Les guôc, sabots vietnamiens
Depuis des milliers d’années, les sabots font partie de la vie vietnamienne. Dans le passé, on les portait partout et n’importe quand. C’étaient les chaussures les plus populaires, aussi bien des hommes que des femmes. Depuis quelques temps, ils reviennent à la mode.
On les fabriquent à partir de matériaux variés. A la campagne, dans la pluie glaciale, on portait des sabots de bambou pour aller aux fêtes villageoises. Chez soi, on portait des sabots de bois aux
extrêmités recourbées pour se protéger les orteils, munis d’attaches en rotin tressé. Fréquemment, on taillait soi- même ses sabots de bois: bec un peu recourbé, attache faite d’une corde ou d’une lanière en étoffe. A Huê, les gens de la noblesse portaient des sabots laqués à deux couleurs. Dans les années 1970, l’arrivée du plastique n’a pu chasser le bois dans la fabrication des sabots.
Les sabots de bois peuvent conserver leur couleur naturelle ou être peints, agrémentés de motifs
floraux ou paysager et de vernis brillants, pour mettre en valeur les talons des jeunes filles.
Après une longue absence due à la concurrence des chaussures modernes, les sabots ont refait récemment leur apparition sur le marché vietnamien. Ils n’ont plus leur aspect rudimentaire d’antant, ils sont maintenant très « fashion », rénovés, impressionnants par leur qualité et leur beauté. Ils s’harmonisent avec la taille, le tempérament, le pouvoir d’achat et la tenue vestimentaire de chaque
individu. Chacun choisit ses sabots selon la hauteur de la semelle, sa forme, sa matière, sa couleur et les types de lanières et cordons.
Le retour aux sabots répond à une certaine tendance de la mode mariant tradition et modernité, inspirée par le souci de préserver l’identité culturelle vietnamienne.
