Un potier aux mains d'or
Dès l'enfance, la passion était présente... Le jeune malentendant Pham Ngoc Dao aimait déjà modeler de ses propres mains des récipients en terre cuite. Avec l'âge, son désir de façonner des poteries, de ressentir sous sa paume l'argile s'est fait plus ardent.
L'économie de marché aidant, des changements sont apparus dans la vie matérielle des habitants de son village natal, Bat Tràng. Les nouvelles techniques de fabrication des céramiques se sont répandues. Les machines ont remplacé le travail des paumes et des doigts. La fabrication en série a fait gagner du temps, de l'argent.
Dao est resté à l'écart de ces nouvelles technologies. Pour lui, seules les mains de l'artisan peuvent modeler un vrai produit. Seules les paumes peuvent y donner une âme.
La passion du métier artisanal, il l'exprime dans tous les maillons de la production. Chaque création, en plus d'une apparence originale, doit être imprégnée de ses sentiments, de son labeur. Toute cette minutie s'exprime dans le mélange de la terre, dans la peinture des motifs de décoration.
Dao est également déterminé à restaurer les émaux traditionnels. Ces derniers contribuent selon lui à créer une beauté distincte pour chacun de ses produits.
Étant à la fois le patron et l'unique artisan de son atelier, il se donne chaque jour à l'ouvrage, jusqu'à ce que ses mains rugueuses deviennent rouges. Son labeur a été récompensé. Des clients étrangers commencent à fréquenter son magasin pour passer des commandes.
À 29 ans, Dao vient de créer un label pour ses produits. Il a reçu beaucoup de satisfecit et de prix. Mais ces récompenses ne valent pas les lueurs d'admiration, ni les paroles enthousiastes des visiteurs devant ses créations. Dans ce parcours atypique, ce jeune artisan n'est pas seul. À côté des amateurs de produits artisanaux, il y a également sa femme et son père qui toujours le soutiennent.
(source : Thu Trang/CVN)