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PARIS - Après une campagne de rénovation d’envergure, le musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris rouvre ses portes avec un nouveau parcours permanent repensé.

Lieu de référence sur l’art de la Chine, le musée Cernuschi réaffirme sa vocation d’espace privilégié de découverte de l’Asie extrême-orientale à travers les échanges artistiques qui unissent la Chine au Japon, à la Corée et au Vietnam. À l’issue d’une réflexion sur la pédagogie du parcours et après un chantier de rénovation de près de 9 mois, le musée inaugure une nouvelle phase de son histoire, avec un parcours de visite repensé, véritable invitation au voyage dans l’écrin de l’hôtel particulier imaginé au XIXe siècle par Henri Cernuschi.

Ce parcours, dont la scénographie a été confiée à l’Atelier Maciej Fiszer, présentera de nouvelles facettes de la collection, mettant en avant une large sélection d’oeuvres dont une majorité n’était pas exposée jusqu’à présent (430 nouveaux objets sur 650).

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Portrait d’Henri Cernuschi, 1876.

Un parcours enrichi à travers les arts de l’asie orientale

Débutant avec une présentation de la collection initiée par Henri Cernuschi lors de son séjour en Asie entre 1871 et 1873, la visite est d’abord envisagée comme une invitation au voyage dans l’esprit de son fondateur, qui a placé les arts du Japon et de la Chine au coeur de sa collection.

Dans un second temps, le visiteur est amené à se plonger dans une histoire singulière qui, de dynastie en dynastie, offre une vaste perspective sur les arts de la Chine, considérés dans leur continuité, depuis la préhistoire jusqu’au XXIe siècle.

Ce parcours chronologique qui accompagne l’évolution culturelle et artistique de la Chine est ponctué de moments consacrés aux autres aires culturelles majeures de la collection, la Corée, le Japon et le Vietnam. Des vitrines « grand angle » proposent en effet d’élargir les perspectives en présentant les échanges entre les différentes aires culturelles de l’Asie orientale ou les singularités de chaque pays.

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Vase you dit « la Tigresse ». Époque Shang (vers 1600 – vers 1050 av. J.C.), XIe siècle av. J.-C., Bronze, M.C. 6155. © Musée Cernuschi

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Bodhisattva, Dynastie Ming (1368-1644), Règne de Yongle (1403-1424), Bronze doré, M.C. 5173. Legs Pauline Tarn, dite Renée Vivien, 1909. © Musée Cernuschi

En fin de parcours, la nouvelle « salle des peintures », permet de présenter au public, sur un rythme de quatre rotations chaque année, une cinquantaine d’oeuvres d’arts graphiques (peintures sur papier ou sur soie, ou encore éventails et paravents) extrêmement fragiles issues de la riche collection d’arts graphiques du musée, notamment célèbre pour sa collection unique d’artistes asiatiques du XXe siècle.

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Zhang Daqian, Gibbon d'après Li Sheng, 1945, Papier, Encre, Couleurs - Pigments, 162 x 79.5 cm. Don Docteur Guo Youshou, M.C. 8711. © Musée Cernuschi

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Shim Kyung-Ja (née en 1944), Karma, 179x219 cm, encre et couleurs sur papier, 1998. Don de l’artiste, M.C. 2016-43. © Musée Cernuschi

À l’occasion de ces travaux une importante campagne de restauration des collections a été réalisée par le musée notamment grâce au soutien d’un financement participatif pour la restauration des céramiques archéologiques vietnamiennes. 

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Grand plat aux phénix. Dynastie des Lê postérieurs (1428 – 1788). Grès à décor bleu-et-blanc sous couverte, M.C. 2016-57. © Musée Cernuschi.

Une visite approfondie par des outils de médiation

Des outils numériques et des vitrines thématiques permettent désormais d’approfondir la découverte des collections.

Un compagnon de visite (application mobile gratuite) apportera des éléments multimédia et interactifs de contextualisation permettant une meilleure lecture des oeuvres phares de la collection, selon un parcours court ou une déambulation plus développée au gré du visiteur.

Des tables tactiles réparties dans le parcours des collections permanentes offriront une diversité de contenus : modélisation 3D, agrandissements de détails, présentation d’oeuvres fragiles ou surdimensionnées pour une présentation permanente. Afin de répondre aux attentes de tous les curieux de découvrir les arts de l’Asie d’hier et d’aujourd’hui ces outils tactiles enrichiront l’expérience de visite d’informations et d’explications inédites.

 

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Tigre dit « tora », bois laqué et doré, yeux incrustés, XVIII-XIXe siècle, Paris, Musée Cernuschi. Ancienne collection Henri Cernuschi. © S. Piera / Musée Cernuschi / Roger-Viollet.

Le musée Cernuschi et la découverte des arts de l’Asie

Le musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris est né de la volonté d’Henri Cernuschi (1821-1896), son fondateur. Familier de Léon Gambetta, d’Émile Zola, aussi bien que de Sarah Bernhardt ou d’Edmond de Goncourt, Cernuschi est une figure marquante du Paris intellectuel et artistique de la fin du XIXe siècle. Homme politique d’origine italienne aux engagements républicains, économiste et financier célèbre pour ses théories monétaires, Henri Cernuschi est aujourd’hui principalement connu à travers le prisme des arts asiatiques.

Au début des années 1870, Henri Cernuschi découvre l’Asie, véritable but d’un voyage autour du monde entrepris en compagnie du critique d’art Théodore Duret. Après avoir traversé le continent américain et l’océan Pacifique, il arrive au Japon, porte ouverte sur l’Asie et son art. Du Japon, il gagne la Chine, puis Java, Ceylan, Singapour et l’Inde. Ce périple est à l’origine d’une des plus importantes collections européennes d’art asiatique réunies au XIXe siècle.

En 1873, dès son retour à Paris, Cernuschi expose sa collection fraîchement constituée au palais de l’Industrie. Fort de ce succès, il fait construire dans un quartier récemment aménagé à proximité du parc Monceau, un hôtel particulier où il vit entouré de ses collections. Accueillant les artistes et les amateurs d’art asiatique, Cernuschi fait de sa demeure l’un des hauts lieux du japonisme jusqu’à sa mort en 1896. L’hôtel particulier et ses collections sont légués à la Ville de Paris.

Ouvert au public en 1898, le musée Cernuschi devient rapidement le théâtre d’expositions principalement consacrées aux arts de la Chine et du Japon. Pendant la première moitié du XXe siècle, les importantes découvertes archéologiques en Chine et au Vietnam impulsent une nouvelle orientation au musée, désormais largement consacré aux origines des cultures d’Asie orientale.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le musée Cernuschi s’est ouvert aux arts asiatiques modernes et contemporains. Au cours des dernières décennies, les multiples collaborations avec les créateurs asiatiques ont fait du musée non seulement un lieu d’exposition et de conservation d’oeuvres contemporaines, mais aussi de partage des connaissances et des pratiques artistiques actuelles.

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Ru Xiaofan, Jeunesse, porcelaine blanche, 2012, Paris, Musée Cernuschi. © S. Piera / Musée Cernuschi / Roger-Viollet

Héritage de cent cinquante ans de découvertes, les collections du musée Cernuschi embrassent près de cinq millénaires, de la préhistoire au XXIe siècle. À travers ces oeuvres, le public du musée est invité, dans l’esprit de son fondateur, au voyage en Asie.