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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
25 octobre 2020

Exposition Le Corps et l'Âme, de Donatello à Michel-Ange au musée du Louvre

 

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Tout au long d’un parcours riche de 140 œuvres, cette exposition, co-organisée avec le musée du Castello Sforzesco de Milan, présente dans son contexte artistique la sculpture de la seconde moitié du 15e siècle et du début du 16e siècle, période considérée comme l’apogée de la Renaissance. À partir de Florence, une variété de styles s’épanouit alors de Venise jusqu’à Rome. La représentation de la figure humaine dans la diversité de ses mouvements prend alors des formes extrêmement novatrices. Ces recherches sur l’expression et les sentiments sont au cœur des démarches des plus grands sculpteurs de la période, depuis Donatello jusqu’à l’un des créateurs les plus célèbres de l’histoire, Michel-Ange. L’exposition propose également d’aller à la découverte d’artistes moins réputés, d’admirer des œuvres difficilement accessibles de par leur lieu de conservation (églises, petites communes, situation d’exposition dans les musées), afin de les remettre en lumière, mais aussi en contexte.

« Le Corps et l’Âme » fait suite à l’exposition « Le Printemps de la Renaissance » présentée en 2013 au Louvre et au Palazzo Strozzi et consacrée aux prémices de l’art de la Renaissance à Florence dans la première moitié du Quattrocento.

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Tullio Lombardo, Bacchus et Ariane, vers 1505-1510. Vienne, Kunsthistorisches Museum © Kunsthistorischesmuseum, Vienne.

Trois parties majeures structurent l’exposition :
Dans La fureur et la grâceles compositions complexes s’attachent à traduire la force et l’exaspération des mouvements du corps, inspirées des modèles antiques, qu’on reconnait dans les œuvres d’Antonio del Pollaiolo, Francesco di Giorgio Martini ou Bertoldo, mettant en jeu autant la force et les torsions du corps masculin que l’effet expressif des plus intenses passions de l’âme. A contrario, des drapés élégants, entourant des corps majoritairement féminins, permettent aux artistes de révéler le charme de la figure humaine, qui débouche sur la représentation ultime de la grâce à travers le nu.

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Bertoldo di Giovanni (vers 1440–1491). Bataille. Florence, Musée national du Bargello © Su concessione del Ministero per i Beni e le Attività Culturali e per il Turismo, Museo Nazionale del Bargello.

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Antonio del Pollaiolo. Milon de Crotone, vers 1460-1465. Paris, musée du Louvre, département des Objets d’art, donation Brauer, 1922 © RMN Grand Palais (Musée du Louvre) Stéphane Maréchalle.

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Antonio del Pollaiolo, Hercule étouffant le géant Antée. Florence. Musée national du Bargello © Su concessione del Ministero per i Beni e le Attività Culturali e per il Turismo, Museo Nazionale del Bargello.

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Luca Signorelli. Hercule et Antée. Vers 1489-1490. Château de Windsor, Bibliothèque royale (collection royale de Sa Majesté la Reine Elisabeth II) / Royal Collection Trust © Her Majesty Queen Elizabeth II 2020.

Emouvoir et convaincre souligne une volonté affirmée de toucher violemment, dans les représentations sacrées, l’âme du spectateur. À la suite du travail de Donatello autour de 1450, l’émotion et les mouvements de l’âme prennent une place déterminante au cœur des pratiques artistiques. Un véritable théâtre des sentiments se déploie en Italie du nord entre 1450 et 1520, en particulier dans les groupes de Déposition du Christ, tels ceux de Guido Mazzoni ou de Giovanni Angelo del Maino. Cette recherche du pathos religieux s’incarne également dans les émouvantes figures de Marie-Madeleine ou de Saint Jérôme qui fleurissent en Italie à cette période.  

Enfin, avec De Dionysos à Apollon, la réflexion inépuisable sur l’Antiquité classique s’exprime dans les œuvres élaborées à partir des modèles classiques comme le Tireur d’épine ou le Laocoon. Parallèlement au domaine de la peinture (avec le « style doux » du Pérugin ou du jeune Raphaël), la sculpture développe la recherche d’une nouvelle harmonie qui transcende le naturalisme des gestes et des sentiments extrêmes. Particulièrement vivante dans un classicisme affirmé en Vénétie et en Lombardie, cette quête d’une beauté expressive qui aspire à l’universel s’incarne également fortement en Toscane et à Rome où la Papauté de Jules II et de Léon X joue un rôle d’irrigation et d’unification stylistique.

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Art romain. Relief des Sacrifiantes Borghèse. Vers 130. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Hervé Lewandowski.

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Agostino di Duccio. Sainte Brigitte de Suède recevant la règle de son ordre. 1459. New York, Metropolitan Museum, John Stewart Kennedy Fund, 1914 © New York, the Metropolitan Museum of Art.

