Intérieurs 2011 – L’art de vivre avec l’art est une exposition organisée par le magazine AD et Artcurial, révélant au public les tendances de la haute décoration.

Après le succès de la première édition en 2010 qui réunissait 10 décorateurs autour du style français, forte d’une fréquentation de 10 000 visiteurs, la manifestation met cette année en scène le talent de 12 décorateurs :
India Mahdavi, Olivia Putman, Roxane Rodriguez, Alain Demachy, François-Joseph Graf, Chahan Minassian, Pierre Yovanovitch, Jean-Louis Deniot, Laurent Buttazzoni & Associés, Joseph Dirand, Tristan Auer, Thierry Lemaire.

grafLe cabinet japonais de François-Joseph Graf

Le projet. Lueur caressant les laques, rayons effleurant de sombres bois précieux, éclats embrasant les ors... Fidèle à son goût des détails érudits, le décorateur compose des jeux d’ombre et de lumière sous influence orientale.

Le décorateur. Fils d’antiquaire, architecte, François-Joseph Graf suit des chantiers liés aux Monuments historiques, comme les ateliers du musée de la Vie romantique ou les réaménagements des salles du musée des Arts décoratifs. Il réalise parallèlement appartements et résidences privés pour une clientèle triée sur le volet. (Photo : Vincent Leroux)

Alain_DemachyLe salon César d’Alain Demachy

Le projet. Non content de décliner les tonalités mordorées des compressions de César dans un salon, l’architecte d’intérieur et sa collaboratrice de longue date, Valérie Metois, s’emploient à ressusciter le goût des rencontres cultivées cher aux seventies. Une façon chic et désinvolte de faire converser les vases néoclassiques de Jean-Charles Moreux et les lampes contemporaines de Laurent Bourgois avec des tables basses en bronze dessinées par l’agence.

Le décorateur. Icône du style français, architecte, Alain Demachy fit ses débuts en dirigeant les pages décoration de Marie Claire dans les années 1950. Il fonde ensuite un bureau d’architecture intérieure, en association avec l’antiquaire Didier Aaron, avant d’inaugurer en 1980 la Galerie Camoin-Demachy, quai Voltaire, face au Louvre, où se mêlent décoration et antiquités. (Photo : Juan Munoz)

India_MahdaviLa chambre façon Mark Rothko d’India Mahdavi

Le projet. La décoratrice décline la palette du peintre Mark Rothko en un patchwork de carrés de velours de laine, coton et soie qui tapisse les murs et se prolonge en rideaux. Motif repris sur des plaids et des coussins jetés sur un lit. Ces géométries multicolores contrastent avec une moquette impression peau de bête, au sol.

La décoratrice. Architecte formée aux Beaux-Arts puis chez Christian Liaigre, India Mahdavi a fondé son agence en 1999. Elle explore depuis différents territoires allant du design à l’architecture d’intérieur, en passant par la scénographie, et maîtrise l’art des juxtapositions stylistiques hardies. (Photo : Philippe Chancel)

Olivia_PutmanLe salon en illusion d’optique d’Olivia Putman

Le projet. Olivia Putman questionne la perception des œuvres d’art par leurs spectateurs à travers une pièce tapissée de rayures cinétiques – murs, sols, mais aussi mobilier. Un salon pensé comme un écrin pour un tableau de l’artiste Fabrice Hyber. Une façon de confronter les différentes interprétations d’une œuvre.

