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Paire de vases pots-pourris d'époque Transition, Attribués à Jean-Claude-Thomas, vers 1760-1765. Estimation €20,000 – €30,000 ($22,136 - $33,203). Photo Christie's Image Ltd 2015

En porcelaine, Chine, XVIIIe siècle, la monture en bronze ciselé et doré, les bols à glaçure céladon à décor incisé de pétales et de rinceaux fleuris, le couvercle muni d'une prise grainée flanquée de chutes de laurier, la lèvre de la coupe inférieure ceinte d'une frise d'entrelacs agrémentée de guirlandes de laurier retenues par deux noeuds de ruban alternés de deux anses en large enroulement de feuilles d'acanthe, la base ornée d'une frise d'entrelacs rythmée de quatre patins formés d'enroulements à la grecque également appliqué d'une feuille d'acanthe.Hauteur: 25,5 cm. (10 in.) ; Largeur: 23,5 cm. (9 ¼ in.) ; Profondeur: 19 cm. (7 ½ in.)

Collection privée française.

NotesAvec leur porcelaine d’un remarquable vert pâle et translucide si caractéristique du céladon chinois du XVIIIe siècle montée précieusement en bronze doré, ces bols et couvercles incarnent la mode des bronzes d'ameublement qui atteint son apogée juste après le milieu du XVIIIe siècle. 
Ils sont conçus dans le goût à la grecque, la phase précoce et la plus avant-gardiste du néoclassicisme français. Le goût à la grecque, style éphémère, se développe dans les années 1750 en partie en réaction aux excès de la rocaille, et est promu par des ornemanistes influents tels que Louis-Joseph Le Lorrain, Charles de Wailly et Jacques-François Blondel. Ce style est également célébré par les écrits de Charles-Nicolas Cochin (mort en 1790) qui, à son retour d'Italie, publie des articles influents déplorant la surconsommation de la décoration rocaille. Le style grec que l’on pourrait qualifié d’austère gagne alors une grande popularité. En 1763, le baron de Grimm observe que: « ... Tout est à Paris à la grecque », indiquant ainsi que le goût s’est diffusé au-delà du cercle d'un petit groupe de mécènes et de collectionneurs (S. Eriksen, Early Neo-Classicism in France, Londres, 1974, p. 264).

La monture en bronze ciselé et doré des présents bols et couvercles est particulièrement proche des dessins de Jean-Charles Delafosse (mort en 1789), dont la publication Recueils de Modèles d'architecture, influence grandement le goût néoclassique au milieu des années 1760 jusqu’au début des années 1770 avant de pleinement former le néoclassicisme du style Louis XVI.
Composée de guirlandes, d’entrelacs et nœuds de ruban, surmontée d'épis de faîtage grainés, la monture des présents bols et couvercles est étroitement liée à l'œuvre du maître fondeur Jean-Claude-Thomas Duplessis (mort en 1783).
Fils de Jean-Claude Duplessis (mort en 1774), bronzier et orfèvre du Roi, Jean-Claude-Thomas est d'abord mentionné en 1752 quand il aide son père pour les modèles pour la manufacture de porcelaine de Vincennes. En 1765, il est enregistré comme maître fondeur en terre et sable. Son père est en activité jusqu'aux environs de 1763, date après laquelle il ne semble pas avoir eu de véritable atelier.
Les bronzes faits au milieu des années 1760 peuvent donc être considérés comme une collaboration entre le père et le fils, y compris, par exemple, ceux pour le célèbre « Bureau du Roi » exécuté par Jean-François Oeben (mort en 1763 ) et Jean- Henri Riesener (mort en 1806) entre 1760 et 1769 (S. Eriksen, Early Neo-Classicism in France, Londres, 1974, pp. 174-175). Ce bureau monumental richement monté de bronze est agrémenté d'un mélange de bronzes «antiques» tels que les guirlandes, vases et rubans torsadés en combinaison avec des motifs plus classiques, tels que les bras de lumière si caractéristiques de l'œuvre de Duplessis.
Les principaux clients des Duplessis père et fils figurent comme les amateurs les plus illustres du XVIIIe siècle ; on y compte, outre Louis XV, Lazare Duvaux, Augustin Blondel de Gagny et Laurent Grimod de la Reynière.
Les vases constituent une part importante de l'œuvre de Duplessis fils. Il publie deux séries de vases en 1775-1780 ( P. Verlet , Les bronzes dorés français du XVIII siècle, Paris, 1999, p. 415 ) et l'Almanach des Artistes de 1777 répertorie qu'il est un «bon dessinateur» et «travaille d'apres ses dessins».

