
Cachet impérial en néphrite blanche surmonté de deux dragons enlacés. Inscription sculptée de quatre caractères Qianlong yubi, travaux de pinceau de Qianlong. Époque Qianlong (1736-1795). H. 9,5 cm. Estimation : 350 000/400 000 €
Il est facile de dire qu’ils reviennent de loin, d’autant que ces deux cachets ont eu les honneurs de l’Asian World Exposition de Hongkong, du 26 au 29 mai derniers. Quant à leurs empreintes, elles figurent dans le livre des cachets de l’empereur Qianlong, le baoshu rapporté de Chine par le général Frey et donné au musée Guimet en 1911. Mais ici, plus que les empreintes, ce sont les cachets eux-mêmes qui devraient susciter des convoitises parmi les collectionneurs et les marchands internationaux. Estimés autour de 400 000 €, ils risquent fort d’être disputés bien au-delà... La raison d’un tel engouement ? La qualité de leur sculpture, mais aussi leur rareté. On se souvient des 776 750 € obtenus par un sceau à poignée sculptée du double dragon enlacé en jade vert foncé et gravé Tai Shang huang di zhi bao, cachet de l’empereur Tai Shang Qianlong à l’âge de quatre-vingt-six ans (Paris, 23 septembre 2001). Comme celui en néphrite verte proposé aujourd’hui, il faisait partie des bao, c’est-à-dire des sceaux apposés par l’empereur sur un ordre officiel pour le valider. Quant à l’autre exemplaire, il sera d’autant plus disputé que sa couleur blanche, également appelée «gras de mouton», est particulièrement prisée des Chinois, qui l’assimilent à la pureté et y voient la beauté de la peau féminine. On prête aussi au jade (terme générique désignant tout à la fois la néphrite et la jadéite) des vertus médicinales et magiques d’immortalité. Il retiendrait les rayons de la lune, sa brillance symboliserait la charité, sa dureté, la sagesse et la rigueur de son tranchant, la justice. Tout un programme... Auquel il convient d’ajouter leur motif, l’un des quatre animaux merveilleux, le dragon. Animal mythique et symbolique, il se manifeste sous plusieurs apparences : le dragon long au corps de serpent et à tête de cheval, le jiao muni d’écailles, ying étant pourvu d’ailes... Quelle que soit sa forme, il naît dans les eaux profondes et connaît l’art de s’élever dans le ciel en chevauchant les nuages : le ying et le yang. |