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Pot pourri. Saint-Cloud, vers 1740. photo courtesy Kohn - Paris

Matériaux : porcelaine tendre et bronzes dorés - h. 24, 5 cm, l. 22 cm, p. 18 cm. Petite restauration à un branchage. Estimation : 12 000 / 18 000 €

NOTE: Le pot-pourri, d'époque Louis XV, repercé orné de feuilles et de fl eurs est porté par un vase au corps pansu cannelé, entouré de guirlandes feuillagées sur une base rocaille en bronze doré d'époque Louis XVI. « …Saint-Cloud peut prétendre avoir été parmi les précurseurs des fabricants de porcelaine tendre, et la qualité de cette fabrication, le charme de ses produits, l'ont placés en tête des manufactures du XVIIIe siècle. Située en bordure de Seine, elle eut l'avantage d'être près de Paris et de Sèvres. Dès 1677, la faïencerie de Saint-Cloud fabrique une pâte tendre qui tout de suite tient la tête de la qualité. Chicaneau, chimiste et artiste, s'attaqua aux secrets de la pâte tendre ; c'était un chercheur. Il réussira pleinement mais ne demeurera pas longtemps au travail.

La mort l'emporte en 1678. Sa succession fut assurée par sa veuve, née Barbe Courday, qui épousera Henri Trou, habile maître faïencier de la fabrique, lequel obtiendra la protection de Monsieur, frère du Roi. De nombreux enfants des deux lits continueront, non sans jalousie ni complication, l'OEuvre des parents. En 1772, Henri II Trou, fils d'Henri I Trou, obtiendra un nouveau privilège.

Malgré les difficultés financières sans nombre, les Trou produisent une porcelaine tendre d'une qualité exceptionnelle, mais les complications, les ennuis se font plus nombreux et, à l'approche de l'année 1765, la liquidation est inévitable. En 1766, les fours sont éteints et l'on est obligé de déposer le bilan. Et pourtant, la production fut abondante ; il n'est pas rare de trouver des spécimens des différentes époques de Saint-Cloud chez les collectionneurs et dans les musées. Les formes des pièces qui sortirent au cours des ces années sont pour la pâte tendre des plus variées. Comme toujours les petites pièces ont la faveur des acheteurs, leurs modèles sont souvent tirés des formes de l'argenterie. Pas d'assiettes, peu de plats, mais toute une gamme de pots à crème, pots à onguents, services de toilettes, boîtes à parfum, pots pourris, services ménagers, saucières, sucriers, écuelles, trembleuses. Certaines petites pièces sont côtelées, ce qui donne un relief à leur décor… »

BIBLIOGRAPHIE : Marques et signatures de la porcelaine française par Geneviève Le Duc et Henri Curtil p. 69 et 70. Paris Edition Massin 1970.

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Bougeoir. Tournai, XVIIIe siècle. photo courtesy Kohn - Paris

Matériaux : porcelaine tendre et bronzes dorés - h. 21,5 cm, l. 20 cm, p. 18 cm. Fêle de cuisson sous la base. Estimation : 10 000 / 15 000 €

NOTE: Précieux bougeoir en porcelaine blanche à pâte tendre, à décor de scène animalière au pied d'un arbre probablement inspiré d'un modèle de Jean Baptiste Oudry. En partie haute une tête de griffon soutient le bougeoir ; au pied de l'arbre, un chien attaque une oie dans un entourage de branchage fleuri. Monture rocaille en bronze ajouré, ciselé et doré.

… « La carence en kaolin dans les Pays-Bas autrichiens fut une des premières causes de la fondation en 1750, à Tournai, d'une manufacture de porcelaine de pâte tendre. La pâte tendre française à laquelle s'apparente celle de Tournai est composée d'une fritte, dans laquelle entre en proportions diverses de multiples éléments, enduites d'une couverture plombifère. C'est la faible résistance de ces compositions à l'action de la haute température et le fait que la couverture, rayable à l'acier est très fusible, qui lui a valu le nom de pâte tendre… »

Kohn - Paris. Vente du Vendredi 26 mars 2010. Drouot Richelieu - Salles 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris.