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Décor peint, Domus de la Verrerie de Trinquetaille,  IIe style pompéien, daté en Gaule entre 70 et 20 av. J.-C. © Rémi Bénali, Inrap - Musée départemental Arles antique.

ARLES.- Depuis le 1er avril 2015, les fouilles archéologiques programmées ont repris sur le site municipal de la Verrerie de Trinquetaille, en rive droite du Rhône, à Arles. Cette fouille qualifiée d’indispensable par le ministère de la Culture est réalisée par le service archéologique du conseil départemental des Bouches-du-Rhône avec le soutien de la ville d’Arles. Elle bénéficie du partenariat de l’Inrap et de la collaboration du ministère de la Culture et de la Communication, du CNRS, de l’Université Aix-Marseille et du Centre Camille Julian. Relevant d’une fouille programmée, elle a débuté en 2014 et s’achèvera en 2016 à raison de quatre mois de fouille par an. 

La première campagne de fouille de cette maison datée du Ier s. av. J.-C., a déjà révélé, en 2014, dans une première pièce, un rarissime décor peint de IIe style pompéien, daté en Gaule entre 70 et 20 av. J.-C.Ces peintures, aux couleurs d’une incroyable fraîcheur, laissent entrevoir, dans une probable chambre à coucher (cubiculum), une ornementation qui ménage, par un fort contraste de couleur, une alcôve pour le lit et une antichambre. D’inspiration très architecturale, la peinture imite en zone inférieure un podium au traitement évoquant le marbre. Dans l’antichambre, il supporte de massives colonnes jaunes tandis que,dans l’alcôve, de riches panneaux d’imitation de placages de marbres occupent la zone médiane.

Dans la pièce voisine, objet de la campagne en cours, les peintures en place sur deux murs seront dégagées dans quelques jours et visibles lors de cette présentation à la presse. Mais d’ores et déjà la fouille des niveaux de comblement a permis de mettre au jour un décor unique en France. Sur un fond uni d’un précieux rouge vermillon,un pigment de luxe, des colonnes fictives imitant le marbre ménagent des espaces dans lesquels sont représentés divers personnages. De grande taille, ils prenaient place sur des piédestaux. La qualité de la représentation, la finesse des modelés du corps et des vêtements ainsi que la richesse des pigments témoignent d’un travail d’atelier extrêmement qualifié, venant probablement d’Italie. 

Ces décors de deuxième style pompéien, présents presque exclusivement dans le sud de la France (l’antique province de Narbonnaise) sont encore assez mal connus. Peu de sites ont livré des témoignages de ce style, ils se limitent souvent à quelques fragments et rares sont ceux qui offrent un ensemble aussi complet. Le caractère déjà exceptionnel des peintures mises en évidence l’année passée est encore plus marqué cette année. En effet, la représentation de personnages est extrêmement rare sur des peintures de IIe style en Gaule. Quelques fragments ont été trouvés à Narbonne mais la découverte d’un décor aussi riche et offrant un tel potentiel scientifique et muséographique est à ce jour unique en France.  

Ces peintures, qui ont nécessité de faire venir des ateliers de fresquistes qualifiés directement d’Italie, sont réservées aux salles d’apparat des plus riches demeures, souvent celles des élites dirigeantes de la cité, de Romains installés dans la colonie ou de notables locaux cherchant à marquer leur assimilation au mode de vie à la romaine. 

Les décors représentant de grands personnages sur fond vermillon sont très rares. Inconnus en France, ils sont également peu nombreux en Italie où on en compte moins d’une dizaine. Les comparaisons s’établissent avec de grandes maisons comme le cubiculum 4 de la villa des Mystères à Pompéi, ou la villa de P. Fannius Synistor à Boscoreale. 

Véritable trésor archéologique, ces vestiges renouvelleront tout un pan de la recherche toichographologique et enrichiront les collections du musée départemental Arles antique où le visiteur pourra, d’ici quelques années, contempler toute la fraîcheur des couleurs bimillénaires qui ornaient les murs d’un habitat des plus hautes élites de la cité.

