1

Léonard de Vinci, Saint Sébastien (recto) et deux schémas scientifiques, vers 1478 - 1483Estimation 15 million euros ($15.8 million). © Tajan

PARIS - Parmi plusieurs dessins conservés par une famille française, TAJAN et le Cabinet de BAYSER ont eu la grande émotion de découvrir une étude de Leonard de Vinci figurant Saint Sébastien.

Au recto, cette oeuvre graphique sur papier à la plume et encre brune présente le martyre de Saint Sébastien attaché à un arbre; il y fut transpercé de flèches sur ordre de Dioclétien pour avoir exhorté des amis à rester fidèles à leur foi.
Au verso, figurent deux schémas scientifiques, l’un sur les ombres portées d’une bougie et l’autre sur l’effet des rayons lumineux et ombreux derrière un obstacle. Deux annotations fragmentaires, autographes et spéculaires, en distiques caractéristiques de Léonard de Vinci complètent ces schémas. 

Le Codex Atlanticus, dans lequel Léonard de Vinci a dressé la liste des oeuvres en sa possession, mentionne « 8 sa(n) Bastiani ».

Deux étaient à ce jour identifiés :
- une étude au crayon noir (14,8 x 5,4 cm) conservée au musée Bonnat à Bayonne,
- une étude à la plume et encre brune sur pointe de métal (17,4 x 6,3 cm), provenant de la collection Robert-Dumesnil et conservée au Kunsthalle de Hambourg.

Ce troisième dessin que l’on peut dater des années 1480 est de loin le plus abouti des ébauches maintenant connues. Il atteint un paroxysme d’agitation et permet d’imaginer la peinture à laquelle ce projet aurait pu donner lieu mais qui n’a probablement jamais été réalisée par Leonard lui-même.

Le Docteur Carmen C. Bambach, Conservatrice du Département des Dessins et Estampes au Metropolitan Museum de New-York, spécialiste de l’oeuvre de Léonard de Vinci, commente cette exceptionnelle découverte : “ (..) Il s’agit d’une découverte passionnante; une authentique feuille recto-verso de Léonard de Vinci (1452-1519) : au recto, la représentation en pied du martyr Saint Sébastien ligoté à un arbre dans un paysage, au verso des notes et des diagrammes relatifs à l’ombre et la lumière, dans le cadre de l’étude de Leonard sur l’optique.

Datation probable du dessin
Selon Carmen C. Bambach, le dessin de Hambourg date de la fin de la première période florentine de l’artiste, vers 1478 - 1483. On peut dater notre dessin de la même période. Les schémas au verso pourraient être postérieurs mais ils semblent être des idées préliminaires éparses, dessinées sans l’aide d’une mise au point précise comme dans le manuscrit C, commencé le 23 avril 1490, où Léonard trace parfois les schémas à l’aide d’un compas muni d’une pointe métallique, sur laquelle il repasse ensuite à la plume et encre brune. Le style graphique rappelle les études préparatoires pour l’Adoration des Mages datables de la même période. On peut d’ailleurs rapprocher la pose de ce Saint Sébastien d’une étude de figure en rapport avec la figure perchée en haut de l’escalier sur les ruines de l’édifice derrière l’adoration, sur une feuille d’études conservée à l’Ecole des Beaux-Arts.

