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L’aiguière en or Beckford-Béhague par Henri Auguste, Paris, 1790, d’après un dessin attribué à Jean-Guillaume Moitte. Estimation: €1,200,000 – €1,800,000 ($1,321,801 - $1,982,702)Invendu. Photo Christie's Image Ltd 2015

De style néoclassique, unie sur piédouche à bordure de feuilles en rappel sur le bas du corps, la panse gravée d'une frise de rinceaux, de griffons et de médaillons avec une tête de Mercure et deux profils de Janus, entourée de frises de perles en rappel sur le bord du col, l'anse double en ébène en forme de serpent, l'attache en tête de femme, poinçons dans le fond et dans le bord: charge, jurande millésimée et maître-orfèvre deux fois; sur le bord: décharge; gravé dans le piédouche "AUGUSTE ORFEVRE DU ROI A PARIS 1790", dans son écrin en maroquin rouge doré aux petits feux, l'intérieur en velours crème
Hauteur: 29 cm. (11 ½ in.)
Poids brut: 857 gr. (27.55 oz.) 

ProvenanceCommandée par William Beckford (1760-1844) à Henri Auguste vers 1789
Probablement à Fonthill Abbey en 1800, décrite dans un article du The Gentleman's Magazine au sujet d'un dîner donné en l'honneur de l'Amiral Nelson
Conservé par William Beckford, après la vente de Fonthill Abbey et son intérieur en 1823, puis par descendance à sa fille, 
Susan Euphemia, duchesse de Hamilton (1786-1859), épouse d'Archibald, 10ème duc d'Hamilton (1767-1852), conservée à leur résidence de Londres au 12 Portma Square,puis par descendance à leur fils,
William, 11ème duc de Hamilton (1811-1863), conservée dans sa résidence de Hamilton House, Arlington Street, Londres puis par descendance à son fils,
William, 12ème duc de Hamilton (1845-1895), envoyée à Hamilton Palace vers 1876,
Vente The Trustees of His Grace the Late Duke of Hamilton, Christie's Londres, 4 novembre 1919, lot 140 (achat 640£ par Helft).
Avec Jacques Helft (1919-vers 1926) puis (après 1926-1929).
Collection Puiforcat.
Martine-Marie-Pol de Béhague, comtesse de Béarn (1869-1939), achat chez Monsieur Helft en juin 1929, puis par descendance.

Littérature- The Gentleman’s Magazine, ‘Account of Lord Nelson’s Reception at Fonthill’, 1801, p. 297.
- J. Britton, Graphical and Literary Illustrations of Fonthill Abbey, Wiltshire, London, 1823, p. 30.
- English & Son of Bath and Robert Hume, Inventory of the Contents 19 and 20 Lansdown Crescent, tower and farm, 1844, Bodleian Library, Beckford Mss. C. 58, Book 1, p. 21: ‘Gold Plate, A very elegant ewer by H. Auguste 27.0’.
- Undated Inventory, probably 1858-1860, made after the death of Susan Euphemia Beckford, Dowager Duchess of Hamilton in 1858, NRAS 332/M12/51, f. 42: ', 'a Gold Ewer with ebony handle by Auguste'.
- Inventory of Hamilton Palace, 1876, Hamilton Town Library Mss. 4551, p. 315: ‘Articles of Vertu, China, Miniatures in the Plate Room (not on Plate List), Ornaments, Agates, Rare China removed from Portman Square to Hamilton House’, ‘A Gold Ewer Richly Engraved Bands, Serpent shaped Wood Hand fixed to a female Head Height 9½ in’.
- H. Nocq, P. Alfassa and J. Guérin, Orfèvrerie Civile Française, Paris, 1926, vol. 2., pl. 66, décrite comme appartenant à Monsieur Puiforcat.
- E. A. Jones, Old Silver of Europe and America from Early Times to the Nineteenth Century, London, 1928, p. 176.
- J. Helft, Vive la Chine, Mémoires d’un antiquaire, Monaco, 1955, pp. 86-87
- M. Snodin and M. Baker, ‘William Beckford's Silver II’, The Burlington Magazine, December 1980, vol. 122, no. 933, p. 827.
- D. Ostergard ed., William Beckford (1760-1844): An Eye for the Magnificent, New York, 2001, p. 333. 

