe se rapporte à un événement précis lié à l’empire industriel du comte Demidov. La famille de ce dernier possédait depuis le XVIIIe siècle des usines à Nijni Taguil et d’importants terrains et forêts sur les deux versants de l’Oural, où furent découverts dans la rivière Taguil des minerais d’or en 1821. Depuis l’Italie, Demidov encourage les habitants de la région dans la recherche des gisements aurifères en octroyant des récompenses allant jusqu’à 1 000 roubles par an : la campagne active d’ouverture de mines conduisit à l’exploitation de 12 mines d’or seulement en 1823, qui augmentèrent à 19 l’année suivante, où oeuvraient non moins de 3 000 personnes. Ainsi, la coupe exécutée dans l’or extrait pour la première fois des mines de Nijni Taguil en 1823, fut offerte par Nicolas Demidov à son clerc Grigori Ivanovich Metveev, membre d’une famille aristocratique, déjà mentionné parmi ses affidés en 1806, 1807, 1820 et qui travaillait toujours pour lui en 1826.

Le Catalogue spécial de la section Russe à l’Exposition universelle de Vienne de 1873(4) mentionnait que de 1823-24 à 1870-71 inclusivement, il a été extrait 1 299 pouds d’or et 3 799 pouds de platine à Nijni Taguil, dans cette immense propriété ou étaient établis 14 hauts fourneaux et usines de fer et de cuivre et on y compte 107 gisements aurifères et 20 gisements platinifères, qui appartenait alors à Pavel Demidov, prince de San Donato, l’un des petits-fils de Nicolas, le même qui venait de disperser les collections de la Villa San Donato dans quatre ventes historiques poursuivies entre le 21 février et les 10 mars 1870.  

ODIOT, ORFÈVRE DE LA COUR ET DE LA FAMILLE DE NAPOLÉON 1er 
La forme du piédouche de cette coupe et son décor de feuilles lancéolées et d’acanthe ne sont pas sans rappeler un projet de seau à vin(1) exécuté en 1816 par l’orfèvre Jean-Baptiste-Claude Odiot (1763-1850) et présenté au comte Nicolas Nikititch Demidov. Selon le livre d’inventaire de la Maison Odiot, ce dessin (Fig.a), qui se rapporte à la célèbre technique du décor visé permettant au commanditaire de choisir les accessoires de la pièce, fut approuvé dans la variante aux prises en forme de sirènes par le comte Demidov, auquel il fut livrée une paire de rafraîchissoirs en argent doré le 5 décembre 1817, conservée aujourd’hui au Detroit Institute of Arts(2). 

DEMIDOV, FAMILLE D’INDUSTRIELS ET DE MÉCÈNES 
Descendant d’un dynastie d’industriels russes qui remonte à un simple forgeron libre installé à Toula au XVIIe siècle, et dont les descendants devinrent propriétaires de fonderies, de mines de fer, d’argent et de pierres précieuses et semi-précieuses dans l’Oural et au sud de la Sibérie et obtinrent la noblesse héréditaire au XVIIIe siècle, le comte Nicolas Demidov (1773-1828) était le fils de Nikita Akinfievitch Demidov (1724-1789) et d’Alexandra Safanova. À l’instar des autres membres de la famille, tous grands voyageurs, mécènes de l’éducation scientifique russe, créateurs de nombreuses fondations charitables, son père fut un scientifique amateur et un protecteur des savants et des hommes de lettres, qui légua à son fils, encore adolescent, l’immense empire industriel familial. Nicolas, qui avait épousé en 1795 la baronne Elisabeth Alexandrovna Stroganov (1779-1818), débuta une carrière diplomatique à Paris où il fut dans un premier temps un fervent admirateur de Napoléon Ier, mais finit par rentrer à Moscou et lever un régiment en 1812 pour s’opposer à l’invasion napoléonienne en Russie. Nommé chambellan du tsar, puis commandeur de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem et membre du conseil privé, Nicolas Demidov, qui n’eut de cesse d’accroître la fortune familiale, devint en 1819 ambassadeur de Russie auprès de la cour de Toscane. Il fit bâtir à partir de 1827(3) la Villa San Donato au nord de Florence, qui abritait une partie de ses collections, reparties entre cette demeure, Paris, Moscou et Saint-Pétersbourg, et réputées alors les plus importantes d’Europe, dont les statues grecques et romaines sont conservées aujourd’hui au musée de l’Ermitage et la célèbre collection d’armes est exposée à la Wallace Collection. Le 23 février 1827, une année avant sa mort, le grand-duc Léopold II conféra à Nicolas Demidov le titre de comte de San Donato, pour services rendus à la Toscane par la création d’une manufacture de soieries.

-1- Reproduit par Jean-Marie Pinçon, Olivier Gaube du Gers, Odiot, l’orfèvre, Paris, Sous le Vent, 1990, p. 87. Ce dessin d’Odiot, transposé à l’encre de Chine sur papier gris par Cavelier, fut vendu à Paris, Artemisia, Me Blanchet et Associés, le 28 mai 2014, n°153. 
-2- Inv. 71.296. 
-3- Dont les travaux allaient être poursuivies jusqu’en 1831 par ses deux fils, Pavel (1798-1840) et Anatole (1812-1869). 
-4- Publié par la Commission impériale de Russie, 2e édition, Saint-Pétersbourg, Imprimerie de l’Académie impériale des Sciences, 1873, p. 3. 

DEMIDOFF AND THE GOLD MINES OF NIJNI TAGUIL 
The creation of our cup is to be put into relation with a very specific occasion related to Count Demidov’s industrial Empire. Since the 18th century, the Count’s family owned Nijni Taguil mines as well as huge lands on both sides of the Urals ; along the river Taguil some important gold ores were discovered in 1821. Demidov encouraged the region’s inhabitants to pursue the research of gold deposits by granting rewards amounting up to 1000 rubles per year: 12 gold mines were opened in 1823 which increased to 19 the following year allowing more than 3000 people to work. This cup, realized in 1823 with the first gold extracted from the mines of Nijni Taguil, was offered by the Count to his faithful noble servant, Grigori Ivanovich Metveev, which was still working for him in 1826. 

The Special catalogue realized for the Russian section of the Universal Exposition of Vienna in 1873(4) mentioned that from 1823-24 to 1870-71, 1299 gold livres and 3799 platinum livres had been extracted from the mine of Nijni Taguil, then belonging to Pavel Demidov, Prince of San Donato, one of Nicolas’s nephews, the very same which sold between 21st February and 10th March 1870, the art collections contained at Villa San Donato. 

ODIOT, SILVERSMITH APPOINTED TO THE CROWN AND THE FAMILY OF THE EMPEROR NAPOLEON I 
Our cup plinth’s shape as well as the acanthus leaves decoration should be put into correlation with the project for a wine cooler(1) presented to the Count Nicolas Nikititch Demidov and executed in 1816 by the silversmith Jean-Baptiste-Claude Odiot (1763-1850). According to the inventory book kept by Maison Odiot, this drawing, relates with the celebrated technique of décor visé which allowed to the client to customize the piece, according to its own tastes. Count Demidov chose a pair of gilt-silvered wine-coolers with a variation characterized by mermaid-shaped grips; delivered to him on 5th December 1817 they are today conserved at the Detroit Institute of Arts(2). 

