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 Terres de riz au Musée Guimet.

PARIS - Le MNAAG possède une riche collection photographique sur le thème du riz et des plantations aux 19e et 20e siècles, particulièrement en Chine et au Japon. La pluralité des sujets autour du riz en photographie, de sa culture à sa consommation en passant par sa transformation, révèle à quel point il est au cœur d’une multitude d’activités humaines et combien il a façonné au cours des siècles l’identité des populations asiatiques.

Quelques objets viennent compléter cet ensemble de photographies : des porcelaines et un manteau de pluie acquis cette année, pour mieux appréhender cette céréale vieille de dix siècles, aliment de base de la cuisine asiatique qui demeure le plus consommé dans le monde, symbole de bon augure en Asie.Si la culture du riz est mise à l’honneur, ce sont tout autant les scènes de la vie quotidienne ainsi que la beauté des paysages qui deviennent sources d’inspiration sous l’œil saisissant de la photographie.

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Scène du Gengzhitu, décor de personnage labourant une rizière. Plat en porcelaine, Règne de Kangxi (1662-1722), 40 x 270 mm / Collection Grandidier © RMN-GP (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier.

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Empereur Kangxi (poèmes), Jiao Bingzhen (illustrations) Gengzhitu [Tableaux du labour et du tissage], Impression xylographique sur papier, Chine, 1696. © RMN-GP (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier.

Un fond photographique d’une grande diversité

Paysages, rizières se trouveront au cœur de l’exposition, réunissant quelque 91 épreuves toutes restaurées et encadrées si nécessaire. Merveilleuse alliance de l’homme et de la nature, la culture du riz ne pouvait manquer de captiver le regard de nombreux photographes – témoins anonymes pour deux tiers d’entre eux – de l’exploitation céréalière, en particulier de la Chine et du Japon, à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

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Mission Jean Lartigue (1921-1923), Rizières au-dessus de la ville, Hejiang, Sichuan. Négatif à la gélatine sur verre, numérisé, converti en positif, Chine, 13 mai 1923, 60 x 90 mm. © MNAAG, Paris, Dist. RMN-Grand Palais / image musée Guimet.

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Georges-Auguste Marbotte (1861-1936), Rizières près de Luoguzhai. Négatif à la gélatine sur verre, numérisé, converti en positif, Chine, 1903-1908, 59 x 129 mm. © MNAAG, Paris / droits réservés.

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Studio Adolfo Farsari (1885-1905), 91, Cleaning rice [Nettoyage du riz]. Épreuve à l’albumine sur papier, coloriée, Japon, 1870-1880, 194 x 244 mm. © MNAAG, Paris / droits réservés.

Un voyage dans le temps et dans l’espace

La culture du riz est apparue en Chine au néolithique dans le Hunan aux environs du 9e millénaire avant notre ère, sur des terrains secs à faible rendement, arrosés par les pluies, sans irrigation. Vient ensuite la riziculture aquatique en altitude ou en plaine dans la période de l’empire des Han, avant de se développer sur tout le continent asiatique. C’est à cette période que la production double ou triple, et que de meilleurs rendements sont obtenus, favorisant la croissance de la population.

Un univers insoupçonné 

Au-delà de la beauté des paysages, c’est l’univers singulier et insoupçonné qui saisit : machines à piler ou à décortiquer le riz, battage du riz, offrent un riche aperçu de l’exploitation céréalière, ce type d’agriculture présentant à l’époque pour les voyageurs de passage un véritable intérêt culturel au même titre que d’autres sujets plus généraux.

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Michael Kenna, Yuanyang, étude 3, Yunnan, Chine (détail). Épreuve à la gélatine sur papier, Chine, 2013, 195 x 201 mm. © Michael Kenna (2018) / MNAAG.