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Lot 2514. Très rare Breguet chronographe d'aviateur type XX, années 60. Estimation CHF 5 000 / 9 000 (€ 4 170 / 7 500). Vendu pour CHF 24 500. Photo Koller

Acier. Chronographe avec retour de vol fait pour l'Armée de l'air française, intéressant d'un point de vue historique, fond vissé no. 3110, poinçon militaire : FG 30 8 66, CEV, 61. Lunette rotative mince avec trois registres. Cadran brun avec chiffres arabes lumineux. Valjoux Flyback cal. 225. Bracelet en cuir brun avec fermeture en or blanc. D 38,5 mm.

NotesCette montre n’est pas seulement particulièrement attrayante, elle est également un rare exemplaire d’un instrument de navigation produit pendant l’une des périodes les plus fascinantes de l’histoire de l’aviation pour un groupe très restreint de pilotes d’essai.

En effet, le « Type XX » (20) était la désignation du Ministère de la Défense français pour une série de montres-bracelets acquise spécialement pour les pilotes de l’Armée de l’air et de l’Aéronavale ainsi que leurs équipages. Produite pour la première fois par Breguet en 1954, elle était directement inspirée des montres chronographes utilisées par les pilotes de la Luftwaffe allemande pendant la deuxième guerre mondiale. A cette époque d’avant la navigation électronique, les aviateurs avaient besoin d’un instrument précis et rapide pour mesurer les intervalles de temps leur permettant de calculer leur cap. Le mouvement du Type XX possède une fonction « retour de vol », une innovation permettant à l’utilisateur d’arrêter, de remettre à zéro et de redémarrer le chronographe en l’espace d’un cinquième de seconde, une aide précieuse pour une navigation de pointe. 

L’exemplaire présenté ici a été produit pour le Centre d’Essais en Vol à Brétigny près de Paris, comme l’indiquent les initiales CEV gravées au dos. Le CEV possède une longue et illustre histoire comme l’un des plus importants centres d’essai de l’après-guerre, où l’élite des pilotes français a testé des sièges éjectables, des réacteurs à moteur et bien sûr des avions de chasse comme le Mirage.

Cette montre possède des particularités assez rares, telles qu’un cadran de couleur brune (la montre réglementaire standard avait un cadran en noir), ainsi que le troisième registre à six heures, avec un chronomètre de douze heures. Le directeur du CEV de 1948-58, Louis Bonte, portait un Type XX similaire à celle-ci, à cadran brun. Les chiffres gravés au dos de la montre, FG 30 8 66, indiquent la prochaine révision planifiée (fin de garantie). Ces révisions ponctuelles étaient de rigueur dans l’Armée de l’air.

Breguet partage une longue histoire avec l’armée française. Déjà en 1815 le fondateur de la société, Abraham-Louis Breguet (1747-1823), a été nommé horloger de la Marine royale française. Un autre membre de la famille, Louis-Charles Breguet (1880-1955), a fabriqué des avions de reconnaissance pour la France pendant la première guerre mondiale. L’Armée de l’air française a continué à distribuer les montres de type XX à ses pilotes jusque dans les années 1980. Ce n’est que dans les années 1990 que Breguet a sorti deux nouvelles variantes de cette montre, baptisées « Type 20 » : l’Aéronavale et la Transatlantique.

Koller. Montres-Bracelets & Montres de Poche - mercredi 02 décembre 2015