Thème iconographique
Né en Narbonne en Gaule, élevé d’après Saint Ambroise à Milan, Sébastien était centurion sous le règne de l’empereur Dioclétien. Dénoncé pour avoir exhorté des amis à rester fermes dans leur foi, il fut attaché, sur ordre de Dioclétien, à un poteau et transpercé de flèches par les archers. Il fut laissé pour mort. Sainte Irène, voulant enlever son corps pour l’enterrer, s’aperçut qu’il vivait encore et lui sauva la vie par ses soins. Après sa guérison, il reparut devant Dioclétien pour lui reprocher sa cruauté envers les chrétiens. Il fut flagellé, assommé dans le cirque et son cadavre fut jeté dans l’égout de la Cloaca maxima. Saint Sébastien était considéré comme le troisième patron de Rome après Saint Pierre et Saint Paul. Ses reliques étaient déposées
à Saint-Sébastien-hors-les-murs. Les flèches, instrument de son supplice, lui valurent le patronage des archers et arbalétriers, les tapissiers et les ferrailleurs. Au Moyen-âge, il devint le premier des saints « anti pesteux ».
D’après une antique croyance, le peuple se représentait la peste comme inoculée par les traits d’un dieu irrité.
Saint Sébastien ayant échappé à la mort par ce moyen aurait le pouvoir d’immuniser ceux qui l’invoquent. Son culte était très répandu jusqu’au XVIIe puis il doit faire face à la concurrence d’autres saints anti pesteux qui ont l’avantage sur lui d’avoir réellement soigné des malades (Saint Roch, Saint Charles Borromée). Les homosexuels, séduits par sa nudité d’éphèbe apollinien, en firent aussi leur patron. Léonard, qui était homosexuel, ne pouvait qu’être attiré par la légende de ce saint à la fois beau, courageux et croyant. Néanmoins Leonard ne s’attache pas à la beauté charnelle mais au combat spirituel qui anime la figure du saint.

2

Léonard de Vinci, Saint Sébastien, vers 1478 - 1483Estimation 15 million euros ($15.8 million). © Tajan 

The drawing of the martyred St. Sebastian, attributed to Leonardo. © Tajan

 3

Léonard de Vinci, Deux schémas scientifiques, verso, vers 1478 - 1483Estimation 15 million euros ($15.8 million). © Tajan 

The back of the drawing of St. Sebastian, said to be by Leonardo. © Tajan

PARIS (AFP).- A lost drawing by the Renaissance master Leonardo da Vinci has been discovered in the papers of a French provincial doctor, a Paris auction house said Tuesday. 

The dreamily sensual sketch of Saint Sebastian is thought to be worth around 15 million euros ($15.8 million) and is an "extraordinary discovery", the Tajan auction house said. 

It has been authenticated by the French specialist Patrick de Bayser and Carmen C. Bambach, curator of Renaissance drawings at New York's Metropolitan Museum and a Da Vinci expert, it added. 

The dramatic study, which it is thought Leonardo did in his late twenties or early thirties after he was acquitted of sodomy, is one of eight he is known to have drawn. 

The find is extremely rare, with the last Da Vinci drawing that came to market -- a sketch of a horse and rider -- equalling the world record for an Old Master drawing when it sold for $10 million in 2001. 

It was then said to be the most significant drawing by the artist and polymath to be sold at auction since the 1930s. 

Mirror writing 
De Bayser told AFP he came across the new sketch, done with a quill pen, during a routine trawl through material sent to the auction house for valuation. 

He thought it was possibly by a 15th-century Florentine artist until he turned the torn paper over. 

On the back he found a couple of scientific sketches about an optical experiment showing the shadow thrown by a candle and some "spectacular" back-to-front writing. 

Da Vinci regularly used the technique so his writing could only be read using a mirror. 
De Bayser then noticed that the shading in the drawing of Saint Sebastian, which showed the martyr with wild hair pinned to a tree trunk, went from right to left. 

"That meant that it was drawn by a left-handed artist" like Da Vinci. 

"I was immediately convinced it was by Leonardo," he told AFP. 

It is now thought the sketch may have come from one of the artist's famous notebooks. 

Two other studies of Saint Sebastian by Da Vinci have survived, one at the Bonnat-Helleu Museum in Bayonne in southwestern France and the other at the Kunsthalle in Hamburg. 

Carmen C. Bambach believes the newly discovered sketch came from the same period as the Hamburg drawing, from between 1478 and 1483. 

The owner of the 19.3 x 13 cm (7.6 x 5 ins) sketch wants to remain anonymous, the auction house said. © 1994-2016 Agence France-Presse 

4

5

A member of Paris auctioneer Tajan displays a previously undiscovered drawing by Leonardo da Vinci at the auction house in Paris on December 13, 2016. The rare drawing is valued at around 16 million USD. PHILIPPE LOPEZ / AFP.