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Lot 121. Louis XV à cheval, France, deuxième moitié du XVIIIe siècle, d'après Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) et Edme Bouchardon (1698-1762). bronze à patine brun fonçé; sur un socle rectangulaire en bronze. Haut. totale 70 cm, larg. 60 cm; prof. 29 cm; 27 1/2 x 23 3/4 x 11 1/2 in. Estimation 60,000 — 100,000 EUR. Courtesy Sotheby's. 

Provenance: Paris, Drouot, le 10 décembre, 1982, lot 56bis; Paris, Drouot, le 6 décembre 1983, lot 45; 
Galerie Charles Ratton & Guy Ladrière, Paris, 1997.

Bibliographie:

Références bibliographiques:
A.L. Desmas, G. Scherf, Edme Bouchardon 1698-1762 une idée du beau, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 2016, p. 402- 408;
G. Bresc-Bautier, G. Scherf, Bronzes français de la Renaissance au Siècle des lumières, Paris, musée du Louvre, 2008-2009, p. 438-441, n° 122.
M.L. de Rochebrune, El gusto 'a la griega'. Naciemiento del Neoclasicismo Francés, cat. exp. Madrid, Palacio Real, 2007-2008, p. 136-137, n° 1.

NoteEn 1748, Edme Bouchardon (1698-1762) fut chargé par la Ville de Paris d’ériger un monument equestre à la gloire de Louis XV pour la place Royale (l’actuelle place de la Concorde). Bouchardon réalisa plusieurs maquettes dont l’une fut choisie par le Roi (musée de Besançon). Le bronze grandeur nature de Louis XV à cheval fut fondu en 1758 et le monument inauguré le 20 juin 1763. 

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Benoît-Louis Prévost, Le monument de Louis XV à Paris, vers 1768. estampe© The Getty Research Institute, 82-B2.

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Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) , d’après Edme Bouchardon (1698-1762), Louis XV à cheval en costume romain, bronze, Paris, musée du Louvre (inv.no MR3212) ©RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

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Pierre Patte, Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV, Paris, gravure pl. 119. Place Louis XV. Perspective depuis la Seine, Paris, Bibliothèque de l’Institut de France. © RMN-Grand Palais (Institut de France) / Gérard Blot

Son élève Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) réalisa en 1762 les bas-reliefs et les figures ornant le piédestal, pas terminés à la mort de l’artiste. La statue ne resta dressée sur la place Royale que trente ans à peine, et fut détruite à la Révolution en 1792. Du monument original ne subsiste que la main droite du Roi (musée du Louvre, inv.RF94).  

Les réductions en bronze sont alors un témoignage précieux de la statue disparue aujourd’hui. De son vivant, Bouchardon demanda à ses élèves Louis-Claude Vassé (1716-1772) et Jean-Baptiste Pigalle de réaliser des réductions en bronze du monument pour les offrir à des personnalités importantes, tel la famille du Roi, Mme de Pompadour, le comte de Saint-Florentin, ou le duc de Chevreuse. Vassé proposait en 1759 ‘d’exécuter en bronze six statues équestres du Roy, de vingt-deux pouces de hauteur (59,4cm), … copiées et réduites en petit d’après les modèles et études de M. Bouchardon.’Un deuxième marché fut passé en octobre (AN, H2,2160). Vassé réalisa alors dix-sept plâtres et sept bronzes pour la somme de 30 158 livres, dont la plus belle version est conservée dans les collections de la Reine d’Angleterre (RCIN2128).  

De même, Pigalle proposait par marché du 23 avril 1763 de faire ‘un model de la statue équestre du Roy en petit et de la même proportion que le model déjà fait par le sieur Vassé, de le faire mouler et d’en jeter deux bronzes, et les faire réparer et cizeler sous ses yeux dans la plus grand perfection.’ Les réductions de Vassé et de Pigalle variaient légèrement, celles de Pigalle étant quelques pouces plus grande, et exactement ressemblante et proportionnée, avec une augmentation de beauté, d’exactitude et de correction…’ (A.R. Mopinot, Eloge historique de Pigal, célèbre sculpteur, Londres, 1786). Le plâtre original, conservé au musée Carnavalet, nous donne une idée précise de la réduction de Pigalle et permet de différencier les deux compositions (inv.no S3514). 

Seules trois réductions en bronze fondues au XVIIIe siècle sont connues aujourd'hui: l'exemplaire du musée du Louvre (MR3212) provenant probablement de la collection du comte Alexandre Victor François de Flavigny (1770-1819), une version au château de Versailles (MV2177), offerte par la Ville de Paris aux filles de Louis XV au château de Bellevue, et un troisième bronze au Palais Royal de Madrid. 

Un autre exemplaire, provenant de la collection Montmorency, mentionné dans l’inventaire du dépôt des ‘Monuments français’, aurait été remis au citoyen Perrin. Une fonte postérieure d’après Bouchardon et Pigalle figure à la vente du bronzier Feuchère, le 29 novembre 1824 , n° 3.

Sotheby's. Mélanges – Provenant des collections du comte et de la comtesse de Viel Castel, Paris, 12 sept. 2018, 02:30 PM