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Andrea del Verrocchio et atelier. Deux anges volants,vers 1480. Paris,musée du Louvre, département des Sculptures, legs de Madame Adolphe Thiers, 1881 © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda.

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Michelangelo Buonarroti, dit Michel- Ange. Marie Madeleine (?) tenant la couronne d’épines et les clous de la Crucifixion,vers 1500. Paris, musée du Louvre,département des Arts graphiques © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Thierry le Mage.

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Attribué à Bartolomeo Bellano (Padoue, 1437-1438 –Padoue, 1496- 1497). Le Rapt d’Europe. Vers 1490-1495. Budapest, musée des Beaux-Arts © Szépmu˝vészeti Múzeum – Museum of Fine Arts Budapest 2020

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Francesco di Giorgio Martini. La flagellation du Christ. Vers 1480-1485. Pérouse, Galerie nationale de l’Ombrie © Pérouse, Galleria Nazionale dell'Umbria.

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Cosme Tura. Pietà. Vers 1480-1487). Paris, département des Peintures, musée du Louvre © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Benoit Touchard.

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Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello. Crucifixion, 1450‐1455 © Su concessione del Ministero per i Beni e le Attività Culturali e per il Turismo, Museo Nazionale del Bargello.

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Francesco di Giorgio Martini. Saint Christophe. Vers 1488-1490. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures © Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski.

Le stile dolce aboutira au commencement du XVIe siècle  avec l’apparition du « sublime », mettant en place un nouveau classicisme sous l’impulsion de Raphaël et Michel-Ange.
Dès la fin du Quattrocento, Michel-Ange opère cette synthèse formelle qui intègre à la fois la connaissance scientifique des corps, un idéal absolu de beauté et la volonté de dépasser la nature par l’art. Cette recherche l’emmène à créer Les Esclaves du Louvre pour parvenir jusqu’à l’expression de l’ineffable dans ses dernières œuvres.

Repoussant alors la notion de Renaissance au-delà du territoire de la Toscane, l’exposition replace cette période dans un contexte désormais plus large et complexe qu’il ne l’était au début du Quattrocento.
Elle met l’accent autant sur la production de Florence avec des figures majeures comme Donatello et Michel-Ange que sur les autres foyers régionaux qui ont adopté mais aussi réadapté ce langage artistique nouveau. Un phénomène visible notamment dans la reprise des modèles ou des thèmes qui, refondus dans une lecture locale, deviennent à leur tour source d’un nouveau langage, propre et distinct, et ce particulièrement dans les régions du Nord de l’Italie, comme à Milan (avec Solari et Bambaïa), Venise (avec Tullio Lombardo), Bologne (avec Guido Mazzoni), mais aussi Sienne (avec Francesco di Giorgio Martini) et Padoue (avec Riccio).

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Agostino Busti, dit Bambaia. La Justice. Vers 1520-1522. Milan, Castello Sforzesco, collections d’Art ancien © Museo d'Arte Antica del Castello Sforzesco, Milano © Comune di Milano tutti i diritti riservati.

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Andrea Briosco, dit Riccio, La Mort, vers 1515. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle.

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Giovanni Angelo Del Maino. Déploration du Christ, vers 1515-20. Bellano, église Santa Marta © Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Luciano Pedicini

L’exposition propose aussi d’aller à la découverte d’artistes moins  réputés, d’admirer des œuvres difficilement accessibles de par leur lieu de conservation (églises, petites communes, situation d’exposition dans les musées), afin de les remettre en lumière, mais aussi en contexte.

22 octobre 2020 - 18 janvier 2021

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Andrea della Robbia et Luca della Robbia « le Jeune ». Saint Sébastien. 1500-1510. Montalcino Musée municipal et diocésain d’Art sacré © Marco Brancatelli.

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Antonio Lombardo, Venus anadyomède. Vers 1508-1516. Victoria and Albert Museum, Londres © London, Victoria & Albert Museum.

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 Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. Vers 1504-1506. Homme nu, debout, la tête de- profil vers la droite. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michèle Bellot.

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Giovanfrancesco Rustici. Scène de combat : cavaliers se défendant contre quatre fantassins. Vers 1505-1510, musée du Louvre, département des Sculptures, legs Isaac de Camondo, 1908 © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Franck Raux.

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Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (attribué à), Cupidon, vers 1497. New York, Services culturels de l’Ambassade de France, dépôt New York, Metropolitan Museum. France, ministère de l’Europe et des affaires étrangères © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA.

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Cristoforo Solari, dit il Gobbo, Christ à la colonne. Vers 1510-1520. Milan, cathédrale, autel de Saint Jean Damascene ? © Veneranda Fabbrica del Duomo di Milano.

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Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. L’esclave rebelle. 1513-1516. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Raphaël Chipault.

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Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. L’esclave mourant. 1513-1516. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Raphaël Chipault.

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