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Velázquez au Grand Palais : Affiche © Rmn-Grand Palais

PARIS - Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le musée du Louvre, Paris en collaboration avec le Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Une première étape de la manifestation, dans un format réduit, a été présentée à Vienne, au Kunsthistorisches Museum, du 28 octobre 2014 au 15 février 2015.

Diego Velazquez, Autoportrait, vers 1650, 45 x 38 cm, huile sur toile, Museo de Bellas Artes, Valence, © Museo de Bellas Artes, Valence

Diego Velazquez, Autoportrait, vers 1650, 45 x 38 cm, huile sur toile, Museo de Bellas Artes, Valence, © Museo de Bellas Artes, Valence

Né à Séville en 1599, Velázquez est l’une des plus importantes figures de l’histoire de l’art, tout style et toute époque confondus. Chef de file de l’école espagnole, peintre attitré du roi Philippe IV, au moment où l’Espagne domine le monde, il est le strict contemporain de Van Dyck, Bernin et Zurbaran, bien que son art ne l’élève à une intemporalité que seuls peuvent lui disputer les noms de Léonard, Raphaël, Michel-Ange, Titien, Caravage et Rembrandt. 

Formé très jeune dans l’atelier de Francisco Pacheco, peintre influent et lettré de la capitale andalouse, il ne tarde pas à s’imposer et, encouragé par son maître devenu aussi son beau-père, décide de tenter sa chance à la Cour de Madrid. Après une première tentative infructueuse, il est finalement nommé peintre du roi en 1623 marquant le début d’une ascension artistique et sociale qui le mène aux plus hautes charges du palais et au plus près du souverain. Sa carrière est rythmée par deux voyages déterminants en Italie, le premier autour de 1630, le second autour de 1650, et par les naissances et décès successifs des héritiers au trône. Maître dans l’art du portrait, dont il libère et renouvelle le genre, il n’excelle pas moins dans le paysage, la peinture d’histoire ou, dans sa jeunesse, la scène de genre et la nature morte. 

Bien qu’il soit l’un des artistes les plus célèbres et admirés hier comme aujourd’hui, aucune exposition monographique n’a jamais montré en France le génie de celui que Manet a consacré « peintre des peintres ». La rareté de ses tableaux (à peine plus d’une centaine) et leur légitime concentration au musée du Prado (Madrid) rendent particulièrement difficile l’organisation d’une rétrospective complète. C’est cependant le défi relevé par le musée du Louvre et le Grand Palais qui joignent leur force en collaboration avec le Kunsthistorishes Museum de Vienne et avec l’appui généreux du musée du Prado. Certains prêts tout à fait exceptionnels ont ainsi pu être obtenus à l’instar de la Forge de Vulcain (Prado) et de la Tunique de Joseph (Escorial), de même que des chefs-d’œuvre absolus comme la Vénus au miroir (Londres, National Gallery) ou le Portrait d’Innocent X (Rome, Galleria Doria Pamphilj) - si cher à Francis Bacon -, deux icônes universelles de l’histoire de l’art. 

Diego Velazquez, La Forge de Vulcain, vers 1630

Diego Velazquez, La Forge de Vulcain, vers 1630, huile sur toile, 222 x 290 cm Madrid, Museo Nacional des Prado© Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez, La tunique de Joseph, vers 1630, huile sur toile, 213,5 x 284 cm, Madrid, Real Monasterio del Escorial

Diego Velázquez, La tunique de Joseph, vers 1630, huile sur toile, 213,5 x 284 cm, Madrid, Real Monasterio del Escorial.