DEMIDOFF’S DYNASTY, INDUSTRIALISTS AND PATRONS OF THE ARTS 
Descending from a well-known industrialist Russian dynasty, ennobled during the 18th century and whose wealth was based in the ownership of iron, silver, precious and semi-precious stone mines in the Urals and the Southern part of Siberia, Count Nicolas Demidov (1773-1828) was the son of Nikita Akinfievitch Demidov (1724-1789) and Alexandra Safanova. His father, a science lover and a scholar protector, left to his son, when still adolescent, his enormous wealth and industrial empire. After marrying Baroness Elisabeth Alexandrovna Stroganov (1779-1818), the young count moved to Paris where he started his diplomatic career and became a fervent admirer of Napoleon’s ideas. However when faced with the prospect of the incumbent Napoleonic invasion of Russia, Count Demidov went back to Moscow where he raised a regiment to respond 
to the Napoleonic threat. Appointed first chamberlain to the Tsar, then commander of the Order of Saint John of Jerusalem and member of the Tsar’s Privy Council, in 1819 he became Russian ambassador to the Court of Tuscany. Starting in 18273, he had a great Villa being built in Tuscany. Located in the north of Florence, Villa San Donato was conceived to host part of the Count’s famous art collection, then reputed as one of the most important in Europe. The collection of Greek and Roman statues is today conserved at the Hermitage in Saint Petersburg while the arms collection is exposed at the Wallace Collection in London. On 23rd February 1827, Great-Duke Leopold II, conferred to Count Demidov the title of Principe di San Donato, in order to thank him for the creation of a silk manufactory in Tuscany. 

-1- Reproduced by Jean-Marie Pinçon, Olivier Gaube du Gers, Odiot, l’orfèvre, Paris, Sous le Vent, 1990, p. 87. This drawing by Odiot, transposed on China’s ink on gray paper by Cavalier, was sold in Paris, Artemisia, Me Blanchet and Associated, 28th May 2014, n°153. 
-2- Inv. 71.296. 
-3- Whose works had been continued until 1831 by his two sons, Pavel (1798-1840) and Anatole (1812-1869). 
-4- Published by the Russian Imperial Commision, 2e éd., Saint-Petersburg, Printing company of the Imperial Sciences’ Academy, 1873, p. 3

Autre pièce exceptionnelle, cette fois-ci horlogère, réunie dans cette vente hongkongaise, une rare pendulette cage réalisée par James Cox vers 1770 (estimation 800 000 – 1 500 000 HK$ / environ 90 000 – 180 000 €). Dessinés par l’horloger londonien ces garde-temps sont reconnaissables à leurs mécanismes musicaux ou automates. Ces objets étaient principalement destinés aux marchés ottoman, indien et chinois. L’empereur Qianlong lui-même, et sa cour, furent clients de l’inventeur anglais. Une pendule identique, elle non signée, est conservée à la Cité Interdite.

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Rare pendulette cage dissimulant un photophore en or et argent doré, par James Cox, Londres, vers 1770, exécutée pour le marché chinois. Estimation 800 000 – 1 500 000 HK$ / environ 90 000 – 180 000 €

En forme de colonne octogonale à décor de panneaux en agate rouille, veinée de blanc, la monture formée de pilastre en or, ciselés au repoussé de rinceaux, fleurs et corbeilles fleuries, l'une des faces présentant une montre surmontée du balancier apparent, cernés chacun d'un bandeau serti de grenats, le cadran signé Jas. Cox London à chiffres romains pour les heures, arabes pour les minutes, la partie supérieure rétractable présente un petit photophore à gradins repercé d'arceaux, nœuds de rubans, lauriers et entrelacs, il est actionné par un poussoir à la base, celle-ci évasée, octogonale à moulure de filets, dissimule un compartiment et un miroir  - H. (ouverte) : 16 cm  Côté de la base : 7 cm  Section de la colonne : 5,8 cm  H. (fermée) : 11,4 cm 

A GOLD, SILVER AND AGATE-MOUNTED PENDULETTE REVEALING A PHOTOPHORE, BY JAMES COX, LONDON, CIRCA 1770, EXECUTED FOR THE CHINESE MAR KET 

Octagonal-shaped, with white veined, rust-colored agate panels, the mount composed by a gold pilaster, chiseled with foliage scrolls, flowers and floral baskets set with garnets, one of the sides revealing a watch surmounted by a visible balance wheel, the dial signed Jas. Cox London, the retractable upper part revealing a candle holder activated by means of a button located on the base, the octagonalshaped flared base concealing a compartment and a mirror - H. (opened): 6 ¼ in.  One side of the base: 2 ¾ in.  Section of the column: 2 ¼ in.  H. (closed): 4 ½ in.  

Cette pendulette fait partie d'un groupe de quatre petites horloges munies d'un photophore coulissant, très similaires quant à la forme et au décor, dont une, parfaitement identique à la nôtre, se trouvait dans le commerce de l'art(1) (Fig. a) et deux autres font partie des collections du musée du palais impérial de Pékin(2) (Fig. b). Cependant, les deux premières, réalisées en agate veinée rouge, se différencient dans leur structure par la présence d'un oculus supplémentaire, découvrant le mécanisme du balancier, situé au-dessus du cadran et cerné comme celui-ci de grenats, élément qui manque sur la paire du musée de Pékin, dont le corps est recouvert de plaques d'agate brune veinée de vert et le cadran est ceint de pierres vertes. 

Ainsi que les deux exemplaires conservés au palais impérial de la Cité Interdite, notre pendulette et son pendant furent très vraisemblablement réalisées au cours des années 1770 pour une commande destinée à la cour du Céleste Empire. Notre pendulette, ainsi que sa paire portent sur le cadran la signature JAS.COX / LONDON. Personnalité protéiforme de l'orfèvrerie londonienne du XVIIIe siècle, mais aussi de la joaillerie et de la création d'automates, James Cox se remarqua également par sa démarche commerciale novatrice(3) et par son habilité d'entrepreneur. Il suscita dès les années 1940 l'intérêt des chercheurs et des historiens de l'horlogerie, à commencer par Alfred Chapuis, qui fut parmi les premiers à lui dédier quelques amples études(4) et, jusqu'à la dernière en date et la plus complète, publiée par Ian White en 2012(5). 

Fils d'un tailleur, James Cox naquit à Londres en 1723 dans une maison de Coleman Street, dans la paroisse St Stephen. Le 13 janvier 1737, il entama les sept années d'apprentissage auprès de l'orfèvre Humphry Pugh et parvint à s'installer à son compte dès le 14 juin 1745 à Racquet Court, dans la boutique de son ancien maître. Cox avait épousé cette même année, au mois de décembre, Elisabeth Liron, fille d'un marchand huguenot appartenant aux Non-conformistes(6), dont la dot lui permit vraisemblablement son établissement précoce à l'enseigne de l'Urne d'Or (Fig. c). 

Comme son étiquette commerciale trilingue en témoigne, Cox avait établi très tôt des relations commerciales avec l'Allemagne et avec les manufactures françaises, tout en employant des artisans français établis à Londres. Il livra dès 1751 la famille de Thomas Penn, un Quaker américain qui s'était établi définitivement à Londres dix ans auparavant, et s'associa en 1756 avec le marchand Edward Grace. Bien qu'en apparence florissantes, les affaires de Cox, qui faisait travailler, entre autres, l'orfèvre Joseph Allen et qui avait pris non moins de onze apprentis entre 1745 et 1757, le conduisirent lui et son associé à une retentissante banqueroute en 1758, quand les dettes de la société se chiffraient à non moins de 100 000 £, et, parmi les objets vendus, figurait déjà une riche horloge en forme de temple chinois, finement ciselée et abondamment dorée(7). Entre 1763, moment quand la faillite fut liquidée, et 1765, l'entreprise de Cox connut un nouvel essor, visiblement avec de solides appuis financiers, obtenus sans doute grâce à sa grande réputation dans le domaine de la joaillerie et de la production de bijoux et de riches objets de curiosité. 

En septembre 1765, par exemple, il avait obtenu l'autorisation de la ville de Londres de faire travailler 40 ouvriers libres pour un délai de trois mois, et les noms de 32 de ceux-ci sont conservés(8). C'est à cette époque que James Cox s'ingénia à trouver un autre débouché pour sa production de luxe et orienta son commerce vers le marché chinois, certainement par le biais de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales, qui avait établi un comptoir à Canton depuis 1711. 

