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Fortuny : un espagnol à Venise. Affiche

PARIS - Un musée porte son nom au cœur de la Sérénissime, il est vénitien d’adoption, mais espagnol de naissance, célèbre pour son plissé... C’est Mariano Fortuny, et le Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris, lui consacre une rétrospective. À travers une centaine de pièces issues du fonds Galliera, du Museo del Traje à Madrid et du Museo Fortuny à Venise, l’exposition dévoilera la diversité de ses inspirations et de ses talents d’inventeur : la robe Delphos créée en 1909 en est l’illustration la plus célèbre. Toute de soie unie, si finement plissée qu’elle se range en boule et retrouve toute sa fluidité une fois dépliée…

Fils du peintre espagnol Mariano Fortuny y Marsal (1838-1874), Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1949) s’oriente d’abord vers la peinture. C’est à Venise, où il s’établit en 1888, que son nom reste attaché. Ses goûts très éclectiques le poussent à s’intéresser à la gravure, à la photographie, au design (mobilier et luminaires) et à se passionner pour la mise en scène et l’éclairage scénique. Dès 1906, il se tourne vers le textile avec les châles Knossos en voile de soie imprimé de motifs inspirés de la céramique crétoise de Camarès. Œuvrant à la libération des corps, revisitant l’Antiquité, le Moyen Âge et la Renaissance, il s’attache à la souplesse du vêtement sans taille, en créant des pièces intemporelles aux lignes droites.

Mariano Fortuny tient une place de premier rang dans l’oeuvre de Marcel Proust. Le peintre Elstir dans À la recherche du temps perdu rapporte : «Mais on dit qu’un artiste de Venise, Fortuny, a retrouvé le secret de leur fabrication et qu’avant quelques années les femmes pourront se promener, et surtout rester chez elles, dans des brocarts aussi magnifiques que ceux que Venise ornait, pour ses patriciennes, avec des dessins d’Orient.»

Fortuny magnifie chaque tissu en une pièce unique aux subtils jeux de lumière. Le visiteur pourra admirer, parmi les robes portées par la comtesse Greffulhe et sa fille Élaine, Eleonora Duse, Ellen Terry, Oona Chaplin…, ses savantes impressions à base de poudres métalliques sur velours de soie qui rendent hommage aux influences byzantines, japonaises, persanes. L’exposition Mariano Fortuny est une invitation à la fluidité, aux atmosphères miroitantes d’un inventeur prolixe qui fut aussi un ardent défenseur de la libération du corps et, luxe suprême, du confort. Une plongée dans l’élégance intemporelle. 

Exposition organisée avec la participation exceptionnelle du Museo del Traje à Madrid et du Museo Fortuny à Venise.

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Mariano Fortuny (1871-1949), Robe Eleonora Velours de soie vert imprimé or, taffetas de soie vert plissé, cordonnet de soie verte, perles en pâte de verre noir et blanc. Doublure en taffetas de soie or, Vers 1912Collection Palais Galliera © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet

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Mariano Fortuny (1871-1949), Casaquin et ceinture Velours de soie vert bronze imprimé or, Doublure en cannelé de soie beige, Ceinture assortie, Vers 1912Collection Palais Galliera © L. Degrâces et P. Ladet / Galliera / Roger-Viollet

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Mariano Fortuny (1871-1949), Ensemble robe Delphos et manteau, Vers 1919-1920. Collection Palais Galliera © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet

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Mariano Fortuny (1871-1949), Manteau Velours de soie chocolat, velours de soie caramel imprimés or, Doublure en satin de soie or, Vers 1920. Collection Palais Galliera © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet

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Mariano Fortuny (1871-1949), Robe Delphos Taffetas de soie vert bronze plissé, cordonnet en soie noire, perles en pâte de verre couleur ambre et en verre blanc et noir, Vers 1913. Collection Palais Galliera © L. Degrâces et P. Ladet / Galliera / Roger-Viollet

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Albert Harlingue, L’actrice Régine Flory, chez elle en robe Delphos, vers 1910. © Albert Harlingue / Roger-Viollet

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Albert Harlingue, Lisa, Anna et Margot Duncan, filles adoptives d'Isadora Duncan, en robe Delphos, vers 1920© Albert Harlingue / Roger-Viollet