Diego Velazquez, La toilette de Venus, 1647-1651, 123 x 177 cm, Huile sur toile, The National Gallery, © The National Gallery

Diego Velazquez, La toilette de Venus, 1647-1651, 123 x 177 cm, Huile sur toile, The National Gallery, © The National Gallery

Diego Velazquez, Portrait du pape Innocent X, 1650, 140 x 200, Huile sur toile, Rome, Galleria Doria Pamphilj, © Amministrazione Doria Pamphilj srl

Diego Velazquez, Portrait du pape Innocent X, 1650, 140 x 200, Huile sur toile, Rome, Galleria Doria Pamphilj, © Amministrazione Doria Pamphilj srl

L’exposition entend présenter un panorama complet de l’œuvre de Diego Velázquez, depuis ses débuts à Séville jusqu’à ses dernières années et l’influence que son art exerce sur ses contemporains. Elle se donne en outre pour mission de porter les principales interrogations et découvertes survenues ces dernières années, exposant, dans certains cas pour la première fois, des œuvres récemment découvertes (L’Education de la Vierge [New Haven, Yale Art Gallery] ; Portrait de l’inquisiteur Sebastian de Huerta [collection particulière]).

Diego Velazquez, L’Education de la Vierge, New Haven, Yale Art Gallery

Diego Velazquez, L’Education de la Vierge, ca. 1617. Huile sur toile, Yale University Art Gallery © 2015 The Yale University Art Gallery

Diego Velazquez, Portrait de l’inquisiteur Sebastian de Huerta, circa 1628

Diego Velazquez, Portrait de l’inquisiteur Sebastian de Huerta, circa 1628, 121 × 101 cm, Huile sur toile, collection particulière

Une première section s’attache à évoquer le climat artistique de l’Andalousie au début du XVIIe siècle, mettant en perspective les premières œuvres de Velázquez et restituant l’émulation de l’atelier de Pacheco autour de peintures et de sculptures d’Alonso Cano et Juan Martinez Montañés.

Diego Velazquez, L’Immaculée Conception, 1618-1619

Diego Velazquez, L’Immaculée Conception, 1618-1619, huile sur toile, 135 x 101,6 cm Londres, The National Gallery© The National Gallery

Diego Velazquez, Saint Paul, vers 1619-1620

Diego Velazquez, Saint Paul, vers 1619-1620, huile sur toile, 99,5 x 80 cm, Barcelone, Museu Nacional d’Art de Catalunya (MNAC)© MNAC - Museu Nacional d’Art de Catalunuya, Barcelone / photo : Calveras/Mérida/Sagrista

Vient ensuite le moment d’aborder la veine naturaliste et picaresque de la peinture de Velázquez autour de ses scènes de cuisine et de taverne, en insistant particulièrement sur les concepts de variation et de déclinaison des motifs. Autour de 1620, le style du peintre évolue vers un caravagisme plus franc. Cette période correspond aux premiers contacts de l’artiste avec Madrid et la peinture qu’on y trouve et qui s’y produit. Cette partie de l’exposition, assurant la transition entre les années de formation à Séville et la première époque madrilène, présente ainsi les œuvres du peintre parmi celles de ses contemporains, espagnols ou italiens, qui partagèrent cette adhésion à une peinture plus «moderne». Enfin, les débuts du peintre à la cour voient évoluer sa conception du portrait, passant d’un naturalisme bouillonnant à des formules plus froides et solennelles en accord avec la tradition du portrait de cour espagnol.

Tournant important de son art comme de sa carrière, le premier voyage en Italie de l’artiste est illustré par des œuvres qui pourraient avoir été exécutée à Rome ou immédiatement à son retour (Vue des jardins de la Villa Médicis, Rixe devant une auberge…). Ces chefs-d’œuvre de la première maturité offrent en outre l’occasion d’aborder un aspect peu exploré de son œuvre : le paysage. Stimulé par l’exemple de Rubens, Velázquez confère une fraîcheur et une liberté aux arrières-plans de ses portraits en extérieur réalisés pour les différentes résidences royales. La partie centrale de cette deuxième section est consacrée à la figure de Baltasar Carlos. Fils chéri et héritiers attendu de la Couronne, il incarne tous les espoirs dynastiques des Habsbourg d’Espagne au moment où le règne de Philippe IV est lui-même à son apogée. A mi-parcours, l’exposition s’arrête sur la peinture mythologique, sacrée et profane de Velázquez dont la Vénus au miroir constituera le point d’orgue.

