aActuellement, la professionnalisation est devenue une tendance inévitable dans toutes les activités et le secteur de l'architecture est loin d'être épargné. Posséder une belle maison, confortable, qui reflète ses goûts comme sa personnalité, est le désir de chacun. Certains propriétaires recourent dès lors aux services d'un décorateur.
Avec le rythme croissant de l'urbanisation, les demandes d'intervention de ces derniers sont d'ores et déjà pléthoriques, alors même qu'il s'agit là d'un service "sur mesure", le décorateur donnant des suggestions sur la base des idées, générales ou non, des propriétaires. Le fait que le coût de tels services soit assez élevé ne change rien à cet état de chose, ainsi que le manifeste un client lorsqu'il indique que "tout l'équipement de ma maison vaut 130 millions de dôngs, et la rémunération du décorateur représente 10% de cette somme". Mais personne n'ira remettre en cause la qualité des créations artistiques réalisées qui méritent une telle rémunération.
S'il s'agit certes d'un métier rentable, il souffre cependant encore d'une insuffisance de professionnels qualifiés, la raison tenant essentiellement dans les faiblesses de l'éducation en ce domaine. En effet, avec des cursus dépassés, les décorateurs sont bien en peine pour "rattraper" l'évolution de l'architecture d'intérieur moderne. D'autant qu'un tel métier exige de la promptitude, du savoir-faire, de l'expérience et de beaucoup d'autres compétences encore. Ainsi, avant d'arrêter un plan de décoration intérieure, le professionnel doit non seulement saisir les goûts du propriétaire, mais aussi y satisfaire tout en tenant compte de l'environnement dans lequel se situe la maison. Peu de décorateurs atteignent un tel niveau.
Au Nord, quelques universités ont ouvert un département des beaux-arts industriels avec des spécialités de dessin et de décoration que suivent environ 1.400 étudiants, un effectif substantiel, donc. Mais au terme de leurs études, combien d'entre eux pourront s'affirmer dans ce métier ? Une question qui demeure toujours en suspend. Pour ne citer qu'un seul exemple, la sarl de construction et d'architecture AA, le numéro un au Vietnam dans ce secteur et qui a effectué la décoration d'hôtels 4 ou 5 étoiles tels Sofitel Plaza de Hanoi ou Caravelle de Hô Chi Minh-Ville, fait face actuellement à une pénurie de décorateurs compétents. Une formation continue est considérée comme une solution à cette situation.

Vân Anh/CVN