Ingres et la mode
MONTAUBAN - À l’été 2026, le musée Ingres Bourdelle de Montauban consacre une exposition inédite au rapport de Jean-Auguste-Dominique Ingres à la mode. À travers une sélection exceptionnelle de plus de 200 pièces, peintures, dessins, textiles, accessoires et documents d’époque, le parcours mettra en lumière l’attention singulière du maître pour la représentation des étoffes, des drapés et des vêtements, révélant comment la mode façonne le regard et la composition artistique. L’exposition explorera la manière dont Ingres sublime la matière textile, joue avec les transparences, s’inspire des tendances de son temps et dialogue avec l’histoire de l’art pour conférer à ses portraits une modernité intemporelle.
Initiateur d’un style singulier, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) a régné comme un des maîtres incontestés au sein de l’école française pendant plus d’un demi-siècle.
Depuis quelques années, l’actualité des expositions portant sur le peintre démontre amplement l’intérêt que suscite son oeuvre aujourd’hui. Peintre d’histoire, il a aussi été reconnu par ses contemporains pour son talent exceptionnel de portraitiste, combinant de manière rare des qualités d’analyse psychologique à une attention précise pour la parure et la toilette de ses modèles. Ainsi Théophile Gautier a pu louer un artiste sachant « […] mettre son grand goût au service du journal des modes » alors que Baudelaire plus réprobateur, dénonçait son usage de la couleur qu’il lui reproche d’utiliser « comme une marchande de modes » . Par cette place de choix accordée au costume contemporain, sans jamais verser dans le portrait mondain, Ingres atteint une sorte d’équilibre qui fait paradoxalement de lui un véritable « peintre de la vie moderne » – titre que Baudelaire lui a pourtant toujours refusé.
Un sujet inédit
Si le sujet du portrait chez Ingres a été brillamment étudié il y a vingt-cinq ans lors de l’exposition organisée à Londres, New York et Washington, la question du rapport spécifique entretenu par le peintre avec la mode n’a par contre jamais encore fait l’objet d’une exposition à part entière. Or, depuis une dizaine d’années, les musées, notamment de beaux-arts, convoquent la mode aux côtés de productions artistiques pour initier un dialogue nouveau, où se mêlent des questions d’ordre esthétique, social ou économique. C’est dans ce mouvement que souhaite s’inscrire le musée Ingres Bourdelle avec ce projet. Réunissant des oeuvres d’Ingres à des pièces textiles très variées accompagnées d’accessoires de mode ou de bijoux côtoyant caricatures, gravures de mode, traités techniques, catalogues commerciaux ou affiches, l’exposition abordera la problématique à travers des angles thématiques répartis en 6 sections : Ingres et la matière textile / Transfigurer la mode contemporaine Le Corps, la mode, la peinture / La mode en couleurs / Consommer la mode / Ingres à la mode ?
En conclusion, sera abordée l’influence de la peinture d’Ingres sur les créateurs de mode des XX et XXI siècles (Castelbajac, Saint Laurent, Issey Miyake…).
Commissariat : Florence Viguier-Dutheil, Conservatrice en chef du patrimoine, Directrice du musée Ingres Bourdelle, et spécialiste de l’oeuvre d’Ingres
Alexandra Bosc, ancienne conservatrice au Palais Galliera et spécialiste reconnue de l’histoire de la mode du XIX siècle, actuellement directrice adjointe des collections et de la recherche à Paris-Musées
Du 3 juillet au 8 novembre 2026
Jean-Auguste-Dominique Ingres, Madame Rivière, 1805, huile sur toile, 116,5 x 81,7 cm ; Paris, musée du Louvre (MI 1446) © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Philibert Rivière (1766-1816), 1805 ; huile sur toile, 116,5 x 89 cm ; Paris, musée du Louvre © GrandPalaisRmn (Musée du Louvre) / Franck Raux
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Isabey Jean-Baptiste, costumier, Grand uniforme d’un conseiller d’État : veste et gilet, vers 1804-1815. Veste : velours de soie bleu foncé, broderie au point de satin dans différents tons de soie bleu-vert avec motifs de feuilles de chêne. Doublure en satin de soie ivoire. Gilet : satin de soie ivoire, broderie au fil de soie polychrome, dos en toile de coton. Fermeture par patte métallique. Chemise et cravate modernes ; Rueil-Malmaison, Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau © GrandPalaisRmn (Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau) / Daniel Arnaude
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de la comtesse de La Rue ; huile sur panneau, dans un ovale peint, 29 x 23,3 cm. Collection particulière © Christie's Images Ltd 2009
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de femme (anciennement Madame Aymon), dit La Belle Zélie, 1806 ; huile sur toile, 59 x 49 cm ; Rouen, Réunion des musées métropolitains, Musée des Beaux-Arts © C. Lancien, C. Loisel / Métropole Rouen Normandie
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de M. Hippolyte-François Devillers, 1811 ; huile sur toile, 96,5 x 78,5 cm ; Zurich, Sammlung Emil Bührle © Emil Bührle Collection, prêt à long terme au Kunsthaus Zurich
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Madame de Senonnes, 1814, musée d'Arts de Nantes (1028) © RMN-Grand Palais / Gérard Blot
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Madame Marcotte de Sainte-Marie, 1826, huile sur toile, 93 x 74 cm ; musée du Louvre (RF 2398). © 2010 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado
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Yasumasa Morimura, artiste plasticien pour Pleats Please d’Issey Miyake, maison de prêt-à-porter, inspiré par La Source de Jean-Auguste-Dominique Ingres et son propre Portrait (La Source III). Robe longue, automne-hiver 1996-1997, tissu polyester. Collection Moji Farhat © Moji Farhat
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