529PF1960_9ZVXF_1

1

2

Lot 11. Anselm Kiefer (N. 1945), Herr und leandertechnique mixte sur toile, 189 x 332 x 21 cm. Exécuté en 1990. Estimation 500,000 — 700,000 €. Courtesy Sotheby's. 

Cette oeuvre est accompagnée par un certificat d'authenticité signé par l'artiste.

Provenance: Galerie Di Meo, Paris
Acquis auprès de celle-ci par les propriétaires actuels en 1990.

BibliographiePierre Nahon, L'Histoire de la Galerie Beaubourg I 1936-1988, Paris, 2009, p. 61, illustré en couleurs
Marianne et Pierre Nahon, Dictionnaire amoureux illustré de l'Art moderne et contemporain, Gründ, 2018, p. 182, illustré en couleurs.

Je manipule des couleurs, des matières, sans savoir précisément ce que je fais, mais quelque chose me pousse. Au bout d'un certain temps, je me retrouve face à ce qui n'est pas encore un tableau mais avec quoi je peux me confronter. Dans ma tête commence alors une lutte, pour savoir comment continuer. Il y a toujours cent voies possibles. Anselm Kiefer

Note: Paysage sans horizon dans lequel le regard se perd quelques instants, submergé par l’immensité de cette composition stellaire, avant de se poser sur un mystérieux vaisseau posé en nuage, Herr und Leander reflète la fascination d’Anselm Kiefer pour les forces telluriques. Depuis le début de sa carrière, Kiefer n’a cessé de s’interroger sur la place de l’homme dans l’univers à travers des œuvres sur lesquelles souffle un esprit épique unique dans la création contemporaine. Célèbre pour son emploi de mediums rares en peinture, porteurs de sens et exprimant une quête intérieure, Kiefer utilise ici l’un de ses matériaux de prédilection, le plomb, pour brosser une scène hors du temps, ou plutôt d’un autre temps, celui des astres qui brillent à des millions d’années lumières dans la voie lactée.

Faisant son apparition dans l’œuvre d’Anselm Kiefer dès les années 70, le plomb occupe de plus en plus d’espace dans ses toiles -si l’on peut encore les qualifier comme telles- à partir de 1985, date à laquelle il fait l’acquisition de la toiture de la cathédrale de Cologne alors en réfection. Essentiel dans la composition de Herr und Leander, le plomb confère une dimension aussi chargée qu’immémoriale à cette œuvre qui a par la même la beauté des ruines que les romantiques chantent depuis le XIXe siècle.

Mais il l’emmène aussi sur le terrain de l’alchimiste, transformant en or ce métal énigmatique et versatile qui peut prendre une forme aussi sombre que lumineuse et auquel on attribue des pouvoirs protecteurs aussi bien que maléfiques. Brillant comme l’argent, il se patine au contact de l’air de carbonate, prenant ces teintes sourdes et saturniennes qui donnent à Herr und Leander cette splendeur froide de la grande peinture du nord.

Sotheby's. Collection Marianne et Pierre Nahon, L’art c’est la vie, Paris, 14 mars 2018