Les Chinois, grands artisans, ne possédaient pas encore dans les années 1760 la technique de fabrication d'horloges et des automates, bien que les empereurs Kangxi (1662-1722) et Qianlong (1735-1795) étaient friands de ce genre d'objets qu'ils faisaient importer d'Europe(9). Dès 1766, The Gentleman's Magazine insérait dans ses pages une longue annonce décrivant deux horloges munies d'automates réalisées par Cox pour la Compagnie Anglaise des Indes Orientales, à l'intention d'un présent pour l'empereur de Chine ; après de longues tribulations, elles retournèrent en Europe à la fin du XIXe au début du XXe siècle, et l'une est conservée actuellement dans la collection Jack et Belle Linsky, au Metropolitan Museum of Art de New York(10). 

En février 1769, Cox demanda à la Compagnie des Indes la permission d'envoyer en Chine une paire de montres à musique et, le même mois, l'Edinburgh Advertiser, relayant une information de London Papers, annonçait que des horloges curieuses, des lanternes magiques d'une composition rare et plusieurs riches automates fabriqués par le célèbre M. Cox, furent envoyés par l'entremise du capitaine Rogers et de son navire Earl of Middlesex Indiaman, en cadeaux pour certains personnages importants de l'Extrême-Orient(11). C'est probablement à ce moment que les pendulettes à photophores, d'un modèle similaire à la nôtre, intégrèrent les collections du Palais Impérial de la Cité Interdite. 

-1- Antiquorum, Genève, 11 octobre 2003, n°93 ; cette même pièce reproduite dans Terence Camerer Cuss, The English Watch : 1585-1970, a Unique Alliance of Art, Design and Inventive Genius, Antique Collectors' Club Art Books, 2008, p. 237 et aussi dans White, 2012, p. 172, fig. 7.10, voir note 5. 
-2- Zi Jin Cheng Chu Ban She, Classics of the Forbidden City : Timepieces in the Imperial Palace, Beijing, The Palace Museum, 2008, reproduites ; voir aussi Simon harcourt-Smith, A Catalogue of Various Clocks, Watches, Automata, and Other Miscellaneous Objects of European Workmanship Dating from the XVIIIth ans the Early XIXth Centuries, in the Palace Museum and the Wu Ying Tien, Peiping, Beijing, Palace Museum, 1933, cat. 17 et Catherine Pagani, Eastern Magnificence & European Ingenuity. Clocks of Late Imperial China, Michigan, The University of Michigan Press, 2001, p. 191 (" Paire of brown agate lamps with watches, ca. 1770 "). 
-3- Liliane Hilaire-Pérez, La pièce et le geste. Artisans, marchands et savoir technique à Londres au XVIIIe siècle, Paris, Albin Michel, 2013, p. 94-97. 
-4- Par exemple, À travers les collections d'horlogerie, Neuchâtel, La Baconnière, 1942 ; Relations d'horlogerie suisse avec la Chine. La montre chinoise, Neuchâtel, Attinger frères, s.d. ; ou bien, en collaboration avec Edmond Droz, Les Automates, Neuchâtel, Eds. du Grillon, 1949 ; en collaboration avec Eugène Jaquet, La montre automatique ancienne, un siècle et demi d'histoire, 1770-1931, Neuchâtel, Eds. du Griffon, 1952 ; etc. 
-5- Ian White, English Clocks for the Eastern Markets. English Clockmakers Trading in China & the Ottoman Empire 1580-1815, Ticehurst, Sussex TN5 7AL, The Antiquarian Horoligical Society, 2012. 
-6- Né en Angleterre vers 1566, sous Elisabeth Ire, le mouvement des Non-conformistes regroupait des dissidents refusant de suivre la doctrine de l'Eglise anglicane, notamment les Puritains, les Presbytériens, les Anabaptistes, ou les Calvinistes, etc. 
-7- Toutes les informations concernant la biographie de James Cox sont citées d'après White, 2012, p. 94 et suiv. 
-8- White, 2012, p. 99. 
-9- Clare Le Corbeiller, " James Cox and his Curious Toys ", Metropolitam Museum Bulletin, 18, juin 1960, p. 318-329 et " James Cox : A Biographical Review ", Burlington Magazine, vol. CXII, 807, juin 1970, p. 348-350. 
-10- Inv. 1982.60.137. 
-11- " Some curious clocks, magic lanterns of an uncommon structure, and several rich pieces of machinery made by the celebrated Mr. Cox, we hear are sent over by Capt. Rogers of the Earl of Middlesex Indiaman, as a present to some great men in the Eastern parts of the world ", cité par White, 2012, p. 101.  

This clock belongs to a restrained group of four fitted with a sliding photophore; one of them appeared in the auction market in recent years(1) (Fig. a) while two others belong to the collections of the Imperial Palace Museum in Beijing(2) (Fig. b). Yet the first two, realized in red veined agate, differ one from the other, for the presence of an oculus revealing the balance wheel, located above the dial and surrounded by garnets, an element missing on the Palace Museum’s pair which is covered by dark green-veined agate while the dial is surrounded by hardstones. 

Like the pair conserved at the Palace Museum, our exemplary and its matching are likely to have been realized in the 1770s for an order destined to the Imperial Court. Our mantel clock and his pendant are signed JAS.COX / LONDON. A highly influential figure among the Londoner goldsmiths community of the 18th century, his production was also characterized by some extraordinary pieces of jewelry as well as automaton. Cox was noticed both for his commercial approach as well as for his entrepreneurial abilities(3). Starting in the 1940s, he aroused the interest of numerous watches’ historians, such as Alfred Chapuis, the first one who dedicated him some ample researches(4); the most complete study dedicated to Cox was the one realized by Ian White in 2012(5). 

A tailor’s son, James Cox was born in London in 1723. On 13th January 1737 he began his seven-year apprenticeship period for the goldsmith Humphry Pugh managing to set up his own business on 14th June 1745 inside his old master’s shop. In December of the very same year Cox married Elisabeth Liron, the daughter of a Huguenot merchant, belonging to the Non-conformists(6); her dowry possibly allowed him his precocious establishment at the Urne d’Or (Fig. c). 

As his trilingual commercial label testifies, Cox had established very early some commercial relations with Germany as well as with a number of French manufactures, by employing some French craftsmen living in London. As early as 1751; he delivered to Thomas Penn’s family, an American Quaker who had set up in London for good ten years before, and went into partnership with the merchant Edward Grace. Although Cox’s affairs appeared flourishing, employing among the others the goldsmith Joseph Allen and no less than eleven trainees between 1745 and 1757, he went through bankruptcy in 1758 when his debt amounted to no less than 100 000 £; among the objects being sold at that time we can find a mention of a finely chiseled Chinese temple-shaped mantel clock(7). 

Between 1763 and 1765, thanks to a solid financial back-up, Cox’s business went through a new phase of economic boom, due to its great reputation in the jewelry domain and in the production of bijoux and objets de curiosité. In September 1765, for example, he had obtained the authorization from the town of London to have 40 people working for him for a three-month period; the name of 32 of them has been conserved(8). At that point in time, certainly by means of the East English Indian Company, who had already established a commercial branch in Canton in 1711, James Cox started to orient its luxury production towards the Chinese market. 

In the 1760s the Chinese artisans didn’t own yet the technique allowing them to manufacture clocks and automaton, although both the Kangxi (1622-1722) and Qianlong Emperors (1735-1795) were great fans of this kind of objects and had them imported in great number from Europe(9). Starting in 1766, The Gentleman’s Magazine had a long advertisement inserted within his pages describing two watches fitted with automaton realized by James Cox for the East English Indian Company and destined as a present for the Chinese Emperor ; these watches were returned to Europe in the late 19th and early 20th century : one of them is conserved in the Jack and Belle Linsky Collection at the Metropolitan Museum in New York(10). 

In February 1769, Cox required to the East English Indian Company the permission to send to China a pair of musical watches; the very same month, the Edinburgh Advertiser taking over from an information of the London Papers announced that some curious watches, magical lanterns of a rare composition and several rich automaton produced by the famous Mr Cox, were sent by intercession of Captain Rogers as a gift for some important people of the Far-East(11). It is probably at that moment that clocks fitted with photophores, of a model similar to our exemplary, integrated the Collections of the Forbidden City. These pieces astonished the Chinese audience and provided several benefices to its author, who doubled its efforts to appeal this promising market. 

