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Lot 35. Commode "Au panier fleuri", France, époque Louis XV. Estimation 35 000 € / 50 000 €. Photo: Kohn.

Satiné, amarante et bois teints, bronzes dorés et marbre brèche d’Alep. Poinçons au « C » couronné (1745-1749). H. 86 cm, L. 145 cm, P. 61 cm. Restauration d’usage, crochets anciennement changés, marbre restauré

ProvenanceAncienne collection du Château de Beychevelle.

NoteCette importante commode de forme galbée ouvre en façade par deux tiroirs à traverses de soutien dissimulées. Sur un contre-fonds de frisage de bois de satiné se détache un très fin décor marqueté de fleurs émergeant d’un panier d’osier. Ce foisonnement végétal est encadré par une ornementation de bronzes ciselés et dorés faite de feuilles d’acanthe, d’agrafes et de cartouches de style rocaille. Il se détache sur un fond d’amarante et vient souligner la sinuosité des lignes notamment au niveau du tablier trilobé. Les panneaux latéraux se parent d’une ornementation similaire. Notre commode repose sur quatre pieds cambrés agrémentés de chutes d’angle qui se prolongent jusqu’aux sabots à enroulement. Elle est coiffée d’un dessus de marbre brèche d’Alep. 

Les tableaux floraux qui parent notre meuble ne sont pas sans rappeler le travail développé par le grand ébéniste parisien Jean-François Oeben (1721-1763) qui se fit une spécialité de ce type de décor. Dans plusieurs de ses réalisations, parfois exécutées pour de grands personnages du Royaume, il a recourt à ce modèle du panier d’osier, ajouré et à treillage, d’où s’échappe une grande variété de fleurs naturalistes. Citons par exemple la commode attribuée à Oeben (pour la marqueterie) pour la Dauphine à Choisy (vers 1756-1757) , le secrétaire ayant appartenu au Duc de Deux-Ponts ou encore la table « à deux fins » conservées à la Residenz de Munich. 

Dans ces exemples et dans bien d’autres réalisations, Oeben témoigne de ses capacités techniques à restituer un monde végétal riche avec le plus grand naturalisme. Comme dans notre commode, Oeben utilisait notamment la gravure pour rendre le dessin des pétales et les nervures des feuillages. Le panier d’osier utilisé est également un des marqueurs de son OEuvre ainsi que les longs liserons sinueux qui se répandent de part et d’autre. 

Il est ainsi très probable que l’auteur de notre commode eut connaissance du travail de Jean-François Oeben et, comme ce dernier, il puisa son inspiration dans l’OEuvre du peintre Louis Tessier (vers 1719 – 1786). Les créations de ce dernier connurent une large diffusion grâce au Livre de corbeilles et vases de fleurs où l’on retrouve toute l’iconographie florale développée dans les réalisations d’ébénisterie que nous avons citées.

Tableaux Anciens et XIXe, Objets d'Art et Mobilier des XVIe au XIXe s., Tapis et Tapisseries chez Kohn, 75 009 Paris, le 11 Octobre 2017 à 14h00