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Rare mobilier de salon comprenant une paire de canapés d'alcôve et huit fauteuils. Attribué à Jean Baptiste Claude SENE Epoque Louis XVI. photo De Maigret Thierry.

Ils sont à dossier cabriolet en médaillon, sculptés et dorés en profils inversés d'une frise de feuilles d'acanthe soulignés d'un rang de perles. Les assises ovales en forme d'écusson sont ornées sur les traverses de feuilles de chêne et glands rubanés. Supports de dossier à feuilles d'eau crispées. Supports d'accotoirs à frise de piastres enroulements de feuilles d'acanthe. Dés à rosaces ; pieds fuselés à cannelures à asperges. (restaurations d'usage et renforts) Garniture de velours vert frappé de feuillages ou bordeaux (pour deux fauteuils) Fauteuil H : 88,5 - L : 67 - P : 67 cm Canapé H : 99 - L : 169 - P : 68 cm - Estimation : 40 000 - 60 000 €

Elégance de la composition, équilibre des proportions et raffinement de la sculpture peuvent qualifier cette suite de sièges qui témoigne de l'aboutissement des recherches stylistiques des menuisiers du dernier tiers du XVIIIème siècle. Leur dessin général pourrait être rapproché des réalisations de certains menuisiers réputés de cette période tels Claude Chevigny, Jean-Baptiste Boulard, Jean-René Nadal ou Georges Jacob.

Concernant ce dernier notamment mentionnons les similitudes qu'ils existent avec un fauteuil du menuisier conservé au Musée des arts décoratifs à Paris (reproduit sur la couverture et page 128 de l'ouvrage de Guillaume Janneau, Le mobilier français, Les sièges, Paris, 1993). Toutefois il convient, de préférence, d'attribuer les sièges proposés au rival direct de Georges Jacob à cette époque : Jean-Baptiste-Claude Sené.

Jean-Baptiste-Claude Sené (1747-1803) est un artisan en sièges parisien issu d'une dynastie de menuisiers dont il est le plus membre le plus important. A l'instar de Georges Jacob, il va véritablement connaître une grande notoriété grâce à sa participation à l'ameublement des résidences de la famille royale et de son entourage proche à partir du milieu des années 1780. Dès cette époque, le menuisier hausse considérablement son niveau de technicité et d'inventivité ; il est vrai qu'il est confrontait alors à de très importantes commandes destinées notamment à Louis XVI et Marie-Antoinette pour leurs divers appartements dans les châteaux royaux, pour Madame Elisabeth à Montreuil, ou bien encore pour le prince de Condé et le duc de Penthièvre. Son oeuvre, tout comme celle de Georges Jacob, témoigne de la parfaite maîtrise du menuisier et fait partie, de nos jours, des collections privées et publiques les plus prestigieuses.

De Maigret Thierry. Hotel Drouot - salles 1 et  7. Tableaux Anciens, Objets d'art, Mobilier des XVIIème, XVIIIème et XIXème Siècle. EMail : contact@thierrydemaigret.com - Tél. : 01 44 83 95 20