-1- Antiquorum Geneva, 11th October 2003, n°93 ; the same clock is reproduced in Terence Camerer Cuss, The English Watch: 1585-1970, a Unique Alliance of Art, Design and Inventive Genius, Antique Collectors’ Club Art Books, 2008, p. 237 and also in White, 2012, p. 172, fig. 7.10, see note number 5. 
-2- Zi Jin Cheng Chu Ban She, Classics of the Forbidden City : Timepieces in the Imperial Palace, Beijing, The Palace Museum, 2008, reproduites ; voir aussi Simon harcourt-Smith, A Catalogue of Various Clocks, Watches, Automata, and Other Miscellaneous Objects of European Workmanship Dating from the XVIIIth ans the Early XIXth Centuries, in the Palace Museum and the Wu Ying Tien, Peiping, Beijing, Palace Museum, 1933, cat. 17 et Catherine Pagani, Eastern Magnificence & European Ingenuity. Clocks of Late Imperial China, Michigan, The University of Michigan Press, 2001, p. 191 (« Paire of brown agate lamps with watches, ca. 1770 »). 
-3- Liliane Hilaire-Pérez, La pièce et le geste. Artisans, marchands et savoir technique à Londres au XVIIIe siècle, Paris, Albin Michel, 2013, p. 94-97. 
-4- For example, A travers les collections d’horlogerie, Neuchâtel, La Baconnière, 1942 ; Relations d’horlogerie suisse avec la Chine. La montre chinoise, Neuchâtel, Attinger frères, s.d. ; or also, in collaboration with Edmond Droz, Les Automates, Neuchâtel, Eds. du Grillon, 1949 ; in collaboration with Eugène Jaquet, La montre automatique ancienne, un siècle et demi d’histoire, 1770-1931, Neuchâtel, Eds. du Griffon, 1952 ; etc. 
-5- Ian White, English Clocks for the Eastern Markets. English Clockmakers Trading in China & the Ottoman Empire 1580-1815, Ticehurst, Sussex TN5 7AL, The Antiquarian Horoligical Society, 2012. 
-6- Born in Englanda round 1566, under the reign of Elizabeth Ist, the Non-conformist movement gathered together some dissidents refusing to follow the rules of the Anglican Church, notably the Puritans, the Presbyterians, the Anabaptistes, or the Calvinistes, etc. 
-7- All the information concerning James Cox’s biography are quoted after White, 2012, p. 94 et suiv. 
-8- White, 2012, p. 99. 
-9- Clare Le Corbeiller, “James Cox and his Curious Toys”, Metropolitam Museum Bulletin, 18, juin 1960, p. 318-329 et “James Cox : A Biographical Review”, Burlington Magazine, vol. CXII, 807, juin 1970, p. 348-350. 
-10- Inv. 1982.60.137. 
-11- “Some curious clocks, magic lanterns of an uncommon structure, and several rich pièces of machinery made by the celebrated Mr. Cox, we hear are sent over by Capt. Rogers of the Earl of Middlesex Indiaman, as a present to some great men in the Eastern parts of the world”, cité par White, 2012, p. 101.

Art Moderne, L’art du bronze sera mis à l’honneur avec une sculpture en bronze de Camille Claudel, L’Implorante  (estimation : 1 300 000 – 1 800 000 HK$ / environ 150 000 – 200 000 €) à laquelle répondra une oeuvre d’Auguste Rodin, L’Eternel Printemps. Maitre et élève, amants, collaborateurs en symbiose puis rivaux, artistes géniaux et tourmentés, créateurs révolutionnaires et intransigeants, Auguste Rodin et Camille Claudel sont des figures à la fois légendaires et essentielles de l’histoire de l’art. Ces sculptures semblent perpétuer le fascinant dialogue des génies : à la joie de vivre de la saison des amours répond le désespoir douloureux de la supplication et la terrible solitude de l’imploration semble offrir le contrepoint parfait à l’union fusionnelle du couple. Mais les deux oeuvres si opposées sont portées par la même incroyable expressivité des corps, le même équilibre miraculeux. La virtuosité et la complexité des compositions ne sont pas vaines et provoquent  immanquablement l’émotion du spectateur emporté par ce déchainement de passions.

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Camille Claudel, L’Implorante  (Petit modèle) ou L'Iimploration ou La suppliante, 1899. Bronze à patine brune. Estimation : 1 300 000 – 1 800 000 HK$ / environ 150 000 – 200 000 €

Signé et numéroté sur la base "C. Claudel 39". Cachet du fondeur sur la base "EUG. BLOT PARIS". Conçue en 1900, cette épreuve fondue en 1905. Hauteur: 28,3 cm 

En 1900, Eugène Blot achète les droits d’édition limités à 100 exemplaires pour ce petit modèle, seules 59 épreuves seront tirées. Les fontes ont débuté en 1905 et en décembre de la même année, Eugène Blot expose le grand et petit modèle dans sa Galerie du boulevard de la Madeleine à Paris. 

Provenance : Vente Saint-Germain-en-Laye , Me Marielle Digard, Florilèges d’hiver, 14 décembre 1997, lot 80. 
Collection Monsieur Robert Chambourcy, France 
Vente Paris, Hôtel Drouot, Me Blanchet, 23 Juin 2006, lot 105. 
Collection particulière. 