ExhibitionOrfèvrerie Civile Française, Musée des Arts Décoratifs, Paris, 1926, n°221, pl. 66.

 

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H. Nocq, P. Alfassa and J. Guérin, Orfèvrerie Civile Française, Paris, 1926, vol. 2., pl. 66.

BECKFORD BEHAGUE GOLD EWER
A LOUIS XVI GOLD EWER
MARK OF HENRI AUGUSTE, PARIS, 1790, the design attributed to Jean-Guillaume Moitte
In the neo-classical style, on a pedestal foot with foliate border, the lower body chased with a band of palm leaves, the shoulders applied with a cast band of foliate scrolls with griffins and three portrait medallions of Mercury and Janus between, framed with beaded borders, the wood handle of serpent form with finely cast emale's mask terminal, marked on reverse of the rim: town, date-letter and maker's mark twice; on the rim: décharge; engraved on the foot rim: AUGUSTE ORFEVRE DU ROI A PARIS 1790; in red leather fitted case with cream velvet lining

 

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William Beckford (1760-1844). © National Trust

William Beckford (1760-1844)
William Beckford gentleman collectionneur, voyageur et amateur architecte, hérite à l’âge de 10 ans à la mort de son père Alderman (1709-1770), de l’immense fortune familiale acquise par l’exploitation de plantations de sucre en Jamaïque. Cet héritage va faire de lui le "fils le plus riche d’Angleterre". Sa mère, très protectrice, décide de l'éduquer à la maison avec des professeurs dont des artistes et architectes tels que Alexander Cozens ou Sir William Chambers. Il révèle très tôt une prédisposition à l’écriture et publie son roman néo-gothique Vathek en 1782. Sa fascination pour l’exotisme, la musique, les arts, la peinture et la littérature contribueront à faire de lui l’un des plus grands collectionneurs anglais du XVIIIème siècle. Le scandale qui entoure son amitié avec le jeune William Courtenay (1768-1835), fils du comte du Devon, l'oblige à quitter l'Angleterre en 1785. Ses voyages "forcés" vont lui permettre d’acquérir des objets extraordinaires chez des antiquaires, des artisans et artistes. Beckford captive l’attention du public avec la construction de l’abbaye de Fonthill qui vient remplacer la maison de son père Fonthill Splendens. Cette folie néo-gothique construite pour y exposer ses collections, est dessinée par l’architecte James Wyatt, géomètre royal des travaux publics.
Ses collections seront dispersées au cours de plusieurs ventes tenues de son vivant et après sa mort. Beckford compte parmi les collectionneurs les plus célèbres de l'histoire et cette passion a largement été étudiée par de nombreux historiens et explorée dans une exposition à Londres en 2001 et New York en 2002 intitulée William Beckford, An Eye for the Magnificent.

Henri Auguste (1759-1816)
Henri Auguste est le fils d'un des plus grands orfèvres de sa génération, Robert-Joseph commissionné par les rois de France, Portugal, Danemark, Hanovre (voir lot 500) ainsi que par Catherine II de Russie. Henri se révèle à la hauteur de cet héritage paternel.
Reçu maître en avril 1785, il devient comme son père orfèvre du roi. Malgré ce statut de fournisseur officiel, il parvient à survivre dans le climat difficile des années révolutionnaires où ce titre n’est plus une bonne publicité.
Durant l'Empire, il reçoit d’importantes commandes de la ville de Paris dont le Grand Vermeil, le service présenté à l'empereur et dont une grande partie est aujourd'hui exposée au musée national des châteaux de la Malmaison. Il reçoit la médaille d'or à l'Exposition publique des produits de l’industrie française de 1802 et collabore en 1804 avec le bijoutier Aubert à la fabrication de la couronne en or du sacre. Auguste est un précurseur et un talentueux médaillier dont le plus bel exemplaire est la médaille commémorant la bataille de Marengo. 
Malheureusement il ne gère pas bien ses affaires et en 1806 ses dettes se montent à plus de 1.3 millions de francs. Peut-être est-ce à cause du décès prématuré de son épouse qui tenait ses finances? Ses créditeurs lui donnent pourtant huit ans pour redresser ses affaires mais il décide néanmoins de fuir avant d'être arrété à Dieppe en 1809 alors qu'il tentait d'embarquer sous une fausse identité, sur un navire chargé de son stock et ses biens à destination de l'Angleterre. Il est alors déclaré en faillite frauduleuse et condamné à six ans de travaux forcés. Il meurt à Port-au-Prince en septembre 1816.

