BALE.- Avec l’exposition Balthus, la Fondation Beyeler présente l’un des derniers grands maîtres de l’art du 20ème siècle, également l’un des artistes les plus singuliers et les plus controversés de l’art moderne. Cette présentation d’envergure, dont la planification a débuté en milieu d’année 2016, prend pour point de départ l’œuvre majeure Passage du Commerce-Saint-André (1952–1954), qui se trouve à la Fondation Beyeler depuis de nombreuses années en tant que prêt permanent d’une importante collection privée suisse.

BASEL.- With its Balthus exhibition, the Fondation Beyeler presents one of the last great masters of twentieth-century art, and also one of modern art’s most singular and controversial exponents. This extensive presentation, which has been in planning since mid-2016, takes as its starting point Balthus’ key work Passage du Commerce - Saint - André (1952–1954), which has been on permanent loan from a major Swiss private collection to the Fondation Beyeler for many years. 

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Balthus, Passage du Commerce - Saint - André, 1952–1954. Huile sur toile, 294 x 330 cm, Collection privée © Balthus. Photo : Mark Niedermann.

Dans son travail aux facettes et aux lectures multiples, vénéré par certains et rejeté par d’autres, Balthus, de son vrai nom Balthasar Klossowski de Rola (1908–2001), trace une voie artistique alternative, voire opposée aux courants des avant-gardes modernes et des représentations que l’on peut s’en faire. Dans cette voie solitaire, le peintre excentrique se réfère à un large éventail de prédécesseurs et de traditions artistiques allant de Piero della Francesca à Poussin, Füssli, Courbet et Cézanne. Mais un examen plus attentif révèle aussi les impulsions de certains courants artistiques modernes, notamment la Nouvelle Objectivité ou le Surréalisme, qui offrent un contexte aux stratégies parfois provocatrices de mise en scène picturale de Balthus et aux dimensions abyssales et insondables de son art. Sa distanciation fondamentale du modernisme, démarche que l’on peut presque qualifier de postmoderne, mène pourtant Balthus à développer une forme toute personnelle d’avant-garde, qui apparaît d’autant plus pertinente aujourd’hui. Balthus s’affirme en effet comme l’artiste de la contradiction et du trouble, dont les œuvres à la fois sereines et fébriles font se rencontrer des contraires qui mêlent de manière unique la réalité et le rêve, l’érotisme et la candeur, l’objectivité et le mystère, le familier et l’étrange. Dans ce jeu de contrastes, Balthus combine des motifs de la tradition artistique à des éléments empruntés aux illustrations populaires de livres pour enfants du 19ème siècle. Ses tableaux sont empreints d’ironie tant implicite qu’explicite, réfléchissant et s’interrogeant par là sur les possibilités et les impossibilités figuratives et esthétiques de l’art du 20ème siècle et au-delà. Les paradoxes s’étendent aussi à la personne de Balthus, qui dans un geste de modestie tenait à être considéré comme un « artisan » tout en adoptant la posture et le statut de l’aristocrate intellectuel cultivant des liens étroits avec de grands philosophes, écrivains, gens de théâtre et cinéastes de son temps. Sa longue vie, qui a coïncidé avec la quasi-totalité du 20ème siècle, a ainsi oscillé constamment entre ascèse et mondanité.

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Balthus, La rue, 1933. Huile sur toile, 195 x 240 cm, The Museum of Modern Art, New York, Légué par James Thrall Soby © Balthus. Photo: © 2018. Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence.

