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Antoine-François Callet, Louis XVI, 1779, huile sur toile. Musée du château de Versailles © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

PARIS.- En 2017-2018, pour sa troisième saison, l’exposition de la Petite Galerie montre le lien qui unit l’art et le pouvoir politique. Gouverner, c’est se mettre en scène pour assoir son autorité, sa légitimité et son prestige. L’art, au service des commanditaires mécènes, devient alors instrument de propagande. Les figures du prince inspirent les héros tragiques du théâtre classique, qui lui oppose des symboles de contre-pouvoir.

De l’Antiquité à nos jours, une quarantaine d’œuvres des collections du musée du Louvre, du Musée national du château de Pau, du Château de Versailles et du musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris illustrent l’évolution des codes de représentation du pouvoir politique

PARIS.- The Petite Galerie exhibition for 2017–2018 focuses on the connection between art and political power. Governing entails selfpresentation as a way of affirming authority, legitimacy and prestige. Thus art in the hands of patrons becomes a propaganda tool; but it can also be a vehicle for protest and subverting the established order.  

Spanning the period from antiquity up to our own time, forty works from the Musée du Louvre, the Musée National du Château de Pau, the Château de Versailles and the Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris illustrate the evolution of the codes behind the representation of political power. 

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François Gérard, L'empereur Napoléon Ier en costume de sacre, 1805, huile sur toile, Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) Thierry Ollivier

L’exposition se déploie sur quatre salles : « Les figures du prince » : dans la première salle sont présentées les fonctions du roi (roi-prêtre ; roi-bâtisseur ; roi de guerreprotecteur) qui permettent d’évoquer les différentes techniques artistiques. On y trouve notamment Louis XIII de Philippe de Champaigne, le Retable de la crucifixion, émail de Léonard Limousin et la Triade d’Osorkon II ;

The exhibition is divided into four sections: "Princely Roles": The first room presents the king's functions— priest, builder, warrior/protector—as portrayed through different artistic media. Notable examples are Philippe de Champaigne's Louis XIII, Léonard Limosin's enamel Crucifixion Altarpiece, and the Triad of Osorkon II from ancient Egypt

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Philippe de Champaigne (Bruxelles (Belgique actuelle),1602 - Paris, 1674), Louis XIII couronné par la Victoire (siège de la Rochelle. 1628), 1635. Huile sur toile, 2,28 m x 1,75 m, musée du Louvre © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Martine Beck-Coppola

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Léonard Limousin (Limoges,1505 - Limoges, 1575), Retable de la Crucifixion, 1553, Limoges. Email peint sur cuivre, 1,06m x 0,74m, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

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Pendentif au nom du roi Osorkon II : la famille du dieu Osiris, 874- 850 avant J.-C, 22ème dynastie. Or, lapis-lazuli et verre rouge, 9 cm x 6,6 cm, musée du Louvre © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Christian Decamps

La deuxième salle, intitulée « Persuader pour légitimer le pouvoir » s’attarde sur la figure emblématique d’Henri IV, à la fois roi en quête de légitimité puis modèle pour les héritiers des Bourbons, de Louis XVI à la Restauration (sculptures de Barthélémy Prieur et de François-Joseph Bosio, peintures de Pourbus le Jeune, d’Ingres, …) ; 

"Legitimacy through Persuasion": The focus in the second room is on the emblematic figure of Henri IV, initially a king in search of legitimacy, then a model for the Bourbon heirs from Louis XVI to the Restoration. Features include sculptures by Barthélémy Prieur and François-Joseph Bosio, and paintings by Frans Pourbus the Younger, Ingres, and others.  

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Jean-Auguste-Dominique Ingres  (Montauban,1780-Paris, 1867), Henri IV recevant l’ambassadeur d’Espagne, 1817, huile sur toile. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris © RMN-Grand Palais / Agence Bulloz

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Barthélemy Prieur [Berzieux (Marne, France), 1536 - Paris,1611], Henri IV en Jupiter, vers 1600- 1610, bronze. Paris, musée du Louvre © RMNGrand Palais (musée du Louvre) / Daniel Arnaudet.

« Le modèle antique » occupe la troisième salle, autour du thème de la statue équestre, dont le Louvre possède notamment plusieurs exemples remarquables (feuillet de l’Ivoire Barberini, bronze de Charles le Chauve, Louis XIV par François Girardon) ;

"The Antique Model": The theme of the third room is the equestrian statue. The Louvre is home to several remarkable examples, among them the Barberini Ivory leaf, a bronze of Charles the Bald, and François Girardon's Louis XIV. 

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Feuillet de diptyque en cinq parties dit Ivoire Barberini : Empereur triomphant, Constantinople, première moitié du 6e siècle, ivoire et restes d’incrustations. Paris, musée du Louvre © RMNGP (musée du Louvre) / Pierre et Maurice Chuzeville.

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Bustes des douze Césars (César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus, Domitien), Italie, 18e siècle, héliotrope, sardoine, cornaline, cristal de roche, calcédoine, doré partiellement, cristal, silex, argent. H : entre 13,2 cm et 16,2 cm. Paris, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi.

La dernière salle présente « Les insignes du pouvoir » : de majestueux portraits de monarques y sont exposés (Louis XVI par Callet, Napoléon 1er par Gérard, Louis Philippe par Winterhalter), à proximité des régalia, objets du sacre des rois de France. La dernière partie met enfin en lumière les ruptures historiques et iconographiques nées avec la Révolution française. 

"The Insignia of Power": In the fourth room majestic portraits of monarchs, including Antoine-François Callet's Louis XVI, François Gérard's Napoleon I and Franz-Xaver Winterhalter’s Louis Philippe, are accompanied by the regalia used during the coronation of the kings of France. This final section also highlights the dramatic historical and representational changes that came with the French Revolution.  

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Epée du sacre dite de « Charlemagne » ou « Joyeuse », pommeau : 10e -11e siècle(?), quillon : 12e siècle, or et acier. Paris, musée du Louvre © musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais, Philippe Fuzeau.

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Martin-Guillaume Biennais, Couronne dite de « Charlemagne », 1804, vermeil (?), camées et intailles, velours et galon brodé. Paris, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi.

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Sceptre de Charles V, 1364 (?)-1380, or, argent doré, rubis, verre coloré, perles. Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi.

« La Petite Galerie a pour ambition de donner aux visiteurs des clés d’observation et d’explication des œuvres, pour faire de la visite au musée un moment de plaisir et de découverte », dit Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre. Des cartels pédagogiques et des feuilletoirs numériques incitent le visiteur à observer des détails et apportent de précieux éléments de contexte. 

“By providing keys to the observation and explanation of different artworks, the Petite Galerie sets out to make the visit to the museum an enjoyable and enlightening experience” says Jean-Luc Martinez, president-director of the Musée du Louvre. Informative labels and digital touchscreen displays encourage attention to detail and help to establish context. In addition, five themed tours of the Louvre's permanent collection are proposed: 1) Royal Roles and Representational Codes in the Ancient East, 2) The Pharaoh, 3) The Powers of the Roman emperor, 4) The Islamic Sovereign, and 5) The King as Artist and Patron. 

27 septembre 2017 - 2 juillet 2018