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Paris - Le 22 mars, le département Dessins Anciens et du XIXe siècle présentera sa vente annuelle. La vente du 22 mars s’inscrit dans le cadre des Journées du Dessin qu’organise la maison du 22 au 24 mars à l’occasion des foires Le Salon du Dessin et Drawing Now Paris. Cinq ventes seront ainsi proposées aux amateurs des XIXe et XXe siècles : Une collection française et Dessins Anciens et du XIXe siècle le 22 mars, Atelier Degas etŒuvres Modernes sur papier le 23 et Art Impressionniste et Moderne le 24 mars. Près de 100 lots estimés autour d’1.5 million d’euros sont concentrés sur les dessins français et italiens des XVIIIe et XIXe siècles et comptent quelques grands noms tels que François Boucher, Jean-Baptiste Greuze, Carmontelle, Louis-François Cassas, Honoré Daumier, Gianbattista et Giandomenico Tiepolo.

Depuis novembre dernier, l’équipe internationale des dessins anciens est chapeautée par Stijn Alsteens qui a rejoint Christie’s après cinq ans passés au Metropolitan Museum of Art de New York en tant que conservateur au département des Dessins et des Estampes.

Stijn Alsteens, directeur international et Hélène Rihal, en charge de la vente : « Après le succès de la vente Old Master & British Drawings de New York qui a totalisé plus de six millions de dollars le 24 janvier dernier, nous ne doutons pas que les collectionneurs qui se déplaceront à Paris pour profiter du Salon du Dessin viendront également admirer les feuilles importantes de la vente Dessins Anciens et du XIXe siècle le 22 mars prochain ».

Cette très belle feuille d’étude de François Boucher, Femme nue debout : étude pour Vénus descendant de son char (€150.000-250.000 ; ill. en première page et détail à gauche) est l’un des rares dessins de nu féminin dessiné par l’artiste qui ait été réalisé d’après un modèle vivant. Boucher utilise ce dessin pour concevoir, l’un des quatre dessus de porte à sujets mythologiques de la Chambre à coucher de la princesse de Soubise, qu’il exposa au Salon de 1738. En 1735, le prince François de Rohan-Soubise fit totalement refaire l’un des hôtels particuliers les plus importants du Marais à Paris, celui de la princesse de Soubise par l’architecte Pierre-Alexis Delamair qui fit intervenir les peintes les plus renommés de l’époque : Jean Jouvenet, Jean Restout II, Carle van Loo, Charles Natoire, Pierre-Charles Trémolières et François Boucher.

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François Boucher, Femme nue debout. Estimation : €150.000-250.000 © Christie's Images Ltd 2017

Cette étude de tête saisissante, Tête d’un homme, bouche ouverte, tournée vers la gauche, de profil (estimation : €150.000-200.000) se détache dans l’oeuvre dessiné de Giovanni Battista Tiepolo par son pouvoir émotionnel et par sa technique magistrale, si caractéristique de l’artiste. À côté de son oeuvre gravé et peint, la production graphique de Tiepolo est une branche essentielle de son art. Il dessinait pour donner libre cours à l’expression la plus franche et la plus complète de son génie’ (A. Mariuz, 'Giambattista Tiepolo' in The Glory of Venice: Art in the Eighteenth Century). Les études de tête étaient souvent dessinées d’après nature, représentant un membre de famille, un apprenti ou encore un assistant de l’atelier. Elles servaient d’étude préparatoire à des peintures et celle-ci pourrait avoir appartenu à un ensemble de dessins datant pour la plupart des années 1740 et 1750, exécutées avec un mélange de sanguines et de craie blanche, sur papier bleu. Cette oeuvre faisait autrefois partie d’un ensemble très important de dessins regroupés par Giovanni Domenico Bossi (1765-1853), miniaturiste, professeur et peintre à la cour de Munich. On pense qu’il a été l’élève de Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804) et il semble qu’il ait acquis directement auprès de lui ces dessins.

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Giovanni Battista Tiepolo, Tête d’un homme de profil, bouche ouverte. Estimation : €150.000-200.000 © Christie's Images Ltd 2017

À l’âge de soixante ans, entre 1785 et 1790, Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804) concrétise son projet d’illustration de la Bible. De cette vaste entreprise, naît un exceptionnel ensemble qui compte aujourd’hui plus de trois cent dessins, constituant la célèbre Bible illustrée de l’artiste. Ces trois feuilles (de gauche à droite, lot 8 : €80.000-120.000, lot 9 : €60.000-80.000, lot 10 : €30.000-50.000), issues de cette série, sont une formidable redécouverte car elles n’ont pas été vues sur le marché depuis près d’un siècle, en 1921, lors de la vente aux enchères de Roger Cormier à Tours.