La décoratrice. Olivia Putman anime, depuis 2007, l’agence fondée par sa mère Andrée en 1998, et dirige, avec la même volonté de fonctionnalisme élégant, de nombreux chantiers. Elle vient d’achever le réaménagement du siège de la Fédération nationale des Travaux publics, rue de Berry à Paris, prend la direction artistique de Lalique, signe un service à café pour Nespresso et une ligne de tissus pour Pierre Frey. (Photo : Yannick Labrousse)

Roxane_RodriguezLa bibliothèque et la chambre oniriques de Roxane Rodriguez

Le projet. Deux pièces en écho, comme deux regards sur la culture. Une bibliothèque permettant de consulter en ligne des ouvrages rares, comme les Fleurs du mal, de Charles Baudelaire, illustré par Carlos Schwabe. Pendant de cet espace sombre et concentré, une chambre aux tonalités poudrées, meublée d’un lit tapissé d’écorce de bouleau, invite à la rêverie. De délicates chaises de l’artiste japonais Junya Ishigami rencontrent des lustres en cristal de roche Louis XIV. Rien que des curiosités érudites.

La décoratrice. Sensibilisée aux objets précieux par son père antiquaire, cette diplômée de l’IESA fut un temps documentaliste avant d’ouvrir sa galerie en 1997. Son talent à établir des passerelles entre les époques pour des décors à l’intemporalité théâtrale lui valut d’être en charge de l’agencement des premiers salons de thé Ladurée. Elle réalise aujourd’hui de nombreux chantiers privés.  (Photo : Yannick Labrousse)

Chahan_MinassianLa salle à manger sculpturale de Chahan Minassian

Le projet. Le décorateur a commandité à l’artiste belge Arne Quinze, réputé pour ses constructions en bois de récupération, une structure s’inscrivant dans un salon avec des boiseries anciennes, œuvre qui se reflète sur un sol en miroir. Une grande table sculpturale, au plateau en bois brut, comme un tronc sablé couleur bronze, posé sur des pieds cylindriques en laiton, Plexiglas et cuivre, accueille, en guise de vaisselle, des galets argentés de l’artiste Ritsue Mishima. Des chaises en bronze de Paul Evans entourent la table.

Le décorateur. Chahan Minassian excelle depuis 1993 dans l’art des décors atmosphériques, mêlant subtils camaïeux, jeux de textures et accords stylistiques. Pour ce Parisien d’origine arménienne, mobilier, tissus, céramiques et œuvres d’art participent d’une même histoire.  (Photo : Yannick Labrousse)

Jean_Louis_DeniotLa galerie d’art privée de Jean-Louis Deniot

Le projet. Vestibule, galerie et montée d’escalier suggèrent l’atmosphère ouatée d’une demeure de collectionneur. Jean-Louis Deniot réinterprète, associe et stylise dans des tonalités de beige des motifs empruntés aux toiles de Bernard Frize, Sol LeWitt ou Peter Zimmermann pour des fresques, des imprimés de moquettes et de tissus muraux aussi graphiques que vaporeux. Au plafond filent des luminaires comme des soucoupes volantes…

Le décorateur. Jean-Louis Deniot n’a pas son pareil, depuis 2000, pour décontracter le classicisme à la française. Aux reconstitutions historiques en total look, ce trentenaire diplômé de l’École Camondo préfère le mélange de styles feutré dans des camaïeux soyeux. (Photo : Jérôme Galland)

Tristan_AuerLa cuisine « autre » de Tristan Auer

Le projet. Souhaitant introduire un regard artistique dans une pièce à l’agencement traditionnellement davantage dominé par le fonctionnalisme que parla poésie, Tristan Auer commandite à des artistes un mobilier sculptural intégrant plan de travail et coin salle à manger. L’Anglais Rupert Shrive habille les murs de fresques aux thèmes mythologiques. Une installation baroque…

Le décorateur. Diplômé de l’Esag Penninghen en 1996, il fit ses débuts chez Christian Liaigre puis Philippe Starck avant d’ouvrir, six ans plus tard, son agence, Izeu, en 2002. Tristan Auer compose des ambiances intimistes, fruit de juxtapositions inédites. Son style éclectique confronte motifs chamarrés et textures brutes, pièces vintage et mobilier sur mesure, touches pop et classicisme formel. (Photo : Fred de Gasquet)

Laurent_Buttazzoni_et_AssociesLe cabinet de porcelaines-salle à manger de Laurent Buttazzoni & Associés

Le projet. Les structures d’une bibliothèque USM accueillent une collection de porcelaines – des pièces d’artistes contemporains, comme Klara Kristalova, aussi bien que des chinoiseries du xviiie siècle. Au centre de la pièce, une étroite table de banquet dressée, des sièges haute époque. Rideaux et bibliothèque bouton d’or apportent la touche pop à ce décor.

