La laque, pratique symbolique au Vietnam
La technique de la laque est une composante essentielle de la culture asiatique. Cela ressemble à une sorte de vernis, très dur et résistant, enduit sur toutes sortes de matières telles
que le bois, le bambou, le cuir, le métal ou le papier mâché, entre autres.
En dehors de son côté pratique de décoration et amélioration des matériaux sur laquelle la laque est disposée, il s'agit également d'une technique artistique propre, permettant de créer des œuvres originales et assez particulières.
La laque est utilisée par les Chinois depuis l'époque Shan, aux 14e-13e siècles av.J.-C. Elle s'est ensuite diffusée au reste de l'Asie au fur et à mesure du temps, chaque pays ayant sa manière propre de l'aborder.
Cette matière est obtenue à partir de la sève d'un arbre, le laquier, récoltée un peu à la manière du sirop d'érable au Canada ou du latex des hévéas, une incision est faite dans l'écorce à la base de l'arbre, un récipient est placé en dessous, et il n'y a plus qu'à attendre qu'il se remplisse. La sève est très collante et brillante. Le processus est long et peu productif : les meilleurs laquiers ne donnent que jusqu'à 200 grammes de sève par an, qui doit encore être filtrée et préparée, avant d'être utilisée.
Transformation et processus artistique
Petite précision grammaticale, au cours des étapes de sa transformation, la laque récoltée des arbres à laque devient le laque, prêt à être utilisé sur des meubles ou des œuvres d'art.
La première étape est le filtrage et le chauffage de la laque, afin de la débarrasser de ses impuretés et la rendre plus liquide. Une fois cette étape réalisée, on peut déjà appliquer une première couche de laque sur les objets à enduire, en tant que filtre protecteur ou préparation.
Puis la substance obtenue est à nouveau chauffé, encore plus fortement qu'auparavant, et diluée. Le produit ainsi obtenu est le laque, que l'on peut enfin utiliser comme enduit. Si les Chinois ont été les premiers à se servir de ce produit, c'est au Vietnam que la laque est née en tant que pratique artistique, et qu'elle commence à être enseignée lorsque Victor Tardieu fonde l'École des beaux-arts de Hanoi en 1925.
Avec la laque vietnamienne on ne peut obtenir que certaines couleurs, plutôt dans des tons bruns, ocres, foncés en général. On commence par dessiner le contour général de ce qu'on veut représenter avec une première couche de laque. Puis on s'occupe des couleurs, en pigmentant la laque, et en remplissant les zones délimitées, et on ponce constamment, mais principalement à la fin, pour faire évoluer les couleurs jusqu'à obtenir le résultat voulu et que le dessin ne bouge plus. D'autres matériaux peuvent également être utilisés, comme des coquilles d'œufs pour faire le blanc ou des feuilles d'or ou d'argent.
La laque est aujourd'hui un des produits représentant le Vietnam et l'Asie dans l'imaginaire occidental, et attire de plus en plus de personnes intéressées par sa pratique.
(Source : Benjamin Bouin/CVN)