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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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14 novembre 2006

Cat Bà : entre développement et préservation de la biosphère

bSitué dans la baie de Ha Long, l'archipel Cat Bà, véritable réservoir génétique, a été reconnu en 2004 réserve mondiale de biosphère par l'UNESCO. Les autorités locales accentuent la préservation de ce joyau naturel en alliant l'exploitation du site à son développement économique.
Situé dans le golfe du Bac Bô, l'archipel Cat Bà a été reconnu en 2004 comme réserve mondiale de biosphère par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
Jouxtant le patrimoine mondial qu'est la baie de Ha Long, le site réunit des forêts tropicales sur des îles karstiques, des mangroves, des récifs coralliens, des tapis d'algues et des grottes. Sur 26.240 ha d'espaces maritime et terrestre (17.040 ha de terre et 9.200 ha d'eau), plus de 2.300 espèces d'animaux et d'arbres ont été répertoriées. Parmi celles-ci, une soixantaine considérées comme endémiques sont inscrites dans le Livre rouge du Vietnam.
Relevant de la ville portuaire de Hai Phong, Cat Bà est une importante zone côtière de pêche qui recèle aussi un énorme potentiel en agriculture et en aquaculture. Alors que la région connaît un vif développement, les autorités locales ont pris conscience de l'intérêt de protéger la réserve de biosphère de Cat Bà. Et le prouvent par des actes concrets, comme ce fut récemment le cas avec le projet de construction de l'agglomération Cai Gia sur l'île. Ratifié en 2004 avant d'être mis en chantier en mai 2005, le projet compte une superficie de 172 ha, inclue dans le secteur réservé au développement touristique de la ville.
Au début des travaux, la Compagnie de construction du Vietnam, principal investisseur, ne savait pas encore comment faire pour remblayer les nappes d'eau comprises sur la zone de construction. Après l'approbation du projet, elle a demandé aux autorités d'aplanir une colline située à 2 km du chantier pour avoir suffisamment de matières propres à ce travail. Cette demande de l'investisseur a été soutenue par les autorités locales et par les responsables des services et organismes municipaux. Seul le Service du tourisme et celui de l'agriculture et du développement rural s'y sont opposés, le second cédant finalement après 2 tables rondes de persuasion.
Portant isolé, le Service du tourisme ne démord pas de sa position. "Les autorités municipales nous ont demandé notre opinion", raconte le directeur adjoint du service, Pham Trung Dung. "Nous avons cité alors les paroles de l'ancien vice-Premier ministre Vu Khoan prononcées lors de l'accueil le certificat de reconnaissance de la réserve de biosphère par l'UNESCO. Les sites artificiels, peuvent toujours être détruits puis reconstruits. Ce qui est impossible avec les sites naturels", continue-t-il.
Après plusieurs enquêtes, le Service du tourisme finit par recevoir le soutien des autorités municipales. La colline est conservée. "Nous avons de la chance d'avoir une réserve de biosphère reconnue par l'UNESCO, nous devons la protéger", affirme le directeur adjoint. "Le développement des zones urbaines, touristiques ou d'autres secteurs d'investissement, ce n'est pas de bétonner ou d'aplanir des collines et des montagnes, et modifier ainsi le paysage et l'environnement", ajoute-t-il.

Refus des bateaux touristiques dans l'archipel
L'histoire du directeur adjoint du Service du tourisme fait écho aux actions du vice-président du Comité populaire de la ville de Hai Phong, Nguyên Van Thanh. Ce responsable, qui occupe également le poste de chef du comité de gestion de la réserve de biosphère Cat Bà, insiste toujours sur la protection environnementale au moment où l'on encourage les investissements.
Et cette "intransigeance" fait ses preuves, tout en montrant une réelle volonté des autorités. Le Service municipal du tourisme a récemment demandé l'autorisation de séjourner pour les bateaux touristiques dans l'archipel de Cat Bà. Le chef du comité de gestion de la réserve de biosphère Cat Bà, Nguyên Van Thành, a opposé un cinglant refus en expliquant que chaque bateau détruit en moyenne 200 m2 de coraux à chaque mouillage. Les coraux de l'île, déjà fragiles, sont ainsi préservés.
Parallèlement, depuis la reconnaissance de l'UNESCO, le site accueille de plus en plus de touristes. L'an passé, environ 500.000 s'y sont rendus. Soit une augmentation de 25% en 2 ans. Les visiteurs apprécient la réserve naturelle qui, à 150 km à l'est de Hanoi, leur offre à la fois mer et forêt. Avec ses 366 îles et îlots, sa faune et sa flore riches et diversifiées, ainsi que sa centaine de plages, Cat Bà attirera de plus en plus de touristes locaux et étrangers. Là est tout l'enjeu d'un équilibre calculé entre nature et développement.

Kiên Giang, nouvelle réserve mondiale de biosphère
La région littorale et maritime de Kiên Giang (Sud) vient d'être reconnue par l'UNESCO comme réserve mondiale de biosphère. Cette reconnaissance est intervenue lors de la 19e session du Conseil international de coordination du programme MAB (sur l'homme et la biosphère) relevant de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), tenue du 23 au 27 octobre dernier à Paris. Jusqu'à présent, le Vietnam compte 5 zones de réserves mondiales de biosphères que sont Cân Gio, Cat Tiên, Cat Bà, delta du fleuve Rouge et Kiên Giang.
La réserve de biosphère du delta du fleuve Rouge, situé dans le Nord du pays, comprend des zones humides, abritant de précieuses mangroves, et est souvent citée en exemple pour son modèle de pêche durable. On notera aussi Cân Gio (Hô Chi Minh-Ville) et ses mangroves ainsi que Cat Tiên, une vaste forêt qui s'étend sur les 3 provinces de Binh Duong, Binh Phuoc (Sud) et Lâm Dông (hauts plateaux du Centre).

Hoàng Mai/CVN

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