Bibliographie : Paris, Galerie Eugène Blot, Camille Claudel, 1905 (un exemplaire similaire) 
Paris, Galerie Eugène Blot, Camille Claudel, 1908 (un exemplaire similaire) 
Paris, Maison de France, Salon des Femmes artistes modernes, 1934 (un exemplaire similaire) 
Paris, Bibliothèque Nationale, Le Cinquantenaire du symbolisme, 1936 (un exemplaire similaire) 
H. Asselin, La vie artistique: Camille Claudel sculpteur, 1864-1943, in Extinfor, Pages de France, n° 8239, 1951, p. 3 
Paris, Musée Rodin, Camille Claudel, 1951, n° 26, reproduit p. 15 (un exemplaire similaire) 
A.Delbée, Une Femme, Paris, 1982, reproduit (un exemplaire similaire) 
B.Poirot-Delpech, Camille Claudel, sculpteur brisé, in Le Monde, 2 juillet 1982, reproduit p. 19 (un exemplaire similaire) 
A. Rivière, L'Interdite. Camille Claudel 1864-1943, Paris, 1983, n° 23, reproduit p. 76 (un exemplaire similaire) 
Paris, Musée Rodin, Poitiers, Musée Sainte-Croix, Camille Claudel 1864-1943, février-septembre 1984, n° 20b, reproduit pp. 56-57 (un exemplaire similaire) 
Rome, Académie de France, Villa Médicis, Debussy e il simbolismo, avril-juin 1984 (un exemplaire similaire) 
R.-M. Paris, Camille Claudel, Gallimard, Paris, 1984, pp. 362-363, reproduit (un exemplaire similaire) 
Berne, Kunstmuseum, Camille Claudel-Auguste Rodin. Dialogues d'artiste-résonances, mars-mai 1985, n° 51, reproduit (un exemplaire similaire) 
Cannes, Salon de la Malmaison, Grands Maîtres de la sculpture, 1986, p. 117 (un exemplaire similaire) 
Athènes, Institut français, Camille Claudel, février 1987 (un exemplaire similaire) 
Japon, exposition itinérante, Camille Claudel, août 1987 - mars 1988 (un exemplaire similaire) 
Washington, National Museum of Women in the Arts, Camille Claudel, 1988, n° 27, p. 60, reproduit p. 23 (un exemplaire similaire) 
Paris, Galerie H. Odermatt-Ph. Cazeau, Camille Claudel 1864-1943, dcembre 1988- janvier 1989, n° 3, reproduit (un exemplaire similaire) 
Marseille, Hospice de la Vieille Charité, " Images d'à côté ", Camille Claudel, Artaud, les irréguliers de l'art, décembre 1988 - janvier 1989 (un exemplaire similaire) 
Trevise, Villa Domenica, Camille Claudel, juin-juillet 1989 (un exemplaire similaire) 
Tourcoing, Musée des Beaux-Arts, Camille Claudel " Mon Frère ", juin-octobre 1990, reproduit p. 46K (un exemplaire similaire) 
R.-M. Paris, A. de La Chapelle, L'œuvre de Camille Claudel catalogue raisonné, Arhis-Biro, Paris, 1990, n°43 p. 166 
Martigny, Fondation Pierre Gianadda, Camille Claudel, novembre 1990-février 1991, n° 69, reproduit p. 107 (un exemplaire similaire) 
Paris, Musée Rodin, Camille Claudel, mars-juin 1991, n° 73 pp. 109, 158, reproduit (un exemplaire similaire) 
Morlaix, Musée des Jacobins, Camille Claudel, juillet-novembre 1993, n°40, reproduit p. 52 (un exemplaire similaire) 
Hong Kong-Taipei-Seoul, Camille Claudel, 1993, n°1, pp. 30-31, reproduit (un exemplaire similaire) 
G. Bouté, Camille Claudel. Le Miroir et la nuit, Paris, 1995, reproduit pp. 146, 148, 151, 152 (un exemplaire similaire) 
F. Duret-Robert, L'Affaire Claudel, in Connaissance des Arts, n° 523, 1995, reproduit p. 115 (un exemplaire similaire) 
Luxembourg, Cercle Municipal, Camille Claudel, novembre-décembre 1995, n°36, reproduit (un exemplaire similaire) 
Aulnay-sous-Bois, Camille Claudel, janvier-février 1996 (un exemplaire similaire) 
A. Rivière, B. Gaudichon, D. Ghanassia, Camille Claudel. Catalogue raisonné, Paris, 1996, n°43.6b, reproduit pp. 116-117 (un exemplaire similaire) 
Mexico, Museo del Palacio de Bellas Artes, Camille Claudel, mai-juillet 1997, p. 98, reproduit p. 99 (un exemplaire similaire) 
São Paolo, Pinacoteca do Estado, Camille Claudel, septembre-décembre 1997, n°33, pp. 148-150, reproduit p. 151 (un exemplaire similaire) 
R.-M. Paris, Camille Claudel re-trouvée Catalogue raisonné, Editions Aittouarès, Paris, 2000, n° 41 pp. 340-343, reproduit en couleurs p. 341 (un exemplaire similaire) 
A. Rivière, B. Gaudichon, D. Ghanassia, Camille Claudel - Catalogue raisonné, Adam Biro, Paris, 2001, n° 44.9 pp. 141-144, reproduit en couleurs p. 143 (un exemplaire similaire) 
Madrid, Fundacion Mapfre, Paris, Musée Rodin, Camille Claudel 1864-1943, novembre 2007 - juillet 2008, n°69 et 69B, reproduits en noir et blanc pp. 276, 277 (exemplaires similaires) 
Roubaix, La Piscine, Camille Claudel. Au Miroir d'un Art Nouveau, novembre 2014 - février 2015, n°61, reproduit en couleurs p. 212 (un exemplaire similaire) 

Commentaire : L'authenticité de cette oeuvre a été confirmée par Madame Danielle Ghanassia. 

Bronze with brown patina; signed, numbered and stamped with the foundry mark on the base. Conceived in 1899, this example cast in 1905  H. : 11 1/8 in. 

In 1900, Eugène Blot bought the edition rightslimited to 100 copies, 59 copies were cast. The cast started in 1905, and the same year, Eugene Blot exhibited the small and the big cast at his gallery, boulevard de la Madeleine in Paris, in December. 

Provenance : Sale Saint-Germain-en-Laye , Me MarielleDigard, Florilèges d’hiver, December 14, 1997, lot 80. 
Robert Chambourcy collection, France 
Sale Paris, Hôtel Drouot, Me Blanchet, June 23, 2006, lot 105. 
Private collection. 

The authenticity of this work has been confirmed by Mrs. Danièle Ghanassia.

La peinture moderne sera représentée par les grands noms de la période. Pour la fin du 19e siècle, on peut citer un portrait d’Edmond Renoir junior par Pierre-Auguste Renoir, de 1888, provenant de la collection Gaffé (estimation : 8 000 000 –
12 000 000 HK$ / environ 1 000 000 – 1 500 000 €). Deux toiles de Marc Chagall, dont un puissant Parade au village de 1964 (estimation : 13 000 000 – 18 000 000 HK$ / environ 1 500 000 – 2 000 000 €) réalisé dans un profond bleu, seront également proposé. Enfin, pour clore ce chapitre picturale, un Buste de femme par Pablo Picasso de 1967 (estimation : 20 000 000 – 30 000 000 HK$ / environ 2 500 000 – 3 000 000 €).

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Pablo Picasso (1881 – 1973)Buste de femme, huile sur toile, 1967. Estimation : HK$ 20 000 000 – 30 000 000 / environ 2 500 000 – 3 000 000 €

Datée et numérotée au dos "2.4.67. II"; 65 x 54 cm (25,59 x 21,26 in.) 

Provenance : Famille de l’artiste. 
Vente Londres, Sotheby’s, 29 mars 1988, lot 53. 
Vente Londres, Christie’s, 29 novembre 1995, lot 242. 
Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire. 

BibliographieC. Zervos, Pablo Picasso vol. 25 OEuvres de 1965 à 1967, Éditions « Cahiers d’art », Paris, 1972, n° 321, reproduit en noir et blanc p. 139. 
The Picasso Project, Picasso’s Paintings, Watercolors, Drawings and Sculpture, The Sixties II, 1964-1967, Alain Wofsy, Fine Arts, San Francisco, 2002, n°67-145, reproduit en noir et blanc, p. 315 

Oil on canvas; dated and numbered on the reverse; 25 5/8 x 21 1/4 in. 

Provenance:  Estate of the artist. 
Sale London, Sotheby’s, March 29, 1988, lot 53. 
Vente Londres, Christie’s, November 29, 1995, lot 242. 
Acquired at the above sale by the present owner. 

Literature: C. Zervos, Pablo Picasso vol. 25 OEuvres de 1965 à 1967, Éditions “Cahiers d’art”, Paris, 1972, n° 321 illustrated in black and white p. 139. 
The Picasso Project, Picasso’s Paintings, Watercolors, Drawings and Sculpture, 
The Sixties II, 1964-1967, Alain Wofsy, Fine Arts, San Francisco, 2002, n°67-145, illustrated in black and white p. 315. 

Art Contemporain, Les artistes contemporains asiatiques seront représentés avec le majestueux Timonier de Yan Pei-Ming, en 2000 (estimation : 2 000 000 – 3 000 000 HK$ / environ 250 000 – 300 000 €), mais aussi des oeuvres de Wang Yan Cheng de 2007, sans titre 15 (estimation : 600 000 – 800 000 HK$ / environ 70 000 – 90 000 €) ou de Wang Guangyi de 2005, Cartier (estimation : 700 000 – 1 000 000 HK$ / environ 80 000 – 120 000 €). Pour la France, on peut par ailleurs citer 4 huiles sur toile de Bernard Buffet, dont Le cri du clown de 1970 (estimation : 1 300 000 – 1 800 000 HK$ / environ 150 000 – 200 000 €).

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Yan Pei-Ming (Né en 1960) , Timonier, 2000, huile sur toile. Estimation : 2 000 000 – 3 000 000 HK$ / environ 250 000 – 300 000 €.

Signée en chinois et en Pinyin, datée et titrée au dos "Timonnier, 24.11.2000, Yan Pei-Ming"; 100 x 200 cm (39,37 x 78,74 in.) 

Provenance : Acquis directement auprès de l'artiste par l'actuel propriétaire.

