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Lot 4. Yves Klein (1928 - 1962), Portrait relief de Claude Pascal (PR3), pigment pur et résine synthétique sur bronze monté sur panneau recouvert de feuilles d'or, 176 x 94 x 31 cm; 69 1/4 x 37 x 12 1/4 in. Exécutée en 1962, cette oeuvre est le numéro 4 d'une édition de 6 exemplaires plus 2 Hors Commerce et 2 épreuves d'artiste. Estimation 300,000 — 500,000 €. Courtesy Sotheby's.

Cette oeuvre est enregistrée aux Yves Klein Archives sous le numéro PR3.

ProvenanceClaude Pascal, Paris
Acquis auprès de celui-ci par les propriétaires actuels en 2003

Bibliographie: Catalogue d'exposition, Fondation La Caixa, Europa de Postguerra 1945-1965, art despuès del diluvio, Barcelone, mai - juillet 1995, p. 235, illustré
Jean-Paul Ledeur, Yves Klein, Catalogue des Editions et des Sculptures Editées, Paris, 2000, p. 272, illustré en couleurs
Robert Fleck, Marie Raymond, Yves Klein, Paris, 2004, p. 192, illustré en couleurs
Marianne et Pierre Nahon, Dictionnaire amoureux illustré de l'Art moderne et contemporain, Gründ, 2018, p. 187, illustré en couleurs.

NoteQUOTE under cataloguing

Yves Klein fut un artiste créateur de mythe. Devenu Yves le Monochrome, il adopte le bleu auquel il donne son nom - l’IKB, International Klein Blue - projette l’art dans l’invisible, transforme ses modèles en « pinceaux vivants ». Outre une œuvre exceptionnelle, il laisse derrière lui des écrits clairvoyants qui font de lui l’un des artistes les plus novateurs de son temps, dont les audaces ne cessent de stupéfier.

En février 1962, Yves Klein décide de créer trois portraits-relief, moulages grandeur nature de ses acolytes nouveaux réalistes : Arman, Martial Raysse et Claude Pascal. Comme pour ses Anthropométries, c’est le corps nu, dénué de tout attribut extérieur, qu’il décide d’employer pour réaliser ces haut-reliefs qui ne sont pas sans rappeler certains vestiges de la statuaire gréco-romaine classique de par leurs dimensions, leur aspect frontal et leurs coupes asymétriques au niveau des jambes.

Recouverts de pigments IKB et montés sur un majestueux panneau peint à la feuille d’or, ce portrait-relief du poète Claude Pascal, avec qui Yves Klein collabora à plusieurs reprises dans sa carrière, fut exécuté quelques mois seulement avant la mort tragique de l’artiste qui projetait de compléter la série en réalisant un quatrième et dernier portrait-relief le représentant dans la même pose mais cette fois recouvert de pigments d’or et monté sur un panneau peint à la peinture outremer.

Alternant or et IKB, indissociables de sa pratique et exemplaires de son œuvre s’il en est, Klein se joue une fois de plus des codes, la figure humaine semblant presque se détacher de son support vertical pour surgir dans l’espace comme dans un autre Saut dans le Vide. De par la physicalité de la posture, l’homme semble ainsi particulièrement présent tout en semblant particulièrement absent, figé dans le bronze et enveloppé de ces fines particules bleus Klein douces et monochromes comme d’un onguent sépulcral. A travers le portrait-relief de Claude Pascal,

Yves Klein questionne ainsi non seulement les mediums pictural et sculptural mais repousse les limites de l’art en livrant une œuvre sensible, spirituelle et métaphysique révolutionnaire qui inspirera les générations à venir.

Sotheby's. Collection Marianne et Pierre Nahon, L’art c’est la vie, Paris, 14 mars 2018