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Vue générale du chantier en cours de fouille © Michel Christen, Inrap

Une équipe d’archéologues de l’Inrap vient de mettre au jour les vestiges d’un massacre vieux de plus de six mille ans, à Achenheim (Bas-Rhin). Cette importante découverte illustre un cas de violence qui a sévi dans l’Europe du Néolithique.

Plus de 300 de silos, dont la plupart abritait céréales ou autres denrées, ont été découverts lors de cette fouille prescrite par l’État (Drac Alsace Champagne-Ardenne Lorraine). Ils se trouvent à l’intérieur d’une vaste enceinte, matérialisée par un puissant fossé en V, dont les entrées sont protégées par des sortes de bastions. Ce dispositif défensif évoque des temps troublés, une période d’insécurité, qui, au Néolithique moyen entre 4400 et 4200 avant notre ère, forcent les populations à se protéger.

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Les équipes de l'Inrap ont fouillé manuellement la structure pendant plusieurs semaines © Philippe Lefranc, Inrap

DIX INDIVIDUS, VICTIMES D’UNE VIOLENCE EXTRÊME

La structure 124 est un vaste silo de près de 2,5 m de diamètre. Six individus y gisent, sur le dos, le ventre ou le côté, parfois entremêlés. Leurs positions laissent supposer qu’ils ont été abandonnés dans la fosse, sans autre ménagement... Ce macabre dépôt se compose de cinq adultes et d’un adolescent, tous des hommes. Les squelettes sont complets, même si certains ossements sont isolés. Tous présentent de nombreuses fractures aux jambes, mains, pieds, côtes, clavicules, crâne et mandibule. 

Trois membres supérieurs gauches d’adultes, exhumés l’un à côté de l’autre, et un bras d’immature, avec avant-bras et main, coupé à mi-humérus, attestent la présence de quatre autres individus. 

Cette violence collective porte sur les vivants, mais s’acharne aussi sur les morts. Ce dépôt de cadavres est constitué en un temps, et évoque une même tuerie, un même conflit.  

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Armature de flèche retrouvée dans la région du bassin d'une homme adulte présent dans la fosse © Philippe Lefranc, Inrap

NAISSANCE DE LA GUERRE

La Préhistoire n’a sans doute jamais été un âge tendre. Toutefois, les premiers conflits ou violences de masse émergent entre 12 000 et 10 000 ans, dans des sociétés prénéolithiques. Les archéologues en ont retrouvé les traces au Djebel Sahaba, au Soudan et à Nataruk au Kenya. 

Depuis quelques années, les recherches sur la violence dans les premières sociétés agropastorales néolithiques se sont accélérées en Europe. Vers 5000 avant notre ère, l’extermination de toute une communauté à Talheim (Bade-Wurtemberg) en est un saisissant exemple, d’autant que les agresseurs appartiennent à la même entité culturelle que leurs victimes. Les tueries d’Asparn-Schletz en Autriche et de Herxhiem dans le Palatinat renforcent alors l’hypothèse d’une vaste crise à la fin de la culture dite « de la céramique rubanée ».   

En France, la découverte de Bergheim, au nord de Strasbourg, en 2012, est l’illustration de ces carnages néolithiques. Dans une fosse, gisaient huit individus, décédés simultanément. Sous eux, au fond de la fosse, reposaient sept membres supérieurs gauches amputés au niveau du bras. Achenheim et Bergheim sont contemporains. 

Pourquoi ces mises à mort, cet acharnement sur des cadavres et ces mutilations, si ce n’est l’expression d’une fureur guerrière ritualisée ?  © Inrap

 PARIS (AFP).- Archaeologists said Tuesday they had discovered the remains of victims from a 6,000-year-old massacre in Alsace in eastern France that was likely carried out by "furious ritualised warriors". 

The corpses of 10 people were found outside Strasbourg in one of 300 ancient "silos" used to store grain and other food, a team from France's National Institute for Preventive Archaeological Research (Inrap) told reporters. 

The Neolithic group appeared to have died violent deaths, with multiple injuries to their legs, hands and skulls. 

The way in which the bodies were piled on top of each other suggested they had been killed together and dumped in the silo.  

"They were very brutally executed and received violent blows, almost certainly from a stone axe," said Philippe Lefranc, an Inrap specialist on the period. 

The skeletons of five adults and one adolescent were found, as well as four arms from different individuals. 

The arms were likely "war trophies" like those found at a nearby burial site of Bergheim in 2012, said Lefranc. 

He said the mutilations indicated a society of "furious ritualised warriors", while the silos were stored within a defence wall that pointed towards "a troubled time, a period of insecurity". 

It is hoped that genetic testing on the bones will reveal more information about the killings, but Lefranc said one theory was that a local tribe had clashed with a new group arriving from the area around modern-day Paris.  

"It appears that a warrior raid by people from the Parisian basin went wrong for the assailants, and the Alsatians of the era massacred them," he said. 

However, in the long run, it was the "Parisians" who had the last laugh.  

The local tribe appear to have been supplanted by the newcomers around 4,200 BC, as demonstrated by new funeral rites, pottery and hamlets. © 1994-2016 Agence France-Presse 

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La fosse 124 en cours de démontage © Philippe Lefranc, Inrap

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La fosse 124 en cours de démontage © Philippe Lefranc, Inrap

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Un homme adulte gît sur le ventre et présente de multiples fractures au niveau des tibias © Michel Christen, Inrap

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Les hommes découverts dans la fosse présentent de nombreuses fractures (membres, crânes, bassins, ...) et gisent sur le dos ou sur le ventre © Michel Christen, Inrap

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Les traces archéologiques de violence dans le Néolithique européen ©Philippe Lefranc, Inrap

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Un membre supérieur présente plusieurs fractures au niveau du bras et de l'avant-bras © Philippe Lefranc, Inrap

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Vue générale de la fosse 124 d'Achenheim © Philippe Lefranc, Inrap