William Beckford et Henri Auguste
L’orfèvrerie de William Beckford, tout comme celle du prince régent et du roi de France, était dans le goût néo-classique. A sa majorité il avait déjà commandé à l'orfèvre londonien John Scofield ses premières pièces toutes dans le style Robert Adam. Mais c'est Auguste qui devait lui fournir ses pièces les plus importantes dans le style néo-classique français d’après les dessins de Jean-Guillaume Moitte. 
Le service de toilette de Madame d'Aranda est la première oeuvre de Moitte et Auguste qu’il admire à Madrid en 1787 et qu'il décrit comme le chef d'oeuvre le plus exquis qu'il ait jamais vu ( M. Snodin and M. Baker, ‘William Beckford's Silver I’, The Burlington Magazine, November 1980, vol. 122, no. 932, pp. 738-739).
Beckford s'installe à Paris en 1788 d'abord à l'hôtel Prince de Galles puis à l'hôtel d'Orsay rue de Varennes. Peu de temps après il achète à Auguste des assiettes à dessert et un support de théière. Ce premier achat marque le début de leur relation, ce qui n’empêche pas Beckford de rester méfiant vis à vis d’Auguste qu’il trouve "fuyant comme une anguille" et "que l'on ne peut poursuivre qu'avec prudence et persévérance". Il lui commande quand même au moins trois aiguières en vermeil, deux bassins assortis, cette aiguière en or, ainsi qu'un coffret décoré d’une figure de Morphée aujourd’hui au Toledo Museum of Art en Ohio. Le grand support en or a malheureusement disparu mais il reste encore une aiguière et son bassin en vermeil dans la Gilbert collection exposée au Victoria & Albert Museum à Londres et une autre aiguière et son bassin dans une collection privée. 

Cette aiguiere en or est commandée durant la période la plus dispendieuse de Beckford au cours de laquelle il achète non seulement de nombreuses oeuvres d'art mais finance aussi d’importants aménagements à Fonthill Spendens, la maison de son père et cela alors qu’il est en exil à Lisbonne, Madrid puis Paris. Philip Hewat-Jaboor remarque dans son chapitre 'Fonthill House, one of the Most Princely Edifices of the Kingdom' pour D. Ostergard, op. cit., 2001, p. 60, que l'été 1787 fût une période d'intense activité à Fonthill avec l’installation de nouvelles cheminées créées par John Soane ainsi que ses plans pour une nouvelle galerie. Soane lui dessine aussi un lit d'apparât dans le style grec. John Britton raconte, dans Graphical and Literary Illustrations of Fonthill Abbey, Wiltshire, Londres, 1823, p. 30, le banquet tenu par Beckford à Fonthill en l'honneur de Lord Nelson le 23 décembre 1800 et reprend une description du grand salon jaune dans les appartements privés de Beckford dans l'aile Sud-Ouest, telle qu'elle fut donnée dans The Gentleman's Magazine publié en avril 1801:"Les invités étaient reçus dans une magnifique pièce tendue de damas jaune et meublée de précieux cabinets du Japon. Il était impossible de ne pas être émerveillé par les buffets garnis de plats, coupes, vases et aiguières d'or." 

