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Rembrandt, Femme à la fenêtre, Plume et encre brune, lavis brun, 29,5 x 16,44 cm, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

 PARIS - Conçue en contrepoint de l’exposition « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre » (présentée au Louvre du 22 février au 22 mai 2017) et organisée en partenariat avec les Beaux-Arts de Paris, l’exposition explore le foisonnement des motifs tirés de la vie quotidienne dans la production graphique des artistes hollandais du Siècle d’or – qu’ils soient peintres de genre, paysagistes, portraitistes ou même peintres d’histoire. Ces représentations du quotidien participent de la construction visuelle et identitaire de la jeune République hollandaise. 

La sélection de quatre-vingt treize feuilles issues des collections publiques françaises – de Rembrandt, Van Goyen, Van Ostade ou encore Buytewech – rend compte de la grande diversité, mais aussi de la codification des sujets mettant en scène le quotidien hollandais du XVIIe siècle (vie domestique, petits métiers, divertissements, scènes militaires ou paysannes…). Elle met en lumière la complexité de leur rapport au réel, entre observation et reconstruction, impression d’instantané et conventions de représentation.

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Hendrick Avercamp, Scène d’hiver, gouache et aquarelle, 19,2 x 32,1 cm, Paris, Beaux-Arts de Paris. © Beaux-Arts de Paris, Dist. RMN-Grand Palais / image Beaux- arts de Paris

L’exposition se déploie autour de deux mondes distincts : 

– Le monde des villes : les artistes puisent dans leur environnement urbain des motifs qu’ils saisissent sur le vif ou peu après l’observation. Rembrandt est un pionnier de cette nouvelle pratique, dessinant les personnes de son entourage mais aussi des mendiants croisés dans les rues d’Amsterdam. Outre les scènes de rues, les dessins présentés ici permettent de découvrir les intérieurs urbains, lieux de divertissement mais aussi d’une vie domestique érigée par la religion protestante en temple de la vertu. En marge de ce monde citadin, l’univers militaire donne lieu à des représentations spécifiques qui remportent un grand succès

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Rembrandt, Jeune homme écrivant ou dessinant près d’une fenêtre donnant sur l’IJ, Plume et encre brune, lavis brun, 29,5 x 16,4 cm, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Tony Querrec

– Le monde rural. La ville de Haarlem est le principal foyer du « genre paysan » avec pour chef de file Adriaen van Ostade, suivi de ses nombreux élèves. Dans l’œuvre de ces talentueux dessinateurs, les ruraux sont réduits à des « types » traditionnels : le paysan, le colporteur, le musicien ambulant… Ils apparaissent comme des êtres mal dégrossis, s’adonnant à la boisson, au tabac et au jeu. Le milieu du XVIIe siècle marque toutefois un tournant dans l’évocation des mœurs paysannes. Les scènes d’auberge deviennent paisibles et joyeuses tandis que les intérieurs domestiques célèbrent la vertueuse simplicité de leur existence. 

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Adriaen van Ostade, Joueur de cornemuse devant une auberge, Plume et encre brune, aquarelle, 12,2 x 19,7 cm, Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. © Petit Palais / Roger-Viollet

PARISAccompanying the exhibition “Vermeer and the Masters of Genre Painting” (at the Louvre from February 22 to May 22, 2017) and organized in partnership with the Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA), “Drawing the Everyday” explores the proliferation of everyday motifs in drawings by Golden Age history, genre, landscape, and portrait painters in Holland. These depictions of everyday life contributed to the visual construction and sense of identity of the young Dutch Republic.

The selection of ninety-three works from the public collections in France, by artists such as Rembrandt, Van Goyen, Van Ostade, and Buytewech, shows the great diversity and the codification of subjects portraying daily life in 17th-century Holland (domestic life, small trades, entertainment, military and peasant scenes, etc.). It highlights the complexity of their relationship with reality, between observation and reconstruction, a snapshot-like quality and conventions of representation.

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Cornelis Dusart, La Marchande d’oublies, Plume et encre brune, lavis brun. 34 x 26 cm, Beaux-Arts de Paris© Beaux-Arts de Paris, Dist. RMN-Grand Palais / image Beaux-arts de Paris

The exhibition revolves around two distinctive worlds:
– City life: The artists culled motifs from their urban environment, sketching quickly on the spot or shortly after observation. Rembrandt was a pioneer of this new practice, drawing people in his entourage, as well as beggars from the streets of Amsterdam. In addition to street scenes, the drawings on display show urban interiors, places of entertainment as well as places of domestic life elevated by the Protestant religion as temples of virtue. On the fringes of this urban world, military life gave rise to specific portrayals that were highly popular.

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 Cornelis Bega, Homme avec une chope de bière. Pierre noire et craie blanche sur papier bleu, Besançon, Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie. © Besançon, musée des Beaux- Arts et d’Archéologie / Pierre Guenat

– Rural life: The city of Haarlem was the heart of the “peasant genre” with Adriaen van Ostade leading the way, followed by his many students. In the work of these talented draftsmen, rural dwellers were reduced to traditional “types”: the peasant, the peddler, the traveling musician, etc. They appeared as uncouth beings, indulging in drink, tobacco, and gambling. The mid-17th century nevertheless marked a turning point in the evocation of peasant mores. Inn scenes became peaceful and joyous, while domestic interiors celebrated the virtuous simplicity of their existence.

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 Gabriel Metsu, La Faiseuse de crêpes. Pierre noire, 27,2 x 19,9 cm. Paris, Petit Palais (Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris). © RMN-Grand Palais / Agence Bullo