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Lot 31. Bureau Mazarin en vernis parisien d’époque Louis XIV, vers 1680-1690. Estimation 60,000 — 80,000 €. Photo: Sotheby's.

à fond noir et décor or à l'imitation des laques de Chine et du Japon, le plateau rectangulaire à décor de paysage, de volatiles et feuillages dans un cartouche polylobés, la façade ouvrant à sept tiroirs et un vantail, reposant sur huit pieds en gaine réunis par une double entretoise ; ferrures en cuivre doré. Haut. 77 cm, larg. 118 cm, prof. 65 cm

A Parisian lacquer bureau Mazarin, Louis XIV, circa 1680-1690. Height 30 1/3 in; width 46 1/2 in; 25 2/3 in.

ExpositionLes secrets de la laque française, Le vernis Martin, exposition au musée des Arts décoratifs, Paris, 13 février - 8 juin 2014

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Catalogue d’exposition, Les Secrets de la Laque française, Musée des Arts décoratifs, Paris, 2014.

BibliographieT. Wolvesperges, Le meuble français en laque au XVIIIe siècle, Paris, 2000

D. Alcouffe, Les artisans décorateurs du bois au Faubourg Saint-Antoine sous le régime de Louis XIV, Dijon, 2008

A. Forray-Carlier et M. Kopplin, Les secrets de la laque française, Le vernis Martin, Paris, 2014, n° 17 p. 43

NotesCe bureau appartient à un groupe de meubles que D. Alcouffe a mis en lumière dans son ouvrage consacré aux artisans travaillant dans le faubourg Saint-Antoine dans le dernier quart du XVIIe siècle. Ce bureau à huit pieds, publié par D. Alcouffe serait l'un des tout premiers meubles en vernis parisien. Bien que l'existence de vernisseurs à l'imitation des laques orientales (Chine et Japon) en Europe soit connue dès le début du XVIIe siècle en Angleterre et aux Pays-Bas, la pratique de cette technique novatrice ne se développa en France que sous le règne de Louis XIV. Ce ne fut en l'occurrence que vers 1670 qu'apparurent à Paris dans le faubourg Saint-Antoine, les vernisseurs cherchant à imiter les laques du Soleil Levant. Plusieurs d'entre eux ont été identifiés par D. Alcouffe comme Jacques Thérèse qui fournissait Molière, ou Paul Thévenard et Guillaume Martin, dont le patronyme, par l'intermédiaire de ses descendants, allait devenir une référence en matière de vernis au XVIIIe siècle.

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Le bureau in situ, rue de Monceau.

Il s'agit donc d'un meuble rare et précieux de cette production précoce dont l'inspiration venait de Chine et du Japon sans qu'il soit possible d'en déterminer avec précision l'origine en raison de l'interprétation que pouvaient en faire les vernisseurs parisiens. Bien que l'expression "en verny de la Chine" soit parfaitement adaptée à ce bureau, le plateau reflète davantage une perception japonisante par la découpe du grand cartouche que l'on retrouve sur des coffres ainsi que sa composition avec des volatiles très présents dans les laques japonais, symboles de fortune, de joie et de paix pour la famille et l'imitation de l'aventurine. Stylistiquement datable des années 1680-1690, ce bureau aurait pu être commercialisé par les enseignes prestigieuses comme Le Roy et la Chine de Germain Massot ou Au Cabinet de la Chine de Paul Thevenard; dans l'inventaire dressé en 1687 des meubles du marchands-ébéniste François Yesmelin, installé Grande rue du faubourg Saint-Antoine, on note un bureau en vernis "façon de la Chine".

Sotheby's. B. B. S. Un Hommage, Paris, 30 juin 2016, 02:30 PM