 

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Jean-Guillaume Moitte (1746-1810), dessin pour une aiguière avec une anse en masque grec. © Christie’s images Limited (2008)

 

Jean-Guillaume Moitte et Henri Auguste 
Jean-Guillaume Moitte (1746-1810) originaire de Paris était le fils de Pierre-Etienne Moitte, graveur et académicien. Le jeune Moitte fit son apprentisage de 1761 à 1764 chez le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle avant de rejoindre l'atelier de Jean-Baptiste Lemoyne, le scultpteur préféré de Louis XV. Ces apprentissages ainsi que les grandes commandes, notamment les décors des barrières de péages construites autour de Paris de 1785 à 1789 lui permettent d’établir sa réputation. Moitte est surtout marqué par son passage à l'académie de Rome où ses dessins de bas-reliefs, vases, urnes et sarcophages romains influenceront toute son oeuvre notamment dans ceux qu'il réalise pour Auguste. Ces objets qui utilisent le répertoire de la Rome antique sont parmi les plus beaux dans le style néo-classique du XVIIIème siècle. 
J. Lebreton dans sa Notice historique sur la vie et les ouvrages de Moitte, Paris, 1812, p. 30. note que Moitte allait exécuter "plus de mille dessins de ce genre pour Henri Auguste". Malgré son succès, ses méthodes de travail inhabituelles et son manque de fiabilité le mèneront à la faillite et à sa condamnation. Jean-Baptiste-Claude Odiot va alors acquérir ces dessins dont ceux de Moitte et s'en inspirer pour ses commandes impériales.

L'histoire de l'aiguière
La collection d'orfèvrerie de William Beckford sera largement dispersée lors de la vente de 1823, les descriptions faites par Beckford lui-même parlent d'aiguières et plats dans le goût antique par le grand sculpteur 'Moiette' et éxecutés par H. Auguste "dans le style de la plus parfaite excellence". (D. Ostergard, op. cit., 2001, p. 333, no. 51.) prouvant l'admiration de Beckford pour Moitte et Auguste.
Beckford conservera cette aiguière tout comme le contenu de ses appartements privés dans l'aile sud-ouest de Fonthill jusqu'à sa mort. Il a été suggéré que c’est cette aiguière qui figurait dans le portrait de Willes Maddox représentant Beckford sur son lit de mort, mais l'image est trop floue pour en être certain. 
A sa mort, l'aiguière revient à sa fille Susan Euphemia, l'épouse du 10ème duc d'Hamilton. Elle sera conservée dans leur maison de Portman Square comme l'indique les inventaires de famille rédigés probablement après la mort de Susan Euphemia. Elle sera ensuite transférée dans la maison du 11ème duc à Arlington Street achetée en 1852. Hamilton House sur Arlington Street sera vendue à la mort du 11ème duc en 1863. Il est ensuite probable que l'aiguière ait été envoyée dans leur propriété d'Hamilton Palace en Ecosse où elle est mentionnée dans les inventaires de 1878. Elle restera dans la famille après la vente d'Hamilton Palace en 1883 pour être finalement vendue en 1919 chez Christie's où elle est achetée par le marchand Jacques Helft qui la vend à la comtesse de Béhague. Helft dans son autobiographie raconte comment la maîtresse d’un client américain à qui il avait vendu l’aiguière dans les années 1920, devait se présenter dans son magasin et lui demander de la racheter! (J. Helft, Vive la Chine, Mémoires d’un antiquaire, Monaco, 1955, pp. 86-87).  

 

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Catalogue de vente, Christie’s Londres, 4 novembre 1919.

 

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Courrier de Jacques Helft adressé à la comtesse de Béhague, 1929.

