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Lot 68. Groupe de la Flagellation en ivoire sculpté, Allemagne du sud, entourage de Léonard Kern, vers 1610-40. Estimation 70 000 € / 90 000 €. Courtesy Piasa

en ronde bosse, socle en ébène, bois noirci, marbre, améthyste et bronze doré. Au centre le Christ debout, les mains liées derrière son dos, prend appui sur une jambe, l’autre fléchie, le buste incliné et la tête tournée vers la gauche ; son périzonium, noué sur le devant, tombe sur les cuisses, laissant découverte la hanche gauche ;
visage émacié à la bouche entrouverte ; les vêtements des deux bourreaux s’inspirent de l’époque romaine avec une chemise ouverte à la partie inferieure festonnée en cuirasse à lanières, l’un porte un caleçon long, l’autre est
chaussé de bottes ; munis de branches et de cordes, ils lèvent chacun un bras s’apprêtant à frapper le Christ ; têtes aux traits accusés, aux chevelures courtes et longues moustaches ; colonne en marbre polychrome soulignée
de filets de bronze au chapiteau corinthien ; terrasse naturaliste, en pierres appareillées sous les pieds du Christ, et à la surface accidentée de
part et d’autre avec touffes d’herbe et lézard ; socle à ressauts orné toutes faces de plaques en améthyste dans des cadre en bronze ciselé
et doré ; pieds en sphère aplatie. Belle qualité d’exécution, avec le Christ sculpté dans un seul morceau d’ivoire.

H (totale) 75 × L 58,4 × P 24,5 cm (quelques accidents et restaurations notamment à un doigt et à un pied du Christ, tête de l’un des bourreaux cassée recollée)

La réalisation de ce très bel ensemble que constituent les trois grandes statuettes en ivoire et leur socle luxueux avec sa colonne en marbre polychrome et ses plaques en améthyste semble se situer en Allemagne du sud. Le style du sculpteur s’apparente en effet à celui d’un Léonard Kern pour les flagellateurs et à celui d’un Georg Petel pour le Christ. Les bourreaux par leur silhouette massive et leur tête virile à la chevelure courte, aux longues moustaches, aux sourcils froncés, font penser à certaines sculptures du célèbre ivoirier de Schwäbisch Hall comme le Bon Larron de Vienne, le Caïn et Abel du Victoria and Albert Museum ou la Gaïa de la Galerie Neuse. Quant à la figure du Christ, elle n’est pas très éloignée des interprétations de Petel, que cela soit dans ses Christs à la colonne ou ses crucifix, avec son déhanchement accusé, sa musculature fluide et son léger maniérisme. Des influences mutuelles sur les oeuvres de ces deux artistes ont d’ailleurs été relevées par les historiens d’art.

Ouvrage consulté : Exposition Schwäbisch Hall, Leonhard Kern (1588 – 1662), Hällisch Fränkisches Musem, octobre 1988 – janvier 1989, cat. 

Tableaux Anciens, Haute Époque, Mobilier, Objets d’Art chez Piasa, 75008 Paris, le 06 Décembre 2017 à 17h30