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PARIS - Après « Paris 1900, la Ville spectacle », le Petit Palais présente « Paris romantique » et poursuit ainsi son évocation des grandes périodes fondatrices de l’identité de Paris. Cette exposition-événement offre un vaste panorama de la capitale durant les années romantiques, de la chute de Napoléon à la révolution de 1848. Plus de 600 œuvres -peintures, sculptures, costumes, objets d’art et mobilier- plongent le visiteur dans le bouillonnement artistique, culturel et politique de cette époque. Grâce à une scénographie immersive, le parcours invite à une promenade dans la capitale à la découverte des quartiers emblématiques de la période : les Tuileries, le Palais-Royal, la Nouvelle-Athènes, la cathédrale Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, ou les Grands Boulevards des théâtres. Dans le même temps, un volet dédié aux salons littéraires et mondains est présenté au musée de la Vie romantique et complète l’exposition.

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Georges Arnald, Paris vu des hauteurs de Montmartre, 1822, huile sur toile, Paris, musée Carnavalet. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

Le parcours qui suit le déroulé d’une journée débute au petit matin dans les salons du palais des Tuileries, résidence royale et siège du pouvoir politique. Grâce à des prêts exceptionnels, notamment du musée des Arts décoratifs, certains intérieurs sont évoqués ainsi que des personnalités qui ont influencé la mode, comme la duchesse de Berry ou pratiqué les arts comme Marie d’Orléans dont l’œuvre sculpté est remarquable.

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Alexandre Louis Bellangé, Charles-Auguste Questel, Meuble d’appui pour la salle à manger du duc d’Orléans, 1840, Musée du Louvre, département des Objets d’Art. Photo RMN–Grand Palais/Jean-Gille Berizzi.

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Etienne Bouhot, Le jardin et le palais des Tuileries vus du Quai d’Orsay, 1813, huile sur toile, Salon de 1814, Paris, Musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

La journée se poursuit par une balade au Palais-Royal. Une spectaculaire maquette provenant du musée Carnavalet et une reconstitution scénographique permettent de revivre l’animation propre à ce temple du commerce et des plaisirs. Un ensemble d’objets de luxe, petits bronzes et accessoires de mode rappellent le raffinement de l’artisanat d’art de cette époque. Une sélection de costumes, prêtés par le Palais Galliera illustrent également le « chic » des Parisiennes et des dandys faisant déjà de Paris la capitale de la mode. 

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Édouard Dubufe, Jeune fille au portrait, vers 1840, Musée des Arts décoratifs. Photo MAD.

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Peigne à dix dents, écaille, turquoises, vers 1840, Musée des Arts décoratifs. Photo MAD

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Robe d’été, en une seule pièce ras du cou, manches pagodes longues, jupe à fronces avec une ceinture, vers 1845, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris. Photo Palais Galliera / Roger-Viollet

Le visiteur découvre ensuite un accrochage à touche-touche d’œuvres, qui recrée le Salon tel qu’il était présenté au Louvre. Peintures et sculptures s’y répondent et les représentants des différentes tendances artistiques y sont présentés côte-côte. On retrouve ainsi Chassériau, Delacroix, Girodet, Ingres, ou encore Vernet et Delaroche, à côté de Bosio, David d’Angers, Pradier ou Préault pour la sculpture.

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Théodore Chassériau, Sapho, 1849, Salon de 1850, huile sur bois, Musée d’Orsay, dépôt du musée du Louvre. Photo RMN-Grand Palais/Adrien Didierjean.

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Eugène Delacroix, Le Christ au jardin des Oliviers, 1826, Salon de 1827, huile sur toile, Paris, église Saint-Paul-SaintLouis. Photo COARC / Roger-Viollet.

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Charles-Édouard Leprince (baron de Crespy), Promenade de Julie et Saint-Preux sur le lac de Genève, 1824, huile sur toile, Montmorency, musée Jean-Jacques Rousseau. Photo Didier Fontan.

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Eugène Delacroix, Les convulsionnaires de Tanger, 1837- 1838, huile sur toile, Minneapolis, Institute of Art. Photo Bridgeman Images

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Pierre-Jean David, dit David d’Angers, La jeune grecque au tombeau de Marco Botzaris, plâtre, Angers, Galerie David d’Angers. Photo Musées d’Angers

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Horace Vernet, Mazeppa aux loups, 1826, huile sur toile, Avignon, musée Calvet. Photo Jean-Luc Maby

Le parcours se poursuit par une salle dédiée au goût pour le Moyen-Âge que l’on redécouvre après la Révolution. Il inspire les peintres « troubadour » avant d’enthousiasmer les artistes romantiques. Le succès du célèbre roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831) ravive la passion populaire pour des « siècles obscurs » et le patrimoine du vieux Paris pittoresque. 

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Pendule de Notre-Dame, 1835-1845, bois incrusté de filets de laiton, bronze ciselé et doré, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet

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Charles de Steuben, La Esméralda, Salon de 1839, huile sur toile, Nantes, Musée d’Arts. Photo RMN-Grand Palais/Gérard Blot.

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Louis Boulanger, Scène de Notre-Dame de Paris, La Esmeralda chez Madame de Gondelaurier, 1831, aquarelle sur papier fin, Paris, Maisons de Victor Hugo. Photo Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet.