Comtesse de Béhague (1869-1939)
Richissime héritière, la comtesse de Béhague figure parmi les collectionneurs les plus importants du début du XXème siècle, au même titre qu'Arturo Lopez-Willshaw, Madame Wentworth ou encore Ricardo Espirito Santo da Silva. Amie des artistes, mécène, elle avait également un oeil expert pour trouver la perle rare dans les ventes publiques ou dans les collections privées pour décorer son hôtel particulier du 123 rue Saint-Sominique (aujourd'hui ambassade de Roumanie). Ainsi il n'était pas rare que les plus grands marchands parisiens et européens viennent lui présenter chez elle leurs dernières acquisitions en exclusivité. Collectionnant aussi bien du mobilier, des antiquités, de la porcelaine, elle acquit également de magnifiques pièces d'orfèvrerie auprès du marchand Jacques Helft qui relate dans ses mémoires quelques anecdotes à son sujet "La comtesse de Béhague avait un instinct inégalé des belles choses, elle était toujours, dès l'entrée, attirée comme par un aimant par l'objet le plus rare et le plus précieux. Plusieurs fois, je suis arrivé trop tard à une bonne adresse qu'on venait de me donner: elle était là, triomphante du tour qu'elle avait pu me jouer." (J. Helft, op.cit., p. 137). 
Dans une lettre datée du 31 mai 1929, Jacques Helft évoque notre aiguière en or qu'il a mise de côté pour la comtesse selon ses instructions. En décembre de la même année, après l'achat, Helft adresse à nouveau un courrier pour donner des précisions quant à la provenance du magnifique objet, signe de leur bonne entente et de leur respect mutuel. 
La comtesse léguera toute sa collection à son neveu Hubert de Ganay, et notre aiguière était restée dans la famille depuis cette époque.

Christie's souhaite remercier le Dr Bet. Mcleod pour son aide dans la rédaction de cette notice. 

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Martine-Marie-Pol de Béhague (1869-1939).

William Beckford (1760-1844)
William Beckford, renowned connoisseur, traveller and gentleman architect, inherited great wealth at the age of ten on the death of his father Alderman Beckford (1709-1770). The family’s fortune had been founded on their extensive Jamaican sugar plantations and Beckford’s prodigious wealth led him to be described as ‘England’s wealthiest son’. His protective mother had him educated at home. His tutors included artists and architects, namely Alexander Cozens and Sir William Chambers. His literary talents were evident from an early age – he published his most celebrated gothic novel Vathek in 1782. Throughout his life he displayed a fascination with the exotic, music and the finest works of art, paintings and books. He is seen as perhaps the greatest and most celebrated collector of the 18th century in Britain. The scandal surrounding his friendship with the young William Courtenay (1768-1835), son of the Earl of Devon, drove him abroad in 1785. During his many travels this aesthete acquired extraordinary pieces, both old and newly made, often going directly to the artisans and artists themselves. Beckford captured public attention through his replacement of his father’s house Fonthill Splendens with the massive Fonthill Abbey. This gothic masterpiece, built to house his collections, was designed by the architect James Wyatt (d.1813), Surveyor of the Royal Architectural Board of Works. Although much of the collections were dispersed through a number of sales, both during his lifetime and after his death, they were very well documented. They have been the subject of an almost unrivalled level of research by many eminent scholars. The full range of Beckford’s life and his collecting was celebrated with an exhibition in London and New York in 2001 and 2002. Entitled William Beckford (1760-1844): An Eye for the Magnificent, the exhibition and accompanying catalogue examined his life and collecting in great depth. 

Henri Auguste (1759-1816)
Henri Auguste was the son of the distinguished goldsmith and bronzier-ciseleur Robert-Joseph Auguste (1723-1805), who had supplied a number of magnificent dinner-services to the kings of France, Portugal, Denmark, Great Britain and Hanover (see lot 500) and the Empress of Russia. His son’s career was to be no less illustrious in the early years. Henri was admitted master and registered his first mark in April 1785. He followed his father in becoming royal goldsmith to King Louis XVI. By the late 1780s he was describing himself as ‘Auguste Fils Orfèvre du Roi.’ He established his reputation in the years leading up to the French Revolution and in spite of his previous role as royal goldsmith he was able to survive the difficult years between the Revolution and the establishment of the Empire. 
Under Emperor Napoleon Auguste carried out commissions for the city of Paris including the Grand Vermeil, the famous service presented to the Emperor, much of which is now at the Musée National des Châteaux Malmaison. He was awarded a Gold Medal at the Industrial Exhibition in 1802 and created Napoleon's imperial gold crown for the emperor’s coronation in 1804 in collaboration with the jeweller Aubert. Auguste was a keen innovator and a celebrated medalist, perhaps his admired medal being that struck to commemorate Napoleon's victory at Marengo.
By 1806, however, Auguste's debts exceeded 1.3 million francs. This may have been the result of the early death of his wife, who had been his business manager. Although Auguste’s creditors gave him eight years to put his affairs in order, he was caught at Dieppe in 1809 attempting to ship all his stock and valuables to England under an assumed name. Auguste was declared fraudulently bankrupt and sentenced to six years in irons. He died in Port-au-Prince in September 1816. 