With his multifaceted and ambiguous oeuvre, which has prompted both reverence and rejection, Balthasar Klossowski de Rola (1908–2001), known as Balthus, pursued an artistic path running distinct from, or even counter to, the currents of modernist avant-gardes and our established notions thereof. On this solitary path, the eccentric painter drew on a number of art historical traditions and predecessors, ranging from Piero della Francesca to Poussin, Füssli, Courbet and Cézanne. Yet closer consideration also reveals some affinities with modern artistic movements, namely the Neue Sachlichkeit (New Objectivity) and Surrealism. These provide a context in which to view Balthus’ at times provocative images and their cryptic and unfathomable quality. Yet with his fundamental dissociation from modernism, which might almost be termed postmodern, he developed his very own form of avant-garde, which appears all the more contemporary today. Balthus is an artist of contradiction and disturbance. In his paintings, both serene and tense, opposites meet, uniquely blending the real and the dreamlike, the erotic and the candid, the matterof-fact and the enigmatic, the familiar and the uncanny. Playing with these contrasts, Balthus combined traditional artistic motifs with elements derived from illustrations in popular nineteenth-century children’s books. His images are infused with irony, both explicit and implicit, which is one of the ways they reflect and question the representational and aesthetic possibilities and impossibilities of art in the 20th century and beyond. Balthus himself was defined by paradox. As an artist, in a gestus of modesty, he sought to be viewed as a “craftsman”, while at the same time adopting the stance and status of an intellectual aristocrat nurturing close relationships with leading philosophers, writers, theatre professionals and filmmakers of his day. His long life, which spanned almost the entire 20th century, thus continuously shifted between asceticism and worldliness. 

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Balthus, Le roi des chats, 1935. Huile sur toile, 78 x 49,7 cm, Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, Donation de la Fondation Balthus Klossowski de Rola, 2016 © Balthus. Photo: Etienne Malapert, Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.

L’artiste entretenait des liens étroits avec la Suisse. Il a passé son enfance à Berne, Genève et Beatenberg, épousé la Bernoise Antoinette de Watteville et vécu avec elle en Suisse romande et alémanique. Les dernières décennies de sa vie ont eu pour cadre l’imposant Grand Chalet à Rossinière. Depuis les années 1930, une profonde amitié le liait par ailleurs à Alberto Giacometti, artiste pour lequel Balthus avait la plus haute estime.

L’exposition rétrospective de la Fondation Beyeler est la première qu’un musée suisse consacre à Balthus depuis dix ans. C’est aussi la première présentation d’envergure de son travail en Suisse alémanique. L’exposition réunit 40 tableaux clé de toutes les phases de sa carrière, des années 1920 aux années 1990. À travers cette sélection, c’est pour ainsi dire la quintessence de l’œuvre de Balthus que découvrira le visiteur, fruit d’une carrière très longue qui n’aura pourtant produit que quelque 350 travaux.

The artist had close ties to Switzerland. He spent his childhood years in Bern, Geneva and Beatenberg, his first wife Antoinette de Watteville was Bernese, and together they lived in both French- and Germanspeaking Switzerland. The last decades of his life were spent in the imposing Grand Chalet in Rossinière. In the 1930s, he became close friends with Alberto Giacometti, whose art he greatly admired. 

The Fondation Beyeler’s retrospective is the first exhibition devoted to Balthus by a Swiss museum in a decade and the first-ever extensive presentation of his work in German-speaking Switzerland. Featuring 40 key paintings from all periods of the artist’s career, from the 1920s to the 1990s, it seeks to convey the very essence of an oeuvre that, though spanning a long period of time, comprises no more than some 350 pictures

 

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Balthus, Les enfants Blanchard, 1937. Huile sur toile, 125 x 130 cm, Musée national Picasso-Paris, Donation des héritiers de Picasso, 1973/1978 © Balthus. Photo: RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau.