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A PAIR OF LATE LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED CHINESE PORCELAIN POTS-POURRIS, ATTRIBUTED TO JEAN-CLAUDE-THOMAS DUPLESSIS, CIRCA 1760-1765. Photo Christie's Image Ltd 2015

The Celadon incised with petals and flowers overall, the domed lid topped with a grained final, above a piercedentrelacs frieze decorated with ribbon tied on each side and laurel garlands, flanked by scrolling handles, on a spreading base decorated with Greek keys

NotesWith their pale green and translucent bodies of precious 18th Century Chinese celadon porcelain mounted in precious gilt-bronze, these bowls and covers epitomize the fashion for bronzes d’ameublement which reached its zenith just after the middle of the 18th Century. 
They are conceived in the goût grec, the earliest and most avant-garde phase of French neo-classicism. The fashionable, short-lived, goût grec style developed in the 1750s, in part as a reaction to the excesses of the rocaille, and was promoted by influential designers such as Louis-Joseph Le Lorrain, Charles de Wailly and Jacques-François Blondel. The style was further fuelled by the writings of Charles-Nicolas Cochin (d. 1790) who, upon his return from Italy, published influential articles lamenting the overuse of rocaille decoration. The austere Greek style soon gained wide popularity. Writing in 1763, Baron de Grimm observed: '...tout est à Paris à la grecque' , an indication that the taste had spread well beyond the circle of a small group of patrons and collectors (S. Eriksen, Early Neo-Classicism in France, London, 1974, p. 264). 

The mounts of the present bowls and covers are particularly close to the designs of Jean-Charles Delafosse (d. 1789), whose publication, Recueils de modèles d’architecture, greatly influenced neoclassical taste in the mid-1760s to early 1770s prior to fully formed Louis XVI neoclassicism. 
Comprising of garlands, entralac and ribbon-ties and surmounted by berried finials, the mounts of the present bowls and covers relate closely to the oeuvre of the maître fondeur Jean-Claude-Thomas Duplessis (d. 1783). 
Son of Jean-Claude Chambellan Duplessis (d. 1774), bronzier and orfèvre du Roi, Jean-Claude-Thomas is first mentioned in 1752 when he was assisting his father in making models for the porcelain manufactory at Vincennes. In 1765 he is registered as maître fondeur en terre et sable. His father seems to have been active until circa 1763 after which date he does not seem to have had any real workshop. Bronzes made during the mid-1760s may therefore be considered as a collaboration of father and son including, for instance, those for the celebrated ‘Bureau du Roi’ executed by Jean-Francois Oeben (d. 1763) and Jean-Henri Riesener (d. 1806) between 1760 and 1769 (S. Eriksen,Early Neo-Classicism in France, London, 1974, pp. 174-175). This monumental and richly-mounted bureau is embellished with a mixture of ‘antique’ bronzes such as garlands, vases and ribbon-twist in combination with earlier motifs such as the scrolling candle-branches in sweeping and sinuous shapes characteristic of Duplessis’ oeuvre. 
Duplessis père and fils’ principle clients were some of the most illustrious amateurs of the 18th Century and included, besides Louis XV, Lazare Duvaux, Augustin Blondel de Gagny and Laurent Grimod de la Reynière.
Vases were a significant part of the oeuvre of Duplessis fils and he published two series of vases in 1775-80 (P. Verlet,Les bronzes dorés français du XVIII siècle, Paris, 1999, p. 415) and the Almanach des Artistes of 1777 lists that he was a ‘bon dessinateur’ and ‘travaille d’apres ses dessins’.

Christie's. THE EXCEPTIONAL SALE, 4 November 2015, Paris