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Lot 45. Commode par Léonard Boudin (1735-1807), reçu Maître Ebéniste en 1761, Paris, époque Louis XV, vers 1765. Estimation : 170 000 € / 200 000 €. Photo Kohn

Bâti de chêne, vernis Martin, bronzes dorés et marbre brèche d’Alep. Estampillé L. BOUDIN et marque JME. Au dos du marbre, inscription au crayon illisible. H. 87 cm, L. 140 cm, P. 65 cm.

De forme galbée, la commode ouvre par deux tiroirs de longueur à traverse dissimulée. Elle s’orne sur ses trois faces d’un décor or et argent de paysages lacustres sur fond noir en vernis Martin à l’imitation des laques de Chine. Sur la façade, apparaît au centre un imposant galion à trois mâts mouillant dans une baie, ainsi qu’une barque ramenant deux personnages sur la rive. En partie droite, une pagode est animée de marchands remplissant des livres de comptes. 

Les petits côtés s’ornent d’une barque, d’un temple et d’une pagode peuplée de personnages richement habillés. L’ornementation de bronzes dorés se concentre sur les montants à riches chutes feuillagées se prolongeant aux sabots ainsi que le tablier aux acanthes déchiquetées. Les entrées de serrure et boutons présents en façade se confondent dans le paysage. Le pourtour de la structure est souligné d’un filet peint or. Un marbre brèche d’Alep coiffe la commode. 

NotesLe modèle de la structure fut employé à plusieurs reprises par Boudin comme on peut le constater avec la commode en laque rouge à décor floral conservée au Château de Versailles. 

Boudin ne participa que faiblement au commerce des meubles en laque, employant principalement le vernis européen et rarement le laque d’Extrême-Orient ; peu d’exemples sont répertoriés, on peut citer un secrétaire en vernis Martin à décor de la Chine reproduit dans l’ouvrage de Thibault Wolvesperges, Le meuble français en laque au XVIIIe siècle, p. 239. 

Travaillant pour le marchand ébéniste Pierre Migeon, Boudin fournit des meubles ornés de marqueteries florales et de vernis à la façon de la Chine. Sa manière, alliant finesse et proportions harmonieuses, contribua à son succès. À Partir de 1772, Boudin devient Marchand-Mercier et fit travailler à son tour des ébénistes comme Denizot, Evalde ou Topino. Son estampille doit alors être considérée comme une marque de commerce plutôt que de fabrique. 

Notre commode est donc un rare exemple de la production de Léonard Boudin en sa qualité d’ébéniste employant un décor à la façon de la Chine. 

Dessins et Tableaux Anciens XVIIe - XVIIIe siècles, Sculptures, Objets d'Art, le 15 Septembre 2016 à 18h. KOHN, 75008 PARIS