William Beckford and Henri Auguste
In common with the Prince Regent, later King George IV of Great Britain and the French King Louis XVI, William Beckford’s silver of the late 18th century was designed in the high neo-classical style. At the time of his coming of age he acquired silver by the London goldsmith John Scofield. Impressive and of great quality much of it was in the style of the architect Robert Adam, however, it was the Paris goldsmith Henri Auguste (1759-1816) who would supply him with his grandest pieces in the refined French neo-classical style. These commissions were after designs by the sculptor Jean-Guillaume Moitte (1746-1810). Beckford had first encountered Auguste and Moitte’s work whilst in Madrid in 1787. He saw and commented on a magnificent toilet-service made for Madame d'Aranda, describing it as ‘designed by Moite [sic] the sculptor and executed by Auguste… by far the most exquisite chef d’oeuvre of the kind I ever saw’, (M. Snodin and M. Baker, ‘William Beckford's Silver I’, The Burlington Magazine, November 1980, vol. 122, no. 932, pp. 738-739). Beckford had arrived in Paris in 1788 taking up residence in the Hôtel du Prince de Galles, however, he soon moved to the Hôtel d’Orsay on the rue de Varenne. Not long after he bought dessert-plates and a teapot-stand from Auguste, the start of a highly productive if guarded relationship. Beckford described him to his agent as 'a slippery eel' adding 'you cannot pursue the shiny reptile with too much caution or perseverance'. Despite Beckford’s reservations with regard to Auguste’s personality he would commission no less than three silver-gilt ewers, two matching basins and the gold ewer, the present lot, amongst other pieces including a casket applied with the figure of Morpheus. The gold stands also created for him by Auguste are not known to have survived but a silver-gilt ewer and basin is in the Gilbert Collection, The Victoria and Albert Museum, London and another ewer and basin is in a private collection. The Morpheus Casket is in the Toledo Museum of Art, Toledo, Ohio.
The gold ewer dates from a period when Beckford was exceptionally acquisitive, collecting works of art, commissioning new works and remodelling his father’s great house, Fonthill Splendens, despite spending much of the period abroad, first in Lisbon and Madrid and as mentioned above in Paris. Philip Hewat-Jaboor notes in his chapter ‘Fonthill House: “One of the Most Princely Edifices of the Kingdom” for D. Ostergard, op. cit., 2001, p. 60, that the summer of 1787 was a period of great activity at Fonthill the architect with John Soane designing new fireplaces and delivering designs for a new picture gallery. Soane also created a state bed for the house in the monumental ‘Greek’ style. John Britton’s,Graphical and Literary Illustrations of Fonthill Abbey, Wiltshire, London, 1823, p. 30, gives an account of the banquet held by Beckford at Fonthill Abbey in honour of Lord Nelson on 23 December 1800. The description is based on an article in The Gentleman's Magazine first published in April 1801. It describes Beckford's private apartments in the South West wing, and specifically here to the Yellow Drawing Room:
'A magnificent room, hung with yellow damask, and decorated with cabinets of the most precious Japan, received the assembly. It was impossible not to be struck, among other objects, with its credences (or antique buffets), exhibiting much treasure of wrought plates, cups, vases, and ewers of solid gold'.