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Thomas Shotter Boys, Le carrefour des rue Bailleul et Jean Tison, actuel 1er arrondissement de Paris, 1831, aquarelle avec rehauts de gouache, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet/Roger-Viollet

L’exposition rappelle ensuite que cette effervescence culturelle a pour toile de fond une forte instabilité politique. En juillet 1830, le roi Charles X est renversé. À sa place, Louis-Philippe, est porté au pouvoir mais n’en devient pas moins très vite impopulaire. Les émeutes sont nombreuses, comme en témoigne la célèbre lithographie d’Honoré Daumier, Le massacre de la rue Transnonain (1834). Un ensemble de caricatures politiques de Daumier, Granville, Traviès, Roubaud restitue les débats et les luttes politiques de la période tandis qu’une sélection de peintures et de sculptures rappelle les combats menés dans les rues de Paris en juillet 1830.

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Léon Cogniet, Les Drapeaux, 1830, huile sur toile, Orléans, musée des Beaux-Arts. Photo musée des Beaux-Arts/Ville d’Orléans.

Le thème révolutionnaire est également abordé par le biais de deux œuvres emblématiques créées la même année : Hernani de Victor Hugo et La Symphonie fantastique d’Hector Berlioz. 

La période voit également apparaître le mythe de l’artiste bohème, en quête d’inspiration et de reconnaissance, incompris du public bourgeois et voué à la misère. Des peintures et gravures évoquent la vie de ces artistes mais également les divertissements populaires comme les bals et les fêtes costumées qui se développent à cette période. 

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John James Chalon, Bal public, 1818, huile sur toile, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet/Roger-Viollet.

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Eugène Lami, Scène de carnaval, place de la Concorde, 1834, huile sur toile. Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

Le visiteur part ensuite à la découverte de la Nouvelle Athènes, quartier situé près de la gare Saint Lazare, et qui abrite alors de nombreux ateliers d’artistes : celui d’Ary Scheffer, aujourd’hui musée de la Vie Romantique, de Géricault et même pendant un temps, celui de Delacroix mais aussi les demeures de George Sand, Chopin... 

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Henri Lehmann, Portrait de Franz Liszt, huile sur toile, 1839, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

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Désiré Court, Femme à mi-corps, couchée sur un divan, 1829, huile sur toile, Montpellier, musée Fabre. Photo Musée Fabre, Montpellier/Frédéric Jaulme.

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Arie Johannes Lamme, Atelier de l’artiste Ary Scheffer, rue Chaptal, 1851, huile sur bois, Paris, Musée de la Vie romantique. Photo Musée de la Vie Romantique/Roger-Viollet

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Auguste Charpentier, Portrait de George Sand, vers 1837, huile sur toile, Paris, Musée de la Vie romantique. Photo Musée de la Vie Romantique/Roger-Viollet

La journée se termine sur les Grands Boulevards, lieu de promenade et de distraction favoris des Parisiens où se situent le Théâtre italien pour l’opéra et les salles de spectacles plus populaires. On retrouve les figures des grandes « vedettes » comme l’actrice Marie Dorval, l’acteur Mélingue, les danseuses Fanny Essler et Marie Taglioni à travers des portraits, des objets-souvenirs et des projets de décors et de costumes. Le parcours se clôt par la révolution de 1848 et la désillusion de la génération romantique avec la présentation du manuscrit original de L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert.

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Domenico Ferri, Boulevard des Italiens de nuit, vers 1835, huile sur toile, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

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Louis-Léopold Boilly, L’Effet du mélodrame, vers 1830, huile sur toile, Versailles, musée Lambinet. Photo RMN-Grand Palais/Philipp Bernard

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Louis-Léopold Boilly, L’entrée du théâtre de l’Ambigu-Comique à une représentation gratis, Salon de 1819, Musée du Louvre. Photo RMN-Grand Palais/Philippe Fuzeau

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Henri Decaisne, Portrait de Maria Malibran-Garcia dans le rôle de Desdémone, 1830, huile sur toile, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Des dispositifs de médiation numériques pour prolonger l’expérience de visite Une première borne numérique rappelle le contexte politique de la période à travers quatre épisodes historiques : la Restauration, la révolution de 1830, la Monarchie de juillet et la révolution de 1848. Un second dispositif présente une carte interactive de Paris pour situer les monuments ainsi que les lieux de divertissement, artistiques, littéraires et politiques emblématiques de la période romantique évoqués dans l’exposition. Enfin, une application mobile invite le public à prolonger l’exposition en partant dans Paris sur les traces toujours palpables de cette époque. Le parcours, sous forme d’un jeu de piste, permet de découvrir de manière ludique les principaux quartiers évoqués dans l’exposition. Réalisée avec l’agence Ma Langue au chat, elle est disponible gratuitement pour iOS et Androïd en français et en anglais, et propose deux parcours, un famille et un adulte.

L’exposition se prolonge au musée de la Vie Romantique qui propose quant à lui une immersion au cœur des salons littéraires de l’époque. Peintures, sculptures, dessins, vêtements et manuscrits sont exposés au sein d’un parcours riche d’une centaine d’œuvres qui présente l’atmosphère, le déroulement et la postérité de ces salons. Véritables « laboratoires » de l’écriture romantique, ils réunissent les plus grands écrivains du début du XIXe siècle comme Victor Hugo, Honoré de Balzac et Théophile Gautier. Ces salons expriment la fraternité des arts chère au mouvement romantique. L’exposition met ainsi en valeur ces jeux d’échos entre la littérature, les beaux-arts et la musique. Des dispositifs numériques de médiation, un cabinet d’écoute ainsi qu’une riche programmation culturelle complètent cette exposition.

du 22 mai au 15 septembre 2019