Expositions : Mulhouse, Musée des Beaux-Arts/Villa Steinbach, "Yan Pei-Ming, Benner, Boucher, Bouguereau", juin-septembre 2002 

OIL ON CANVAS; SIGNED IN CHINESE AND PINYIN, DATED AND TITLED ON THE REVERSE 

Les Arts Décoratifs du XXe siècle (Art Déco et Design) et l’Art de Vivre (Hermès Vintage), sont deux domaines dans lesquels Artcurial a été pionnier. La maison de vente est aujourd’hui une référence internationale dans ces domaines d’expertises figureront dans la vente aux enchères organisée à Hong Kong. Côté mobilier, plusieurs pièces de design scandinave seront proposées à l’image des fauteuils iconiques Clams de Philip Arctander (estimation : 120 000 – 180 000
HK$ / environ 15 000 – 20 000 €), mais aussi des créations plus modernes comme du mobilier signé par Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti et des pièces naturalistes du designer Ado Chale avec une table basse Goutte d’eau de 1970 (estimation : 180 000 – 220 000 HK$ / environ 20 000 –  25 000 €).

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Ado Chale (Né en 1928), Table basse Goutte d’eau, 1970. Estimation : HK$ 180 000 – 220 000 / soit environ 20 000 – 25 000 €.

Épais plateau rectangulaire à angles arrondis en fonte de bronze à décor rayonnant en relief. Double piètement tripode de section carrée en acier noirci. Signé sur le bord du plateau. H.: 35 cm Plateau: 147 x 73,5 cm 

Ado CHALE (Born in 1928), "GOUTTE D'EAU" OCCASIONAL TABLE Circa 1970.
Rectangular with rounded corners cast bronze top with radiating decoration in relief; two enamelled steel platforms; engraved designer's mark "Chale" to the table edge - H.: 13 ¾ in. Table top: 58 x 29 in.

 

Enfin, Artcurial réunira également quelques sacs Hermès exceptionnels (Kelly et Birkin) en peaux exotiques. Une belle occasion d’illustrer la vitalité de cette spécialité que la maison de vente a contribué à faire reconnaitre à un niveau international. Les pièces de maroquinerie du sellier parisien sont aujourd’hui des objets de collections particulièrement recherchés.

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Hermès, Sac Birkin 35cm, en crocodile porosus (crocodylus porosus) noir, 2008. Estimation : HK$ 250 000 – 300 000 / soit environ 30 000 – 35 000 €

garniture en métal plaqué or, tirette, clochette, clefs, cadenas gainé, doublure en chèvre rouge comprenant une poche à fermeture sur glissière, une poche plaquée, double poignée. Année: 2008. Commande speciale.

Lot soumis à des restrictions d'exportations/importations par la Convention CITES. Ce lot sera délivré uniquement à Hong Kong. 

A Black porosus crocodile 35 cm "Birkin" bag; gilt metal hardware, key fob & sheathed padlock, a red goatskin lining, double handle. Year: 2008. Special order. 

Items subject to CITES import/export restrictions. This lot can be collected from our Hong Kong saleroom or shipped to addresses within Hong Kong only. 

Automobiles de collection Le département Artcurial Motorcars, l’un des fers de lance de la maison, leader en Europe continental pour les voitures de collection, sera également présent avec une légendaire Mercedes Benz 300 SL Roadster équipée de son hard-top. Elle est restée dans les mains du même propriétaire pendant 48 ans et sera proposée en exclusivité dans cette vente (estimation : 10 000 000 – 15 000 000 HK$ / 1 200 000 – 1 500 000 €).

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1961 Mercedes-Benz 300 SL Roadster avec Hard-Top. Estimation : 10 000 000 – 15 000 000 HK$ / soit environ 1,3 M – 1,95 M$

Carte grise allemande - Châssis n° 198.042-10-002973 - Moteur n° 198.980-10-003034 

Lorsqu'elle est dévoilée au Salon de New York, le 6 février 1954, la Mercedes 300 SL fait l'effet d'une bombe : non seulement elle présente des performances exceptionnelles pour l'époque, mais en plus ses ailes "papillon" fascinent le public et la presse. Coup de pub du constructeur de Stuttgart ? Pas seulement : c'est le châssis multitubulaire, dont les flancs sont assez hauts, qui a imposé cette configuration. Car la 300 SL est née directement de la compétition. 
En effet, pour Mercedes, la course automobile est une raison d'être, une tradition indissociable de sa culture et de son histoire et qui prend son origine dès le début du XXe siècle. La victoire fantastique de Christian Lautenschlager au Grand Prix de France 1914 ouvre la voie à une fabuleuse moisson de victoires ; le gros six-cylindres 7 litres à compresseur des SS et SSK fait merveille dans les longues courses de côte alpines et sur les épreuves routières comme les Mille Miglia que remporte Rudolf Caracciola en 1931. Mais c'est avec les fameuses "Flèches d'argent" que la technique Mercedes va trouver son apogée. La formule "750 kg" ouvre la porte à des bolides surpuissants, dont les moteurs à compresseurs dépassent 600 ch et dont la vitesse de pointe atteint 320 km/h. Mercedes utilise des métaux légers comme le magnésium et applique à la conception des moteurs des techniques de pointe : par exemple, la W154 de 1938 est équipée d'un V12 à quatre arbres à cames en tête, quatre soupapes par cylindres et deux compresseurs. Ainsi, Mercedes va rafler trois titres en 1935, 1937 et 1938 devant Auto Union, la marque dont les voitures sont conçues par Ferdinand Porsche.  

La Seconde Guerre mondiale donne un coup d'arrêt brutal à ce développement, mais Mercedes ne tarde pas à reconstruire son activité sportive une fois le conflit terminé. Les hommes de la compétition sont de retour, dont Rudolf Ulhenhaut, brillant ingénieur et pilote d'essai, et Alfred Neubauer, un des meilleurs patrons d'écurie de cette époque. Au début des années 1950, Fritz Nallinger, directeur de l'entreprise, lance le projet d'une voiture de compétition dérivée de la Mercedes 300 de tourisme, présentée au Salon de Francfort 1951. L'équipe course se met au travail et décide de créer spécialement pour cette machine un châssis en treillis tubulaire, très rigide et qui ne pèse que 50 kg. Les techniciens modifient le moteur six-cylindres 3 litres pour en extraire quelque 150 ch dans un premier temps et lui donnent une position très inclinée, de façon à conserver un capot bas. La forme sobre, profilée et enveloppante est signée Karl Kiffert : c'est la première 300 SL, une voiture purement destinée à la course et dont il est fabriqué moins de 10 exemplaires. Dès sa première sortie, elle impressionne la concurrence en décrochant la deuxième place aux Mille Miglia, en mai 1952, entre les mains de Kling et Klenk. Le succès se poursuit en juin aux 24 Heures du Mans, avec la victoire (H. Lang/F. Ries) et la deuxième place, et à la redoutable Carrera Panamericana, au mois de novembre, avec la victoire de Kling et Klenk. 

Ces résultats impressionnants donnent bien entendu des idées à ceux qui côtoient la marque et l'un des premiers à réagir est Max Hoffman, aux États-Unis ; basé sur la Côte Est et importateur des marques européennes les plus prestigieuses, il est très écouté par les constructeurs qui apprécient sa connaissance d'un marché très important pour eux. "Vous devriez produire une version tourisme de la 300 SL," dit-il à Mercedes. "Je suis prêt à en commander 1 000 exemplaires." Impressionnés, les Allemands mettent alors au point la version route de la 300 SL, modèle déjà célèbre grâce à ses multiples succès. 
Cette voiture reprend la conception de la version course, avec son châssis tubulaire, son moteur à injection directe (une première) et son carter sec, qui développe désormais 215 ch. La forme est assagie et enrichie des équipements indispensables à un usage confortable, avec une finition de haut niveau. La voiture est prête pour le Salon de New York, au début de l'année 1954, où elle est exposée à coté du nouveau et plus modeste cabriolet 190 SL. D'emblée, elle subjugue le public, par ses performances autant que par sa forme, née des impératifs de la course. A cette époque, les voitures capables d'atteindre 240 km/h en pointe en toute sécurité se comptent sur les doigts d'une main. Ce qui fera dire au magazine "Auto Sport" : "La ligne de la 300 SL est fabuleuse et ses performances presque incroyables", exemple parmi tant d'autres des propos dithyrambiques qui accompagnent la nouvelle Mercedes. De plus, elle est extrêmement bien fabriquée, ce qui la rend hors de prix : elle coûte deux fois et demi le prix d'une Jaguar XK 140. 
Pourtant, les commandes affluent et les stars se l'arrachent. Les noms des acheteurs sont un véritable "Who's who" des célébrités de l'époque : Pablo Picasso, le Shah d'Iran, le prince Ali Khan, Clark Gable, Tony Curtis, le roi Hussein de Jordanie... sans parler de fervents amateurs d'automobiles comme Luigi Chinetti ou Briggs Cunnigham. 

