04 avril 2020

Crochet porte-crânes Kerewa, Agiba, Delta du Kikori, Île de Goaribari, Golfe de Papouasie, Papouasie-Nouvelle-Guinée

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Lot 36. Crochet porte-crânes Kerewa, Agiba, Delta du Kikori, Île de Goaribari, Golfe de Papouasie, Papouasie-Nouvelle-GuinéeHauteur : 92 cm. (36 ¼ in.)Estimate EUR 120,000 - EUR 180,000 (USD 131,671 - USD 197,507). © Christie's Images Ltd 2020. 

ProvenancePhotographié in situ par Roy James Hedlund à Ubuo’o, delta du Kikori, en 1961
Acquis in situ par Thomas Schultze-Westrum, entre 1965 et 1968
Collection privée américaine, New York
Sotheby’s, New York, 15 novembre 1985, lot 15
Collection François Coppens, Belgique
Collection privée belge.

LiteratureWelsch, R.L. et al., Coaxing the Spirits to Dance: Art and Society in the Papuan Gulf of New Guinea, Washington, 2006, p. 74, n° 128
Herreman, F., Océanie. Signes de rites, symboles d’autorité, Bruxelles, 2008, p. 38, n° 12
Herreman, F., Oceanië. Tekens van riten, symbolen van gezag, Bruxelles, 2009, p. 38, n° 12.

À PARAÎTRE: Fogel, J. (éd.), avec les contributions de Schultze-Westrum, T., Craig, B. et Howarth, C. et textes préparés par Paul, Baron de Rautenfeld et Leo Austen, Agíbe, Pebbles Editions, San Francisco, été 2020.

ExhibitedBruxelles, Espace culturel ING, Océanie. Signes de rites, symboles d’autorité, 23 octobre 2008 - 15 mars 2009
Rotterdam, Wereldmuseum, Oceanië. Tekens van riten, symbolen van gezag, 10 décembre 2009 - 24 mai 2010.

Note: On compte à l’intérieur des grandes régions du Golfe de Papouasie plusieurs centres de styles dont celui de l’aire culturelle Kerewa, tenant son nom du village homonyme au nord de l’Île de Goaribari. Cette dernière « présente la plus grande complexité stylistique. La majorité des oeuvres sont produites dans cette aire et témoignent généralement d’un haut un degré d’accomplissement artistique, supérieur à tout ce que l’on peut rencontrer dans les régions plus à l’ouest. » (Newton, D., Art Styles of the Papuan Gulf, New York, 1961, p. 106).

La présence de crochets porte-crânes constitue une spécificité culturelle Kerewa qui fut initialement reconnue par Alfred Cort Haddon (Haddon, A.C., The Agiba Cult of the Kerewa Culture, in Man, Londres, vol. 18, 1918, p. 177). Selon ses observations, agiba signifiait l’autel familial formé par une plateforme suspendue à une certaine distance du sol et sur laquelle était placé un crochet portant les crânes des ennemis vaincus mais également ceux des ancêtres. Cet autel était situé à l’intérieur de la dubu daima - la maison des hommes mariés -, à distinguer de l’ohiabai daima, la maison des jeunes hommes. 

L’oeuvre présentée ici constitue un exemple éloquent du canon classique de cette forme d’art particulière qu’est l’agiba. Son graphisme remarquable est souligné par le caractère hautement stylisé du personnage humain aplati. La sculpture en boucle fermée, due à la fonction utilitaire de l’objet, est réduite ici à la représentation abstraite d’un visage agrandi dominant la ligne verticale du torse et des quatre membres.

Christie's. Arts d'Afrique, d'Océanie et d'Amérique du nord, Paris, 2 June 2020


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