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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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30 mars 2006

Tây Nguyên : Les gongs, une fierté pour tout le pays

29_3À l'occasion de la réception du diplôme de "Patrimoine oral et immatériel de l'humanité" attribué à la culture des gongs du Tây Nguyên, Vu Duc Tâm, ambassadeur du Vietnam auprès de l'UNESCO, a réservé au Courrier du Vietnam une interview exclusive.
Quelle est votre opinion sur le titre de "Patrimoine oral et immatériel de l'humanité" pour les gongs du Tây Nguyên ?
La reconnaissance de 'UNESCO pour la culture des gongs comme patrimoine oral et immatériel de l'humanité, est très importante pour le Vietnam.
Primo, le Vietnam possède une riche culture ethnique. Après la musique de cour (nha nhac) et aujourd'hui les gongs, reconnus en tant que patrimoine de l'humanité, leur reconnaissance par l'UNESCO prouve la diversité culturelle indiscutable du Vietnam.
Secundo, la reconnaissance de l'UNESCO de la culture des gongs, démontre que celle-ci a dépassé les frontières vietnamiennes. Aujourd'hui, elle ne constitue plus le bien unique du Vietnam, mais un patrimoine commun de l'humanité.
Ce titre est non seulement l'objet de fierté de tout le peuple vietnamien, mais il apporte encore à la population du Tây Nguyên, des intérêts spirituels, la grande union et des retombées économiques probables.
À l'instar de la musique de cour, les gongs, avant leur reconnaissance par l'UNESCO, étaient peu connus des Vietnamiens. Désormais, ceux-ci prennent mieux conscience de la valeur desdits patrimoines ethnologiques.
Cela nous aide à éduquer les futures générations dans la conservation et la transmission des valeurs culturelles.
Si nous n'élaborions pas de mesures pour sauvegarder convenablement notre propre culture dont les patrimoines déjà mondialement reconnus ou en passe de l'être, l'UNESCO pourrait ôter un jour cette reconnaissance. Les mesures de sauvegarde sont ainsi indispensables.

D'après vous, concernant la sauvegarde et la conservation des patrimoines, est-ce qu'il y a des difficultés ?
La sauvegarde et la conservation des patrimoines reviennent à tous les Vietnamiens, et au monde entier de par leur reconnaissance par l'UNESCO.
Mais la responsabilité majeure revient à l'État, au ministère de la Culture et de l'Information, ainsi qu'aux organismes et experts en la matière pour une meilleure coordination, afin de conserver et de mettre à profit les valeurs de ces patrimoines.
Personnellement, nous devrions à la fois introduire la culture des gongs dans la vie quotidienne et maintenir sa richesse originale. En cas de démonstrations rénovées, il faudrait mentionner ces changements pour éviter la confusion avec la valeur traditionnelle.
Une autre difficulté est les finances. Il faudrait des investissements appropriés. Tel que l'on sait, le budget réservé à la sauvegarde des patrimoines culturels du Vietnam reste modeste.

Les dossiers de la Cité impériale Thang Long, du chant ca trù (chant de courtisane) sont en cours d'élaboration avant soumission à l'UNESCO. Que pensez- vous de leurs chances ?
Nous avons déjà préparé beaucoup de dossiers, donc forcément nous avons plus d'expérience, ainsi que de facilités dans l'élaboration des prochains dossiers à soumettre à l'UNESCO. La technique est acquise. Toutefois, le Vietnam devrait prendre plus d'expériences des experts étrangers expérimentés en la matière afin de mieux préparer ses dossiers. Le Vietnam nécessite un organisme chargé particulièrement de ce genre de travail, avec des personnes passionnées et compétentes telles Trân Van Khê et Tô Ngoc Thanh.

(Source: Nguyên Dat, Courrier du Vietnam)

Photo: Duc Huynh - AVI

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