La troisième et dernière partie est dédiée à la dernière décennie du peintre et à son influence sur ceux que l’on appelle les vélazquésiens (velazqueños). Cette section consacre largement l’importance du peintre en tant que portraitiste, à la Cour de Madrid dans un premier temps, puis à Rome autour du pape Innocent X à l’occasion de son second voyage italien. A cette occasion seront évoqués deux de ses collaborateurs importants et demeuré dans l’ombre du maître : l’Italien Pietro Martire Neri et Juan de Pareja, esclave affranchi et assistant du peintre.

Il s’agit enfin de présenter les derniers portraits royaux exécutés par le maître espagnol, en regard de ceux de son gendre et plus fidèle disciple : Juan Bautista Martinez del Mazo. Une salle, dédiée à ce dernier, témoigne des derniers feux du styles de Velázquez, autour du tableau de La Famille du peintre de Vienne et de la version réduite des Ménines de Kingston Lacy, avant que d’autres influences, celle de Van Dyck notamment, ne s’exerce sur les peintres de la génération suivante dont le plus virtuose, Carreño de Miranda, nous livre les impressionnantes dernières images des derniers Habsbourg d’Espagne.

25 mars – 13 juillet 2015

Diego Velazquez, Balthasar Carlos et son nain, vers 1631, 128 x 102 cm, huile sur toile, Museum of Fine Arts, Boston, © Museum of Fine Arts, Boston

Diego Velazquez, Balthasar Carlos et son nain, vers 1631, 128 x 102 cm, huile sur toile, Museum of Fine Arts, Boston, © Museum of Fine Arts, Boston

Diego Velazquez, Portrait de l’infant Baltasar Carlos sur son poney, 1634-1635

Diego Velazquez, Portrait de l’infant Baltasar Carlos sur son poney, 1634-1635, huile sur toile, 211,5 x 177 cm, Madrid, Museo Nacional del Prado© Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez, Portrait de Pablo de Valladolid, vers 1635, Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez, Portrait de Pablo de Valladolid, vers 1635, Madrid, Museo Nacional del Prado © Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez, L’Infante Marie-Thérèse, Vers 1652

Diego Velázquez, L’Infante Marie-Thérèse, Vers 1652, Huile sur toile, 34,3 × 40 cm New York, The Metropolitan Museum of Art© The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand Palais / Malcom Varon

Diego Velázquez, Portrait de Philippe IV, vers 1654

Diego Velázquez, Portrait de Philippe IV, vers 1654, huile sur toile, 69,3 x 56,5 cm Madrid, Museo Nacional del Prado© Madrid, Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez, Portrait de l’infante Marguerite en bleu, vers 1659

Diego Velázquez, Portrait de l’infante Marguerite en bleu, vers 1659 huile sur toile, 127 x 106 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne© Kunsthistorisches Museum, Vienne

Attribué à Juan Bautista Matinez del Mazo, L’infante Marie-Marguerite, vers 1654

Attribué à Juan Bautista Matinez del Mazo, L’infante Marie-Marguerite, vers 1654, huile sur toile, 70 x 58 cm, Musée du Louvre, département des Peintures, Paris© Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

PARIS.- Born in Seville in 1599, Velázquez is one of the most important figures in the history of art, all styles and periods together. The leader of the Spanish school, official artist to King Philip IV at a time when Spain dominated the world, he was a contemporary of van Dyck, Bernini and Zubaran, although his art gave him a timelessness that is rivalled only by Leonardo da Vinci, Raphael, Michelangelo, Titian, Caravaggio and Rembrandt. 

Trained at an early age by Francisco Pacheco, an influential painter and scholar in the Andalusian capital, he soon won recognition for his art. Encouraged by his master, by then also his father-in-law, he decided to try his luck at court in Madrid. After a first unsuccessful attempt, he was finally appointed painter to the king in 1623, the start of his social ascension which led him to the highest offices in the palace and brought him very close to the sovereign. His career was marked by two decisive trips to Italy, in about 1630 and then 1650, and by the birth and death of successive heirs to the throne. He was a masterly portraitist, renovating and liberating the genre, but was also skilled in landscape and history painting and, in his youth, genre scenes and still lifes. 