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 Lot 8. Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804), Feuille de la Bible illustrée de l’artiste. Estimation :€80.000-120.000 © Christie's Images Ltd 2017 

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 Lot 9. Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804), Feuille de la Bible illustrée de l’artiste. Estimation :€60.000-80.000 © Christie's Images Ltd 2017

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Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804), Feuille de la Bible illustrée de l’artiste. Estimation :€30.000-50.000 © Christie's Images Ltd 2017

Dès le début de sa carrière, Honoré Daumier s’intéresse aux acteurs du système judiciaire français et porte un intérêt particulier aux avocats. Il habitait en face du Palais de Justice et se rendait régulièrement aux audiences pour y dessiner les personnages. Daumier est même embauché en tant qu’huissier, ce qui lui permet de connaître les rouages et les recoins du Palais de Justice. Au cours de sa carrière, Daumier travaille pour le quotidien Le Charivari, dans lequel il publie Les Gens de Justice et Physionomies du Palais de Justice. Son contrat prend fin dans les années 1860 et Daumier se lance dans la réalisation de dessins et tableaux finis, destinés à répondre à une forte demande des amateurs et collectionneurs. Ce dessin, Le Plaidoyer (estimation : €150.000-250.000) représente un avocat pointant ses deux index à son dossier, et s’inscrit dans cette période de la carrière de Daumier, considérée comme son apogée. Le premier propriétaire de ce dessin fut sans doute Emile Strauss (1844-1929), lui-même avocat.

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Honoré Daumier, Le Plaidoyer. Estimation : €150.000-250.000 © Christie's Images Ltd 2017

Ce portrait réalisé par Jean-Etienne Liotard à la pierre noire, sanguine et craie blanche est celui de Charles Bonnet (estimation : €100.000-150.000). Charles bonnet était un philosophe et homme de science genevois, comptant parmi une élite de penseurs et scientifiques européens, qui publia plusieurs traités. Cette feuille fait partie d’un petit groupe de portraits indépendants qui présente un « négatif » au verso. Liotard a en effet repris les contours de la silhouette au dos à la sanguine, qu’il a ensuite comblé de craie et de pastel. La finesse de ce papier permettait à la matière du verso de renforcer et de contraster les couleurs du recto. La technique du « négatif » était courante dans l’art des miniatures sur ivoire et sur papier, formation initiale que reçut Liotard. Il a appliqué cette technique innovante sur des supports et avec des matières différentes. Peu de dessins faisant usage du « négatif » sont parvenu jusqu’à nous.

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Jean-Etienne Liotard, Portrait de Charles Bonnet, pierre noire, sanguine et craie blanche. Estimation : €100.000-150.000 © Christie's Images Ltd 2017

Parmi les dessins de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, figure Des archéologues examinant un bas-relief aux abords de la ville d’Athènes de Louis-François Cassas (estimation : €50.000-80.000). De ses premiers voyages à travers le Proche Orient et l’Asie Mineure, naîtra son attention toute particulière pour les dessins d’antiquités archéologiques. Il réalise cette feuille dans un camaïeu de bleu et de vert où l’on distingue au premier plan un groupe de voyageurs du Grand Tour qui étudient un bas-relief antique. L’arrière-plan révèle l’acropole d’Athènes depuis le versant sud avec le Parthénon qui domine cette ancienne forteresse et les restes du théâtre de l’Odéon d'Hérode Atticus en contre bas.

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Louis-François Cassas (1754-1827), Groupe de voyageurs du Grand Tour étudiant un bas-relief antique. Estimation : €50.000-80.000 © Christie's Images Ltd 2017

Enfin, un très beau pastel de Jean-François Millet est emblématique de sa carrière. Bergère et son troupeau à la nuit tombée (estimation : €100.000-150.000) illustre le sujet de prédilection de l’artiste dans les années 1850-70. Millet rencontrait fréquemment ces bergers lors de ses promenades longeant la forêt de Fontainebleau et prennent souvent place dans ses gravures, dessins et peintures. Ce dessin très achevé et signé ne constitue pas une étude préparatoire mais plutôt une oeuvre à part entière.

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Jean-François Millet, Bergère et son troupeau à la nuit tombée. Estimation : €100.000-150.000 © Christie's Images Ltd 2017

Vente : Mercredi 22 mars 2017 à 17h30
Exposition publique : Jeudi 16 mars au samedi 18 de 10h à 18h, dimanche 20 de 14h à 18h, lundi 21 et mardi 22 de 10h à 18h et le mercredi 22 de 10h à 14h
Christie’s : 9 avenue Matignon – 75008 – Paris