Parmi les temps forts de l’exposition figurent entre autres des toiles telles La Rue (1933), scène de rue parisienne avec des figures mystérieuses paraissant comme figées dans leurs poses sur une scène de théâtre. Cette suspension qui frappe les actions des personnages dans les œuvres de Balthus est aussi apparente dans Les Enfants Blanchard (1937), acquis en 1941 par Pablo Picasso, avec lequel Balthus entretenait une relation amicale. La Jupe blanche (1937) est probablement le plus beau portrait réalisé par Balthus de sa première épouse Antoinette de Watteville. Le Roi des chats (1935) est un rare autoportrait dans lequel Balthus, alors âgé de 27 ans, se figure avec un maintien assuré sous les traits d’un dandy élégant accompagné d’un chat. Les chats jouent un rôle important dans la vie et dans l’œuvre de Balthus: ils apparaissent régulièrement dans ses tableaux, souvent en tant qu’alter ego de l’artiste. Avec La Partie de cartes (1948–1950), toile rarement prêtée, l’exposition présente une œuvre à la tension ensorcelante. Le portrait Thérèse rêvant (1938), qui a récemment fait l’objet d’une attention internationale, fait également partie de l’exposition. C’est l’un des exemples les plus précoces et célèbres des représentations caractéristiques de Balthus de jeunes filles au seuil de l’âge adulte, qui recèlent une tension difficile à cerner entre insouciance enfantine et érotisme séducteur. Le monumental Passage du Commerce-SaintAndré (1952–1954) condense de manière particulièrement forte le souci intense du peintre de rendre visibles les dimensions de l’espace et du temps et de révéler leur rapport avec les figures et les objets – aspects fondamentaux de son art.

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Balthus, La jupe blanche, 1937. Oil on canvas, 130 x 162 cm. Private collection, private collection © Thomas Ammann Fine Art AG. Image: Thomas Ammann Fine Art.

Highlights of the exhibition include paintings such as La Rue (1933), a Parisian street scene in which enigmatic figures appear as if frozen in their poses on a theatre stage. This standstill to which movements and activities appear to have been brought in Balthus’ works also becomes apparent in Les Enfants Blanchard (1937), which was acquired in 1941 by Pablo Picasso, a friend of the artist. La Jupe blanche (1937) is probably the most beautiful portrait painted by Balthus of his first wife Antoinette de Watteville. Le Roi des chats (1935) is a rare self-portrait, which shows the 27-year-old Balthus as a poised and elegant dandy with a cat at his feet. Cats played an important role in Balthus’ life and work, repeatedly appearing in his paintings, often as the artist’s alter ego. La Partie de cartes (1948–1950), a rare loan, is a particularly unnerving work. The exhibition also features Thérèse rêvant (1938), which has recently been the focus of much international attention. It is one of the earliest and most prominent examples of Balthus’ characteristic depictions of young girls on the threshold to adulthood, which harbour an elusive tension between childlike insouciance and seductive eroticism. The monumental Passage du Commerce - Saint André (1952–1954) condenses to a particular degree fundamental aspects of Balthus’ art – his farreaching, intensely probing engagement with visualising the dimensions of space and time and their relation to figures and objects.

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Balthus, Thérèse rêvant, 1938. Oil on canvas, 149.9 x 129.5 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York, Jacques and Natasha Gelman Collection, 1998 © Balthus, Image: The Metropolitan Museum of Art / Art Resource / Scala, Florence

Présentées dans le cadre de la Fondation Beyeler, les œuvres de Balthus apparaissent comme les représentantes d’un modernisme qu’on pourrait dire « autre » tant elles opèrent en véritable contrepoint à la notion de modernisme qui a guidé Ernst et Hildy Beyeler dans leur activité de collectionneurs. Elles élargissent et complètent ainsi d’une certaine façon la vision de l’art moderne que propose notre musée. Bien que Balthus ne soit pas représenté dans la collection du couple Beyeler, plusieurs œuvres importantes de l’artiste ont été vendues ou entremises par leur galerie, dont la scandaleuse et légendaire Leçon de guitare (1934), Jeune fille à la fenêtre (1957) et la version des Trois Sœurs peinte en 1964. 

Seen in the context of their presentation at the Fondation Beyeler, Balthus’ works officiate as representatives of an “other” modernism and offer a veritable counterpoint to the conception of modernism that guided the collecting activity of Ernst and Hildy Beyeler. As such, they expand and complement the vision of modern art conveyed by our museum. Though Balthus is not represented in the Beyelers’ collection, several major works of the artist were sold by or via the Beyelers’ gallery, among them the legendarily scandalous La Leçon de guitare (1934), Jeune fille à la fenêtre (1957) and the 1964 version of Les Trois Sœurs.  

