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Mercure et la Renommée à cheval sur Pégase. D'après un modèle de Charles Antoine Coysevox (Lyon, 1640-Paris, 1720). Paris, époque Louis XIV, début du XVIIIe siècle. Photo Kohn

Deux groupes en bronze formant pendant. Bronzes à patine brun nuancé Socles: Bâti en chêne, placage d'ébène, jaspe de Sicile et jaune. H. 65 cm, L. 61 cm, P. 30 cm - H. 65 cm, L. 57,5 cm, P. 23 cm. Estimation : 200 000 / 300 000 €

TWO 18TH CENTURY FRENCH PATINATED BRONZES: MERCURE AND RENOMMEE WITH PEGASE. After a model by Antoine COYSEVOX (1640-1720)
25.59 in. high, 24.01 in. wide, 11.81 in. deep 25.59 in. high, 22.64 in. wide, 9.05 in. deep (lacks the caduceus)

Manque le caducée de Mercure Ces deux groupes en bronze formant pendant figurent Mercure et la Renommée, chacun juché en amazone sur Pégase, superbe cheval ailé qui joua un rôle prépondérant dans plusieurs légendes mythologiques.
Ils sont particulièrement fidèles aux sculptures exécutées en marbre de Carrare par Antoine Coysevox à la demande de Jules Hardouin-Mansart en 1698, alors Surintendant des Bâtiments du Roi. Aujourd'hui conservés au Musée du Louvre, les marbres avaient été commandités à l'origine pour former un groupe appelé La Renommée du Roi destiné à orner le bassin de l'Abreuvoir au parc de Marly où il fut installé en 1702.
Cette représentation, totalement inventée par Coysevox, avait pour dessein de célébrer la prospérité du royaume après la signature de la paix de Ryswick en 1697. Renommée et Mercure deviennent ici le symbole de la gloire du Roi, montrant son aspect à la fois guerrier et pacifique ; ses victoires étant illustrées par les trophées d'armes foulés par les sabots de Pégase.
L'allégorie sculptée sur le bouclier représente l'accession du petit-fils de Louis XIV, le Duc d'Anjou, au trône d'Espagne.
Mercure, messager divin et dieu du Commerce, représente dans cette oeuvre la richesse retrouvée grâce à la paix.
La Renommée, quant à elle, symbolise la puissance militaire de Louis XIV en arborant des attributs tels la couronne de lauriers et la trompette annonçant la vérité.
Les trophées d'armes sont également finement incisés de motifs guerriers, notamment la peau du lion d'Hercule auquel Louis XIV aimait s'identifier. Fait particulièrement rare, les deux bronzes que nous présentons sont quasiment identiques au chef-d'oeuvre en marbre de Coysevox.
On y retrouve tous les détails et le souffle qui animent les personnages juchés sur un Pégase fougueux, se cabrant et agitant une longue queue finement ciselée.
Les autres versions connues et réalisées à la même période montrent quelques variantes notamment au niveau des trophées d'armes. Donnée à Coysevox, la première connue est celle offerte par le Baron Le Plat à Auguste le Fort en 1715 et aujourd'hui conservé au Musée de Dresde.
Le Metropolitan Museum possède également ce modèle où le trophée d'armes a entièrement disparu. Afin d'accroître la majesté de ces figures, ces dernières reposent sur un superbe socle rectangulaire en jaspe de Sicile, jaune antique et placage d'ébène.

Kohn. Mercredi 22 mai 2013. L'Hôtel Le Bristol - Salon Castellane - 112 rue du Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris. http://www.kohn.fr/