Jean-Guillaume Moitte (1746-1810) and Henri Auguste 
The Parisian born Moitte (1746-1810) was the son of the artist Pierre-Etienne Moitte, an Academician and professional engraver. From 1761 to 1764 the young Moitte trained under the sculptor Jean-Baptiste Pigalle and then transferred to the atelier of Jean-Baptiste Lemoyne, the favourite sculptor of King Louis XV. This training and various important commissions, including the decoration for Parisian toll barriers, built around Paris between 1785 and 1789 to raise revenue for the government, were the grounding on which he built his further career. The period that most influenced Moitte's oeuvre was his time at the Académie in Rome. There he sketched Roman reliefs, vases, urns and sarcophagi. This study of the art of antiquity inspired him on his return to France and enabled him to create the finely drawn designs for Auguste. These vessels and objects, which quote from the ornament of ancient Rome, are some of the purest neo-classical works of the late 18th century. J. Lebreton in his Notice historique sur la vie et les ouvrages de Moitte, Paris, 1812, p. 30 notes that Moitte is said to have executed ‘plus de mille dessins de ce genre’ for Henri Auguste. Despite Auguste's success his unreliability and unorthodox business operations ultimately lead to his bankruptcy and imprisonment as discussed previously, (D. Ostergard, op. cit., 2001, p. 333, no. 51). It was then that the vast majority of Auguste's studio drawings were acquired by his rival Jean-Baptiste-Claude Odiot who continued to create exceptional works to Moitte's designs for the Emperor and his family. 

The History of the Ewer
A large quantity of William Beckford's silver was dispersed by sale in 1823. The sale catalogue, written by Beckford himself, describes 'ewers and tazze' as being 'after the antique, by the celebrated French sculptor Moiette [sic] and executed by H. Auguste... in a style of superior excellence', (D. Ostergard, op. cit., 2001, p. 333, no. 51) further evidence of Beckford's admiration for Moitte and Auguste's oeuvre. The gold ewer was retained by Beckford, as were much of the contents of his private apartments in the South West wing. It has been suggested it is one of the vessels which appear in Willes Maddox’s painting of his death bed, however, a lack of detail makes it impossible to be certain. After Beckford’s death the ewer passed to his daughter Susan Euphemia, the wife of the 10th Duke of Hamilton. It is interesting to note that instead of being sent to Hamilton Palace it was preserved in the Hamilton’s London house in Portman Square, as recorded in the inventory thought to have been prepared after the death of Susan Euphemia. It was then transferred to the 11th Duke’s London house in Arlington Street, which he had acquired in 1852. Hamilton House, Arlington Street was sold after the 11th Duke’s death in 1863. It is probable that the ewer was then sent to the Duke’s Scottish seat Hamilton Palace around this time. It was recorded there in the inventory of 1878. It remained with the family after the 1883 Hamilton Palace sale but was finally sold in 1919. It was bought by the renowned French silver dealer Jacques Helft being eventually acquired by the celebrated collector the Martine-Marie-Pol de Béhague, comtesse de Béarn. (J. Helft, Vive la Chine, Mémoires d’un antiquaire, Monaco, 1955, pp. 86-87).

Comtesse de Béhague (1869-1939)
The Countess of Behague was one of the most important collector at the beginning of the 20th century like Arturo Lopez-Willshaw, Mrs Wentworth or Ricardo Espirito Santo da Silva. A rich patron and friend to artists, she had a keen eye for the exceptional and would purchase at auction or from private collections to furnish her hôtel particulier 123 rue Saint-Dominique (today the Romanian embassy). She had a privileged relationship with all dealers who would come and present their latest acquisitions. She collected furniture, antiquities, porcelain as well as silver bought especially from the dealer Jacques Helft who recounts in his autobiography that the countess had a natural instinct for beautiful things and was always attracted like a magnet, as soon as she entered his shop, by the rarest and most precious objects. He adds that on many occasions, he would turn up too late to buy an object and found her already there proud and amused to have made the deal. (cf J. Helft, op.cit., p.137).
Jacques Helft mentions this gold ewer in a letter dated 31st May 1929 adding that he has put it aside for the Countess as instructed while in another one dated December, he gives her further details regarding the provenance.
The Countess bequeathed her collection to her nephew Hubert de Ganay where the ewer remained until now by descent.

Christie's is grateful to Dr Bet. McLeod for her assistance in the preparation of this catalogue entry. 

CHRISTIE'S. THE EXCEPTIONAL SALE, 4 Novembre 2015, Paris