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BalthusThérèse1938. Huile sur carton sur bois, 100.3 x 81.3 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York, Légué par Mr. et Mrs. Allan D. Emil, en l’honneur de William S. Lieberman, 1987 © Balthus, Photo: The Metropolitan Museum of Art/Art Resource/Scala, Florence.

Exposer Balthus est un défi particulier pour un musée. Aujourd’hui encore, l’artiste est fréquemment associé à ses représentations de jeunes filles et de jeunes femmes qui continuent à provoquer parfois un certain malaise chez les spectateurs et à susciter des débats sur les limites de la représentation artistique. En novembre 2017, l’importante toile Thérèse rêvant (1938) a provoqué un scandale public au Metropolitan Museum of Art de New York lorsqu’une pétition lancée en ligne a exigé son décrochage ou sa recontextualisation en raison des connotations érotiques de l’image. Malgré l’écho important rencontré par la pétition, le Metropolitan Museum a décidé de laisser en place l’œuvre contestée. En pleine controverse, le tableau nous parvient donc aujourd’hui sous de nouveaux auspices en tant que symbole d’un débat culturel ravivé.

A Balthus exhibition presents a museum with special challenges. To this day, the artist is often associated with his depictions of young girls and women, eliciting unease and triggering debates about the limits of art and representation. In November 2017, Balthus’ major painting Thérèse rêvant (1938) caused a public outcry at the Metropolitan Museum of Art in New York when an online petition demanded for the picture to be removed from view or recontextualised on account of its erotic connotations. Despite widespread support for the petition, the museum decided to leave the contentious work on display. In the midst of this controversy, the painting is now reaching us under new auspices as the symbol of a newly ignited cultural debate. 

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BalthusLe cerisier1940. Huile sur bois, 92 x 72,9 cm, Roman Family London © Balthus.

La présente rétrospective Balthus doit elle aussi être l’occasion d’un débat et d’une réflexion sur les possibilités et les fonctions de l’art. L’art est tout particulièrement porteur d’ambiguïté et de perspectives multiples sur le monde. Par-delà le bon et le beau, cela inclut également les aspects insondables, déroutants, déplaisants ou provocateurs de l’imaginaire et de la condition humaine dans sa vérité. Cette complexité et cette richesse qui sont non seulement celles de l’art mais celles du monde en général, c’est précisément aux musées qu’il incombe de les explorer et d’en être les médiateurs critiques, afin d’inciter le spectateur à l’exercice de la pensée et du questionnement. Dans ses multiples facettes, l’œuvre de Balthus apporte une contribution importante à cette dimension réflexive essentielle de l’art en tant que forme d’expression libre. 

This Balthus retrospective also seeks to foster discussion and reflection on the possibilities and the functions of art. Art operates in the realm of ambiguity. It provides a plurality of perspectives, which go beyond the good and the beautiful to encompass such equally valid aspects of human existence and imagination as the unfathomable, the unconventional, the disturbing and the provocative. It falls to museums in particular to explore and critically mediate this complexity of both art and the world as such in order to encourage viewers to reflect and question things. In its very intricacy and multidimensionality, Balthus’ work makes an important contribution to the essential reflexive dimension of art as a free form of expression. 

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BalthusLe goûter1940. Oil on cardboard on wood, 72.9 x 92.8 cm. Tate, Legacy Simon Sainsbury 2006, acquired in 2008 © Balthus. Image: Tate, London 2017

L’exposition est accompagnée d’un important programme de médiation artistique qui inclut entre autres une table ronde réunissant des intervenants de haut niveau et des visites guidées spéciales le dimanche suivies de discussions. Un mur de commentaires dans le musée présentera les voix de défenseurs et de détracteurs de Balthus et permettra aussi aux visiteurs d’y exprimer leur opinion. Dans les salles d’exposition, des médiateurs artistiques se tiendront à la disposition du public pour dialoguer. 