Pourtant, la Mercedes 300 SL "Papillon" n'a pas que des qualités et, au fil des mois, les utilisateurs commencent à se plaindre de son caractère très "radical" : il règne dans l'habitacle une chaleur parfois insupportable, d'autant plus que les vitres ne s'abaissent pas, et l'accès à bord n'est pas de la plus grande facilité pour une dame élégante portant une robe longue. Le même Max Hoffman, dont la première idée a largement fait ses preuves, revient à la charge : "Nous avons besoin d'une version roadster, décapotable, pour notre clientèle qui habite les régions où le beau temps domine," indique-t-il aux dirigeants de la firme allemande. Si ceux-ci ont jusque-là hésité à proposer un tel modèle, c'est qu'il représente un nouveau défi technique : les portes doivent descendre plus bas que celles de la version "Papillon", ce qui impose une modification du châssis. Les ingénieurs de Mercedes se penchent à nouveau sur la planche à dessin et parviennent à réduire la hauteur latérale de la structure, tout en conservant sa rigidité. Les modifications de style sont confiées à Friedrich Geiger, qui équipe la voiture d'un pare-brise panoramique et d'une capote qui s'escamote complètement à l'arrière. 
Présenté au Salon de Genève, en mars 1957, ce nouveau modèle remplace le coupé "Papillon" dont la production s'arrête en début d'année. En fait, le roadster représente l'aboutissement de la carrière de la 300 SL, le compromis idéal entre un pedigree sportif et le raffinement que peut attendre la clientèle de voitures de ce prix. Elle atteint 240 km/h et peut parfaitement entreprendre un voyages longue distance sans fatigue, dans une ambiance opulente, ou se rendre à l'opéra accompagné d'une compagne en robe du soir. Fabriquée avec beaucoup de soin, son comportement présente une grande sécurité grâce notamment à sa suspension arrière modifiée et, à partir de 1961, à ses nouveaux freins à disque. D'ailleurs, le roadster va connaître une carrière plus longue que celle du coupé et ne disparaîtra du catalogue qu'en 1961. Il ne sera jamais remplacé : la 230 SL qui lui succèdera n'offre évidemment pas la même lignée sportive. 
Le roadster Mercedes 300 SL représente donc un des modèles les plus emblématiques et les plus prestigieux de la marque à l'étoile, un jalon dans l'histoire de la doyenne des constructeurs automobiles, un croisement entre les deux caractéristiques symbolisant cette marque : le sport et le luxe. 

Le roadster 300 SL que nous présentons a été vendu neuf en Allemagne le 11 décembre 1961 à M. Josef Binder, de Scheidegg. Il s'agit d'un des derniers exemplaires produits, qui bénéficie donc des ultimes évolutions techniques et notamment des freins à disque. 
Extrêmement soigneux, le premier propriétaire va faire entretenir sa voiture tous les 3 000 km, avant de s'en séparer en mars 1965. Elle est alors cédée au bureau d'architecte de Horst Sautter, de Stuttgart, pour la somme de 18 000 DM, le compteur affichant 61 000 km et la voiture étant décrite dans l'annonce de vente comme superbe. Depuis cette date et jusqu'en 2013, ce roadster 300 SL va rester dans la même famille Sautter, ce qui est véritablement exceptionnel. Les différents documents qui l'accompagnent permettent d'en retracer l'historique d'entretien, parfaitement suivi. Le carnet d'entretien fait état d'opérations régulières jusqu'à 1969, la voiture ayant alors couvert plus de 110 000 km. 
On note quelques épisodes particuliers : ainsi, en juillet 1966, la voiture connaît un accrochage sur le côté gauche, ce qui entraîne la réparation de la porte et de l'aile. M. Sautter ayant pu se faire rembourser par l'assurance du montant des travaux, il est donc probable qu'il n'était pas responsable de cet accident. 
Au mois de septembre de la même année, la voiture bénéficie d'une révision approfondie pour un montant total de 7 600 DM. Au fil des ans, les différents éléments mécaniques de la voiture reçoivent les soins nécessaires pour en préserver l'état : moteur, boîte de vitesses, embrayage, freins, etc. Le dossier est extrêmement complet et permet de suivre tous les évènements de l'histoire de la voiture, petits et grands. Par exemple, une clé de rechange est demandée en 1975 et, en 1977, M. Sautter écrit à Daimler-Benz pour un choix de pneumatiques. Trois ans plus tard, la sellerie est refaite, le cuir passant de rouge à brun foncé. 
En 1982, la voiture subit à nouveau un léger accident, immédiatement réparé. Six ans plus tard, en 1988, le moteur bénéficie d'une révision par les établissements Hoeckle, à Stuttgart et, l'année suivante, alors que le compteur indique 140 000 km environ, différents travaux sont effectués sur ce roadster qui reçoit une peinture neuve, pour un total de facture de 20 000 DM. Des problèmes moteur apparaissent en 1992, ce qui débouche sur une restauration dans les établissements Kienle pour un montant de 36 000 DM. 
L'historique d'entretien reste régulier jusqu'en 1994. A cette date, il est vraisemblable que M. Sautter n'ait plus utilisé la voiture qu'occasionnellement. Sur la période 2001-2007, le dossier comporte quelques factures au nom de W. Sautter, autre membre de la famille et, en 2012, la voiture est immatriculée au nom de la fille de M. Horst Sautter, Diana, qui la garde jusqu'en 2013. 
Aujourd'hui, l'on peut déduire de cet historique particulièrement suivi et complet que le kilométrage apparaissant au compteur, 57 000 km, correspond à un total de 157 000 km d'origine. 
Ayant bénéficié d'une révision récente, cette voiture exceptionnelle est accompagnée notamment de son manuel d'utilisateur, de la "Datenkarte" d'origine, du manuel de pièces de rechanges, du résumé des principales interventions, d'un volumineux dossier de factures, de correspondances et de documentation diverse. De plus, ce roadster est équipé d'un hard-top, qui a été acheté par la suite. 

En soi, le roadster Mercedes 300 SL est une des voitures de sport les plus emblématiques de l'histoire de l'automobile, par son origine sportive doublée d'un raffinement hors du commun. Quand en plus il s'agit d'une voiture qui est restée dans la même famille pendant 48 ans et qui a connu un entretien extrêmement suivi et méticuleux, alors on est en présence d'une pièce véritablement exceptionnelle, dont l'intérêt ne saurait échapper aux investisseurs sérieux.  

