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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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28 novembre 2006

Le village de brocatelle de Nghia An

aCe métier colle à sa destinée. Depuis des siècles, le village Nghia An tisse des brocatelles, une étoffe de soie brochée à riches ornements.. Si dans le passé, on s'amusait à connaître le nombre de métiers à tisser pour recenser la population féminine du village, aujourd'hui, cette activité traditionnelle est proche de la disparition. Face à ce constat, les dirigeants de la province de Yên Bai (Nord) tentent par un projet de préserver les brocatelles de Nghia An.
Dans le village Nghia An (province de Yên Bai, Nord), on se transmet l'art du tissage de mère en fille. A à peine 10 ans, les petites sont initiées aux habilités de la profession tandis que la famille leur offrira un métier à tisser. Ceux ci, faits de bois, ne sont pas très chers, environ 300.000 dôngs pièce. Par contre, les navettes viennent d'un bois très rare qui leur donne solidité et légèreté. La tradition veut que leur confection revienne aux artisans les plus âgés du village. Nông Thi Hiên, 20 ans, nous explique que ce métier est tellement lié aux filles du village qu'elles s'en servent comme dot.
Dans une grande maison au bout du bourg, un groupe de femmes s'active sur une douzaine de métiers à tisser. Elles tissent des toiles, des draps, des foulards et toutes sortes d'étoffes. Les plus habiles tissent les mouchoirs et les enveloppes de coussin. Le labeur est dur mais elles ne gagnent pas beaucoup, environ 15.000 dôngs par jour. En effet, un mouchoir 30 x 40cm se vendra 12.000 dôngs, un foulard 30.000 dôngs. Bien peu par rapport au temps consacré !
Hà Thi Huong, 20 ans, raconte qu'elle a commencé le tissage à l'âge de 15 ans. Elle s'est spécialisée dans les ceintures qu'elle vend au kilo pour 50.000 dôngs. Mais quand on sait qu'il lui faut 2 ou 3 jours pour tisser un kilo et que les matières premières coûtent déjà 25.000 dôngs, on se rend compte de la difficulté du métier..

Parce que le tissage ne leur permettait plus de gagner leur vie, beaucoup de femmes l'ont abandonné. Au point qu'aujourd'hui, la profession est proche de l'extinction. C'est dans ces conditions qu'est né le projet pour sauvegarder les brocatelles de Nghia An.

Préserver le métier en gagnant de l'argent
Hoàng Thi Duoc, vice-président de l'Association des femmes du village Nghia An et chef adjoint du groupe de tissage de brocatelle, affirme que depuis la fondation du groupe de tissage, le Service commercial et touristique de la province de Yên Bai a beaucoup investi dans le projet. De nombreux touristes vietnamiens et étrangers se rendent en visite au village. Outre la présentation des brocatelles, les femmes vendent leurs produits qui sont beaucoup appréciés des visiteurs.
Un renouveau encore fragile mais encourageant. Même si elles ne travaillent que sur commande, les débouchés étant durs à trouver. De plus, les filles ne travaillent pas à l'année, elles ne tissent qu'en dehors des récoltes.
Lo Thu Huân, vice-président du Comité populaire du chef-lieu de Nghia Lô, a fait part du rôle des autorités de la province de Yên Bai dans le financement des projets de préservation et de tourisme. Elles ont déjà investi 200 millions de dôngs pour préserver les maisons sur pilotis, présenter les plats traditionnels et les produits culturels de la province dont ceux de brocatelle. Outre la fondation du groupe de tissage, 42 familles du village bénéficient d'une aide pour devenir des satellites du projet. Le village a fondé des groupes de broderie et des classes de formation au tissage assurées par les vieux artisans. Récemment, Nghia An ouvrait une classe d'apprentissage pour 90 jeunes de 15 à 17 ans. Une autre classe lui emboîtait le pas, avec 23 élèves.
Selon M. Huân, ces projets répondent à la fois la demande de préservation du métier traditionnel et celle de la vie quotidienne. Ils contribuent aussi à améliorer la vie des villageois.
(Hà Minh/CVN)

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