The exhibition is framed by a comprehensive art mediation programme, featuring among others a distinguished panel discussion and special Sunday tours offering room for conversation. A comments wall will display pro and contra voices, and also allow visitors to express their opinion. Art mediators will be present in the exhibition spaces and can be called upon directly by visitors.  

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BalthusLe salon (I)1941-1943. Oil on canvas, 113 x 146.7 cm. Minneapolis Institute of Art, The John R. Van Derlip Fund and The William Hood Dunwoody Fund © Balthus. Image: Bridgeman Images

Pour réaliser cette grande rétrospective, la Fondation Beyeler a pu s’assurer un grand nombre de prêts inestimables de musées au rayonnement international dont le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art à New York, le Centre Pompidou à Paris, le Hirshhorn Museum à Washington et la Tate à Londres. De nombreuses œuvres majeures en provenance de collections privées européennes, américaines et asiatiques, auxquelles le public n’a normalement pas ou peu accès, feront pour certaines leur première apparition en public. L’exposition est placée sous le commissariat de Dr Raphaël Bouvier, conservateur, et Michiko Kono, conservatrice adjointe. 

To put together this extensive retrospective, the Fondation Beyeler was able to secure numerous valuable loans from major international museums, among which the Metropolitan Museum of Art and the Museum of Modern Art in New York, the Centre Pompidou in Paris, the Hirshhorn Museum in Washington and the Tate in London. Many significant works from European, American and Asian private collections, never or rarely seen, will for some be on public view for the first time. The exhibition is curated by Dr Raphaël Bouvier, Curator, and Michiko Kono, Associate Curator.  

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BalthusLa partie de cartes1948-1950. Huile sur toile, 139.7 x 193.7 cm, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid © Balthus. 

Le catalogue de l’exposition, publié par Hatje Cantz, propose des textes instructifs des historiens de l’art Olivier Berggruen, Yves Guignard et Juan Ángel López-Manzanares portant sur la vie et l’œuvre de l’artiste. À noter également, un texte personnel du cinéaste et photographe Wim Wenders, qu’une amitié étroite liait à Balthus et à sa famille. Beate Söntgen, professeure d’histoire de l’art, consacre un article aux représentations de jeunes filles de Balthus. C’est également sur ce sujet largement débattu que se penche le texte de Michiko Kono, qui traite des figures féminines dans les œuvres de Balthus. Raphaël Bouvier discute dans son article des divers aspects de la dimension temporelle qui s’ouvrent dans la conception artistique de Balthus et auxquels il donne forme dans l’ensemble de son œuvre. 

The exhibition catalogue, published by Hatje Cantz, contains insightful essays on the artist’s life and work by art historians Olivier Berggruen, Yves Guignard and Juan Ángel López-Manzanares. Of special note is a personal essay by filmmaker and photographer Wim Wenders, a close friend of Balthus and his family. Beate Söntgen, professor of art history, writes about Balthus’ paintings of girls. This much-debated topic is also the focus of Michiko Kono’s text, which deals with the female figure in Balthus’ paintings. Raphaël Bouvier considers the manifold aspects of time contained and made visible in Balthus’ artistic conception and output.  

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BalthusLe chat au miroir III1989-1994. Huile sur toile, 220 x 195 cm, Collection privée, l‘Asie  © Balthus. 

La rétrospective Balthus est réalisée en coopération avec le Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid, l’un des plus prestigieux musées d’Espagne. L’exposition y sera montrée sous forme légèrement différente en début d’année prochaine. 

This Balthus retrospective was developed in cooperation with one of Spain’s most renowned museums, the Museo Nacional Thyssen-Bornemisza in Madrid, which will show a modified version of the exhibition early next year.

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Balthus, 1948. Photo: Irving Penn © The Irving Penn Foundation.

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Setsuko Klossowska de Rola, widow of French-Polish artist known as Balthus, born Balthasar Klossowski de Rola, smiles during a preview of the exhibition "Balthus" on August 31, 2018 at the Fondation Beyeler in Riehen near Basel. Fabrice COFFRINI / AFP.