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German title - Chassis n° 198.042-10-002973 - Engine n° 198.980-10-003034 

The Mercedes 300 SL caused a real stir when it was unveiled at the New York Motor Show on 6 February 1954 : not only did it offer exceptional performance for the period, but the " gullwing " doors were a hit with the public and the press. A publicity stunt by the manufacturer from Stuttgart ? Not really : the relatively high sides of the multi-tubular chassis required this configuration and the 300 SL was entirely shaped by the race track. 
Indeed racing, since the early 20th century, was an essential and inseparable part of Mercedes' culture and history. Christian Lautenschlager's amazing win in the 1914 French Grand Prix paved the way for a remarkable run of victories ; the large 7-litre six-cylinder supercharged engines of the SS and SSK were extremely effective in the long alpine hillclimbs and road rallies such as the Mille Miglia won by Rudolf Caracciola in 1931. However, it was with the famous " Silver Arrows " that Mercedes' technical expertise reached its peak. The " 750 kg " formula opened the door to highly powerful machines with supercharged engines producing over 600 bhp with a top speed of 320 km/h. Mercedes used lightweight materials such as magnesium and applied the most up-to-date technology to the design of the engines : for example, the 1938 W154 had a V12 engine with four overhead cams, four valves per cylinder and two compressors. This led Mercedes to claim three titles in 1935, 1937 and 1938, ahead of Auto Union, whose cars were designed by Ferdinand Porsche. 

The Second World War brought this development to an abrupt halt, although Mercedes was quick to restart racing activity when the war ended. The characters involved in competition returned, including Rudolf Ulhenhaut, the outstanding engineer and test driver, along with Alfred Neubauer, one of the best team bosses at that time. At the start of the 1950s, the director of the company, Fritz Nallinger, initiated a project for a racecar derived from the Mercedes 300 touring car first seen at the 1951 Frankfurt Motor Show. The competition department set about creating a special trellis-style tubular chassis that was rigid and weighed just 50 kg. The engineers developed the 3-litre six-cylinder engine to extract a further 150 bhp, installing it at a steep angle in order to retain the low bonnet. The simple, streamlined and enveloping form was the work of Karl Kiffert : this was the first 300 SL, a pure race car, of which less that 10 examples were built. From its first outing, the car made its mark on the competition, winning second place in the Mille Miglia in May 1952 in the hands of Kling and Klenk. The success continued in June in the Le Mans 24 Hours, with a victory (H. Lang/F.Ries) and second place, and in the formidable Carrera Panamericana, in November, with the victory of Kling and Klenk. 

These impressive results naturally gave ideas to those involved with the marque and one of the first to react was Max Hoffman, in the United States ; an importer of the most prestigious European marques based on the East coast, he was taken seriously by the manufacturers who valued his knowledge of a very important market. " You need to produce a touring version of the 300 SL, " he told Mercedes. " I am ready to order 1,000 examples. " Inspired by this, the Germans decided to develop a road-going version of the 300 SL, a model already renowned for its successes. 
This car used the design of the competition version, with its tubular chassis, its direct injection engine (a first) and dry sump, which then produced 215 bhp. The form was moderated and enhanced with a level of equipment necessary for comfortable use, finished to exacting standards. The car was completed in time for the New York Motor Show at the start of 1954, where it was displayed alongside the new and more modest 190 SL cabriolet. The public was enamoured with the car from day one, for its performance as well as its form, born out of the requirements of racing. At that time, the number of cars capable of achieving a top speed of 240 km/h in total security could be counted on one hand. The magazine " Autosport " said : " The styling of the 300 SL is fabulous and its performance almost unbelievable ", one of many rave reviews of the new Mercedes. Moreover, the car was extremely well built, and therefore expensive : it cost two and a half times that of a Jaguar XK140. 
Orders flowed in and celebrities rushed to sign up. The list of purchasers read like a " Who's Who " of the stars of the day : Pablo Picasso, the Shah of Iran, Prince Ali Khan, Clark Gable, Tony Curtis, King Hussein of Jordan... not to mention passionate automobile enthusiasts such as Luigi Chinetti and Briggs Cunningham. 

However, the Mercedes 300 SL " Gullwing " was not without its flaws and as the months went by, drivers started to complain about its very " radical " character : the heat in the cockpit could become unbearable, made worse by the fact that the windows couldn't be lowered. Also, access for a well-dressed lady in a long dress was far from easy. The same Max Hoffman, whose initial suggestion had proved its worth, intervened once again : " We need a convertible roadster version for our clients who live in areas where the weather is good, " he declared to those in charge of the German firm. There had been some hesitation about offering such a model, which presented a new technical challenge : the doors would need to descend lower than those on the " Gullwing " version, requiring a modification to the chassis. The engineers at Mercedes went back to the drawing board and succeeded in reducing the height of the structure at the sides without compromising the rigidity. Alterations to the design were carried out by Friedrich Geiger who gave the car a panoramic windscreen and a hood that retracted completely at the rear. 
Presented at the Geneva Motor Show in March 1957, this new model replaced the " Gullwing " coupé, which ceased production at the start of that year. The roadster was the culmination of the 300 SL's career, representing the ideal compromise between a sporting thoroughbred and a level of refinement expected by the clientèle of cars of this price. It was capable of 240 km/h and as perfectly suited to covering long-distances tirelessly in opulent surroundings, as escorting a passenger in evening dress to the opera. Built meticulously, the handling provided a high level of safety due to the modified rear suspension and, from 1961, new disc brakes. The roadster enjoyed a longer career than the coupé and remained in the catalogue until 1961. It was never replaced : the 230 SL that followed did not offer the same sporty styling. 
Thus, the Mercedes 300 SL roadster represents one of the marque's most emblematic and prestigious models, a milestone in the history of the doyenne of car manufacturers, unifying the two characteristics that symbolise the brand : sport and luxury. 

The 300 SL roadster we are presenting was sold new in Germany on 11 December 1961 to Mr Josef Binder, of Scheidegg. It was one of the last examples built, benefiting from the ultimate technical developments, including disc brakes. 
The first, extremely meticulous owner, had the car serviced every 3,000 km, before parting with it in March 1965. It sold to the architect's office of Horst Sautter, from Stuttgart, for the sum of 18 000 DM. The odometer recorded 61 000 km and the car was described in the sales advertisement as superb. From that date through until 2013, this 300 SL roadster remained in the hands of the Sautter family, an exceptional feature. The various documents with the car show the full and continuous service history. The service book records regular maintenance through to 1969 when the car had covered over 110 000 km. There are a few episodes worth noting : in July 1966, the car was involved in a collision on the left side, resulting in a repair to the door and wing. Mr Sautter was reimbursed for the cost of the work by the insurance company, suggesting that he was not responsible for the accident. 
In September of the same year, the car benefitted from an extensive service costing 7 600 DM. Over the years, various mechanical elements of the car received the necessary work required to maintain its condition, including to the engine, gearbox, clutch and brakes. The file is comprehensive, detailing every event, both large and small, in the car's history. For example, a spare key was requested in 1975 and, in 1977, Mr Sautter wrote to Daimler-Benz asking for a choice of tyres. Three years later, the upholstery was re-done, the leather changing from red to dark brown. 
In 1982, the car suffered another slight accident and was repaired immediately. Six years later, in 1988, the engine was serviced by Hoeckle in Stuttgart, and the year after, when the odometer stood at approximately 140 000 km, various work was carried out and the roadster was re-painted, for a total bill of 20 000 DM. Problems with the engine led to its restoration in the Kienle workshop costing 36 000 DM. The service history remained regular until 1994. By then, it is probable that Mr Sautter only used the car occasionally. Between 2001 - 2007, the file includes some bills addressed to W. Sautter, another member of the family and, in 2012, the car was registered in the name of Horst Sautter's daughter, Diana, who kept it until 2013. The full and continuous history of the car leads us to deduce that the mileage showing today of 57 000 km corresponds to a total of 157 000 from new. 
Having been recently serviced, this exceptional car comes with its owner's manual, the original "Datenkarte", the spare parts manual, the summary of major work, a comprehensive file of invoices, correspondence and documentation. In addition, the roadster comes with a hardtop, bought subsequently. 

The Mercedes 300 SL roadster is one of the most iconic sports cars in the history of the automobile, a car combining its origin in competition with an exceptional level of sophistication. When this comes in the form of a car that has been maintained regularly and meticulously in the hands of the same family for 48 years, it is clear that we are in the presence of a truly exceptional example, and one that won't fail to attract the attention of serious investors.