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Lot 96. Importante paire de chevaux en bronze patiné, Dynastie Qing, Epoque Qianlong (1736-1795). Estimate 250,000 — 400,000 €. Photo: Sotheby's.

réalisés dans un style naturaliste, reposant une base rocheuse plate, une jambe antérieure relevée, la tête haute regardant vers l'avant, le nez délicatement arrondi avec des naseaux évasés surmontant une bouche légèrement ouverte révélant une rangée de dents, les yeux ronds brillants, le regard intente et vivant, deux petites oreilles ramassées sur le haut de la tête, séparées par un toupet bouclé et légèrement ébouriffé, la crinière épaisse retombant sur la base du cou en fines striures, le corps solide au modelé délicat et terminé par une longue queue finement striée. Quantity: 2 - 36,5 et 35,5 cm

An unusual and rare pair of bronze horses, Qing dynasty, Qianlong period; 14 3/8  and 14 in.

NotesLes deux chevaux en bronze ici présentés sont remarquables par leur rendu réaliste, leur posture et les détails qui les rapprochent fortement de leurs modèles vivants. En effet, ils semblent prendre leur inspiration dans la fameuse série de portraits à taille réelle des chevaux de l'empereur Qianlong exécutée au XVIIIe siècle par les peintres jésuites de la cour impériale Qing, Giuseppe Castiglione (Lang Shining) et Ignaz Sichelbarth (Ai Qimeng), à l'image des portraits de "Poulain" et "Bon Augure" illustrés dans l'ouvrage de Jean-Paul Desroches, La Cité Interdite au Louvre. Empereurs de Chine et Rois de France, Paris, 2011, cat. nos. 59 and 61. Les deux chevaux en bronze partagent ce même corps trapu, cette abondante crinière et cette queue touchant presque le sol avec le cheval nommé "Bon Augure " (Fig. 1), la patine brune se rapprochant de la robe bai de celui-ci.

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Portrait de “Ruyicong”, Giuseppe Castiglione. Dynastie Qing, époque Qianlong, 1748, encre et couleurs sur soie; 278,1 x 231,2 cm, Musée national du Palais, Taipei.

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Portrait de “Bon Augure”, Ignaz Sichelbarth (Ai Qimeng). Dynastie Qing, époque Qianlong, 1772, encre et couleurs sur soie, 519 x 341 cm, Collections du Musée du Palais, Beijing.

Les chevaux étaient des biens commerciaux de premier ordre sous le règne de l'empereur Qianlong. Un grand nombre étaient offerts en tribut à la cour par populations nomades habitant les régions pastorales des confins nord et ouest de l'empire. Les chevaux étaient également échangés contre des produits de luxe. Cette race de chevaux solides au physique robuste a joué un rôle crucial dans les campagnes militaires menées par l'empereur Qianlong.

Aucun autre exemple de statuettes de chevaux en bronze de ce type n'est apparu jusqu'ici dans des publications. Cependant, les deux chevaux en bronze semblent s'inspirer de la fameuse tête de cheval en bronze qui faisait partie des douzes figures à têtes d'animaux du zodiaque de la fontaine-clepsydre du Haiyan Tang. Cette tête de cheval à taille presque réelle, vendue par Sotheby's à Hong-Kong, le 9 octobre 2007, lot 1321, avait également un modelé et un rendu très réalistes (Fig. 2). Parmi leurs caractéristiques les plus frappantes, on remarque ces yeux ronds et particulièrement vifs, la bouche ouverte s'arrondissant jusqu'à former un léger sourire et les longues mèches finement striées formant la crinière et retombant entre les oreilles et le long du cou du cheval. Ces traits caractéristiques sont rendus de façon similaire sur la paire de chevaux en bronze ici présentées.

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Tête de cheval en bronze, Dynastie Qing, époque Qianlong. Vendu par Sotheby’s à Hong-Kong, le 9 octobre 2007, lot 1321.

La clepsydre ou horloge à eau décorait l'entrée ouest du Haiyan Tang, le plus grand des quatre palais de style européen du Yuanmingyuan. Ce complexe palatial dans le style architectural européen fut construit à la demande de l'empereur Qianlong entre 1756 et 1759. Ces palais et pavillons dispersés dans l'enceinte du Yuanmingyuan furent profondément influencés par le style rocaille, les salles décorées de trompe-l'oeil et meublées avec du mobilier européen. D'après Michèle Pirazzoli-t'Serstevens dans 'The Emperor Qianlong's European Palaces', Orientations, November 1988, pp. 61-71, ils abritaient également les vastes collections de curiosités européennes de l'empereur Qianlong telles des peintures, des jouets mécaniques, des horloges, des miroirs, des gants. Certains étaient des cadeaux diplomatiques de missionnaires et d'ambassadeurs européens d'autres étaient réalisées sur place par les Jésuites travaillant à la cour de Chine.

Sotheby's. B. B. S. Un Hommage. Paris, 30 Jun 2016, 02:30 PM