untitled210 avril 2009 - Corrida mano a mano à 17 h 30. Temps mitigé avec un peu de vent - Quasi plein.

La corrida mano a mano mettait en compétence Juan Bautista et Sébastien Castella qui chacun ont coupé trois oreilles.

Toros bien présentés de la ganaderia D. HERNANDEZ.

Féria d'Arles 2009 reportage vidéo Mano a Mano - www.corrida.tv (76,5 Mo)

6Devise : bleue, rouge et verte.
Señal : “hoja de higueras” aux deux.
Finca : "Traguntia" Salamanca

Composée de vaches d’Amelia Pérez Tabernero et de Domingo Ortega ainsi que de sementales de Garcigrande, origine Juan Pedro Domecq, cette ganaderia créée en 1992 après achat d’un fer de Lamamié de Clairac, a gagné sa réputation grâce à la caste parfois incommode de ses toros dont la noblesse latente en fait pourtant souvent des adversaires de qualité pour les toreros. Actuellement, après quinze ans d’existence, l’origine Juan Pedro a pratiquement absorbé toutes les autres.

Madrid 22 mai 2007, corrida de la Presse. La corrida la plus importante de l’année. Perera blessé, l’empresa fait appel à Juan Bautista qui vient de triompher en début de San Isidro. Sébastien Castella, torero de base de ce cartel étoile, donne son accord. Il aurait pu refuser. Le reste, c’est une des pages d’histoires les plus émouvantes des premières arènes au monde. Une corrida encastée du Puerto de San Lorenzo, Castella qui s’impose avec autorité, Juan Bautista qui donne la réplique en finesse sous un déluge d’apocalypse, puis Castella encore, pour n’être pas en reste, qui se laisse immoler, au milieu du grand ruedo. Présent en barrera, stoïque malgré le déluge, le Roi Juan Carlos demande les oreilles. Une pour chacun. Ils en méritaient deux.
Ce jour-là, Juan Bautista et Castella ne sont pas en mano a mano mais le public madrilène ne se souvient que d’eux, de l’entrega totale et inconditionnelle du biterrois, de l’arlésien aux gestes de soie. Ce jour-là aussi, entre les deux toreros français qui avouent mal se connaître et ne pas se fréquenter en dehors des ruedos, quelque chose est passé. Comme une communion de pensée probablement imputable à leur nationalité. Mais pas que cela. Car dans l’abrazo sincère qu’ils se donnèrent au moment de quitter le ruedo sous les ovations, il y avait aussi l’admiration mutuelle que chacun porte à l’autre en vertu de cette attirance naturelle qu’exercent les contraires entre eux et de cette inclinaison qu’ils ont tous deux à puiser au fond d’eux-mêmes pour essayer d’y trouver ce que l’autre offre à profusion. Depuis cette corrida madrilène, Juan Bautista et Castella n’ont pratiquement plus toréé ensemble. Et pas depuis plus d’un an en tous cas. Cosas del mundillo... Mais l’estime mutuelle demeure, ainsi que l’envie bien naturelle de s’imposer, Castella par cette entrega totale qu’il est en train de faire évoluer vers davantage de douceur et de volupté ; Juan Bautista, par son toreo de classe qui a atteint en fin d’année dernière une nouvelle maturité grâce à un surcroît d’autorité. La competencia s’annonce sévère. À Madrid où ils se disputaient l’Oreille d’Or de la Presse, même le Roi qui la leur avait remise à tous deux n’avait pas souhaité départager ces deux princes de l’arène, ratifiant ainsi une des plus belles pages de la tauromachie française.

7Juan Bautista est né le 12 juillet 1981 à Arles où il a pris l’alternative le 11 septembre 1999 des mains d’Espartaco et César Rincon face à des toros de Zalduendo. Il a confirmé à Madrid le 2 octobre de la même année. Triomphateur de la temporada 2007 à Las Ventas, Juan Bautista n’a retrouvé le haut niveau qu’il y avait démontré qu’à partir de la moitié de la saison dernière. Les grands triomphes se sont alors enchaînés, à San Sebastian, Bayonne et Dax notamment, jusqu’à l’apothéose finale lorsqu’il coupa une queue à Nîmes d’un très sérieux toro de José Vazquez. En 2008 il a toréé 43 corridas et coupé 49 oreilles et 3 queues, se classant 18ème de l’escalafon.

9Sébastien Castella est né le 31 janvier 1982 à Béziers où il a pris l’alternative le 12 août 2000 des mains d’Enrique Ponce et de José Tomas face à des toros de Juan Pedro Domecq. Il a confirmé à Madrid le 28 mai 2004 des mains d’Enrique Ponce et Matias Tejela face à des toros de Valdefresno. Après une grande saison 2006 qui l’a vu s’installer au sommet de l’escalafon et conquérir le rang de figura, Sébastien a marqué le pas en 2007 suite à une grave blessure reçue à Cali. En 2008 il a réalisé une saison ascendante qui a culminé à Nîmes lors de son seul contre six, puis en Amérique par des triomphes majeurs au Mexique, au Pérou, en Equateur et en Colombie. En 2008 il a toréé en Europe 55 corridas pour 70 oreilles et 3 queues, se classant 15ème de l’escalafon.