Les décorateurs. Fins coloristes, Laurent Buttazzoni et Frédéric Lavaud dynamisent leurs rigoureuses architectures à coups d’aplats vifs. Le duo s’est rencontré sur les bancs de l’Esag Penninghen avant de collaborer avec Andrée Putman, puis de fonder, en 1995, leur agence, réputée pour ses réalisations rétro-modernistes. (Photo : Jérôme Galland)

Pierre_YovanovitchLe cocon pour contempler une œuvre vidéo de Pierre Yovanovitch

Le projet. L’architecte d’intérieur conçoit une structure en staff dans laquelle s’intègre un canapé capitonné. Un lieu de recueillement pour s’imprégner d’une œuvre vidéo de Bill Viola projetée sur un écran encastré dans des dalles de métal oxydé. Une table en bois massif et une chaise ancienne complètent le décor.

Le décorateur. Après avoir longtemps travaillé avec Pierre Cardin, Pierre Yovanovitch mène une activité de décorateur depuis plus de dix ans. Entouré d’une dizaine de collaborateurs, il enchaîne des projets le plus souvent privés. Ampleur des volumes, justesse des proportions, sens de la lumière, couleurs en retenue définissent l’esprit de ce décorateur épris des antiquités du 20e siècle, françaises, mais surtout scandinaves et japonaises.  (Photo : Vincent Leroux)

Thierry_LemaireLe salon tridimensionnel de Thierry Lemaire

Le projet. Le parquet Versailles traité brut remonte sur les murs pour se faire boiseries, quand une oeuvre sculpturale en aluminium de l’artiste Christophe Raynal, sorte de végétal métallique, surgit d’une cimaise. Thierry Lemaire bouscule les perceptions spatiales. Son sobre mobilier – canapé taupe, buffet et table basse composée de trois modules en laque blanche, turquoise et beige – calme le jeu et rappelle que l’on est bien dans un salon.

Le décorateur. Élégance et simplicité définissent le style de Thierry Lemaire. Cet architecte DESA de Paris, qui fit ses débuts dans la construction avant de se lancer dans la décoration de projets privés, apprécie les matières brutes et authentiques qu’il travaille avec modernité.  (Photo : Vincent Leroux)

Joseph_DirandLa cellule d’habitation utopiste de Joseph Dirand

Le projet. Tous les grands mouvements artistiques du xxe siècle – surréalisme, arte povera, minimalisme, land art, constructivisme et abstraction – et toutes les pièces d’une maison – chambre, salon, salle à manger et salle de bains –, synthétisés en un même espace. C’est le pari de Joseph Dirand à travers deux éléments sculpturaux en laiton poli miroir doré, l’une faisant office de canapé-lit et de table basse, l’autre de plan de travail de cuisine ou de bureau. Un mur peint d’un ciel tourmenté souligne la poésie utopiste du projet.

Le décorateur. Diplômé de l’école d’architecture de Paris-Belleville, Joseph Dirand crée son agence en 1999. À son actif, le décor de la boutique Pierre Balmain, des appartements privés en nombre et la fondation d’art Rosenblum Collection & Friends. Renouvelant le classicisme à la française d’un trait minimal, il se définit par un style cool et percutant.  (Photo : Vincent Leroux)

du 12 au 22 septembre, de 11h à 19h. Hôtel Marcel Dassault, 7 rond-point des Champs-Élysées   75008 Paris