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Décor peint, Domus de la Verrerie de Trinquetaille,  IIe style pompéien, daté en Gaule entre 70 et 20 av. J.-C. © Rémi Bénali, Inrap - Musée départemental Arles antique. 

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Décor peint, Domus de la Verrerie de Trinquetaille,  IIe style pompéien, daté en Gaule entre 70 et 20 av. J.-C. © Rémi Bénali, Inrap - Musée départemental Arles antique. 

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Décor peint, Domus de la Verrerie de Trinquetaille,  IIe style pompéien, daté en Gaule entre 70 et 20 av. J.-C. © Rémi Bénali, Inrap - Musée départemental Arles antique. 

ARLES.- Since April 1, 2015, a programmed archaeological excavation has been conducted at the municipal site of Trinquetaille, on the right bank of the Rhône River in Arles. This excavation, qualified as indispensable by the Ministry of Culture, is being realized by the Archaeology Service of the Departmental Council of Bouches-du-Rhône with support from the city of Arles. It benefits from a partnership with Inrap and collaboration with the Ministry of Culture and Communication, the CNRS, the University of Aix-Marseille and the Centre Camille Julian. This research excavation, which began in 2014 and will end in 2016, has conducted during four months each year. 

During the first excavation season in 2014, in a house dated to the 1st century BC, the archaeologists discovered a rare painted decoration of the Second Pompeian Style, dated in Gaul to between 70 and 20 BC. These paintings in incredibly bright colors are located in a probable bedroom (cubiculum), and the sharply contrasting colors seem to define an alcove for the bed and an antechamber. With a strong architectural inspiration, in the lower zone, the painting imitates a podium with a treatment that evokes marble. In the antechamber it supports massive yellow columns, while in the alcove, rich panels imitating marble cladding occupy the middle zone. 

In the neighboring room, which is currently being excavated, the paintings on two walls will be uncovered in a few days and will visible during the press conference. Meanwhile, the excavation of the fill levels has already revealed a décor unique in France. On a uniform background of bright vermillion red, a luxurious pigment, fictional columns imitating marble define spaces in which diverse figures are represented. These are very tall and placed on pedestals. The quality of the representations, the finesse of the body shapes and the clothing, as well the richness of the pigments, attest to the work of extremely qualified artists, probably from Italy. 

These decors of the Second Pompeian Style, present almost exclusively in southern France (the Antique province of Narbonne), are still poorly known. Few sites have yielded evidence of this style, often being limited to a few fragments, and sites displaying an ensemble this complete are rare. The already exceptional nature of the paintings revealed last year is even more impressive this year. The representation of human figures is extremely rare in paintings of the Second Style in Gaul. Though a few fragments were found in Narbonne, the discovery of a décor as rich as this and offering such scientific and museographic potential is currently unique in France. 

These paintings, which required qualified fresco artist groups to come directly from Italy, were reserved for the State Rooms in the richest residences, often those of the leaders of the city, Romans living in the colony, or local notables seeking to show their assimilation into the Roman way of life. 

Decors representing notable persons on a vermillion red background are rare. Unknown in France, they are also rare in Italy where less than a dozen are known. Comparisons can be made with great residences such as the cubiculum 4 of the Villa of the Mysteries of Pompeii, or the villa of P. Fannius Synistor at Boscoreale. A true archeological treasure, these remains will revitalize the field of toichographology (the study of ancient mural paintings) and enhance the collections of the departmental museum of Antiques Arles, where within the next few years, visitors will be able to contemplate the vibrant colors that adorned the walls of the residence of one of the highest elites of the city.

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Chantier archéologique © Rémi Bénali, Inrap - Musée départemental Arles antique. 

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Chantier archéologique © Rémi Bénali, Inrap - Musée départemental Arles antique.