Although he is still one of the world’s most famous and admired artists, no monographic exhibition in France has ever shown the public the genius of the man that Manet called the “the Painter of painters”. The rarity of his paintings (scarcely more than a hundred) and their legitimate concentration in the Prado Museum (Madrid) make it particularly difficult to organise a full retrospective. However that is the challenge taken up by the Louvre and the Grand Palais who have joined forces with the Kunsthistorisches Museum in Vienna, with the generous support of the Prado. Some outstanding loans have thus been obtained such as Vulcan’s Forge (Prado) and Joseph’s Bloody Coat Brought to Jacob (Escorial), along with abstract masterpieces such as Venus at her Mirror (London, National Gallery) or the Portrait of Pope Innocent X (Rome, Galleria Doria Pamphilj) — so dear to Francis Bacon — two universal icons of art history. 

The exhibition seeks to present a full panorama of the work of Diego Velázquez from his beginnings in Seville to his last years and the influence that his art had on his contemporaries. It also explores the main questions raised in recent years, showing newly discovered works – sometimes for the first time – (The Education of the Virgin [New Haven, Yale Art Gallery]; Portrait of the Inquisitor Sebastian de Huerta [private collection]). 

The first section evokes the art world in Andalusia at the beginning of the 17th century, putting Velázquez’s early works into perspective and recreating the atmosphere of emulation in Pacheco’s studio with paintings and sculptures by Alonso Cano and Juan Martinez Montañés. 

It then explores the naturalistic and picaresque vein of Velázquez’s painting through kitchen and tavern scenes, with a special focus on the variations and embroidering on the same motifs. About 1620, the painter’s style developed more openly towards Caravaggism. This was when he first came in contact with Madrid and its paintings. This part of the exhibition, covering the transition from his early training in Seville to the first Madrid period, presents the painter’s works among those of his contemporaries,Spanish or Italian, who were all striving to be “modern”. When he first began to work at court his conception of the portrait developed from lively naturalism to a more distant, solemn style consistent with the portrait tradition in the Spanish court. 

His first journey to Italy, a decisive turning point in his art and his career, is illustrated by works which could have been done in Rome or immediately after his return (View of the Gardens of the Villa Medici, Fight Outside an Inn...). These masterpieces of his early adulthood are an opportunity to explore a little-known aspect of his work: landscapes. Following Rubens’s example, Velázquez brought an airy freshness to the backgrounds of portraits painted outdoors for the various royal houses. The central part of this second section focuses on Balthazar Carlos. As the cherished son and heir of the royal couple, he incarnated all the hopes of the Spanish Habsburgs at a time when Philip IV’s own reign was at its apogee. Velasquez’s mythological, sacred and profane painting marks the halfway point in the exhibition with Venus at her Mirror as the highlight. 

The third and last part is dedicated to the last decade of the painter’s life and his influence on his followers, know as the velazqueños. 

This section confirms the painter’s importance as a portraitist, first at the court of Madrid then in Rome around Pope Innocent X during his second trip to Italy. Two of his main assistants, who have stayed in the master’s shadow, are evoked here: the Italian artist, Pietro Martire Neri and a freed slave, Juan de Pareja, who figures in a stunning portrait by Velázquez (New York, Metropolitan Museum). 

The exhibition ends with the last portraits by the Spanish master, compared with those of his son-in-law and most faithful disciple: Juan Bautista Martinez del Mazo. A room dedicated to the latter reveals the last flashes of Velázquez’s style with The Painter’s Family from Vienna and a small version of Las Meninas from Kingston Lacy, before the influence of other artists, Van Dyck in particular, began to be felt on the painters of the following generation, the most brilliant of whom, Carreño de Miranda, offers us the impressive final images of the last Spanish Habsburgs. 

An exhibition produced jointly by the Réunion des musées nationaux - Grand Palais and the Musée du Louvre, in collaboration with the Kunsthistorisches Museum, Vienna. 

A first stage of the event, in a reduced format was presented in Vienna, the Kunsthistorisches Museum, from October 28, 2014 to February 15, 2015.

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The exhibition explores the main questions raised in recent years, showing newly discovered works –sometimes for the first time. © Didier Plowy pour la Rmn-Grand Palais, Paris 2015.