Nguyên Thi Ngoc Bích, l'espoir des enfants autistes
L'autisme reste peu connu. Cependant, une femme tente de faire changer les mentalités et les préjugés sur cette maladie. Bienvenue chez sa société "Pour l'avenir des enfants autistes".
Alors que la notion d'autisme reste peu connue de la société vietnamienne, une jeune femme utilise ses connaissances acquises à l'université pour accueillir à bras ouverts des enfants atteints de cette maladie souvent incurable. Qui est-elle ? Nguyên Thi Ngoc Bích (photo ci-contre), directrice de la sarl Pour l'avenir des enfants autistes. Dynamique, ne révélant aucune trace d'anxiété, de fatigue ou de pression liée à son travail, elle fait bien plus jeune que ses 32 ans. "Peut- être est-ce grâce aux contacts réguliers avec les enfants", sourit-elle.
L'histoire de Bích et de son intérêt pour l'autisme ne date pas d'hier. Déjà, lorsqu'elle était étudiante en psychologie à l'École normale supérieure I, elle s'était intéressée à cette maladie en recherchant des traitements possibles. Ces connaissances se sont peu à peu complétées et améliorées depuis qu'elle travaille à l'hôpital Saint Paul. Cependant, à cause du désintérêt de la société vietnamienne sur cette maladie, Bích se sentit investie d'une mission : "Monter un projet pour changer le regard des parents d'enfants autistes et des autres. D'où mon intention première de créer un centre de traitement et de soins destiné aux enfants autistes".
C'est en octobre 2005 que la sarl "Pour l'avenir des enfants autistes voit le jour", en dépit de l'interrogation de nombreuses personnes : "Qu'est-ce que l'autisme ?", "Pourquoi prenez-vous l'autisme comme cœur de métier de votre entreprise ?"…
La classe de Bích héberge 25 enfants venus des 4 coins du pays. Tous sont atteints d'autisme, mais la maladie se manifeste chez chacun par divers états. Ils sont soignés et éduqués par 11 enseignantes d'âges différents, mais ayant toutes la même vocation : apporter un lendemain qui chante à ces jeunes enfants malchanceux. "C'est ce désir et aucun autre qui les incite à venir en classe, dit Bích. Car si elles ne viennent pas aux enfants par amour, par compassion, elles ne pourront pas surmonter les difficultés et les pressions liées à ce métier".
Considérer les autistes comme ses propres enfants
L'autisme apparaît dès le plus jeune âge de la vie. Il se marque par le désintérêt total de l'enfant à l'égard de son entourage, le besoin impérieux de se repérer constamment dans l'espace, des gestes désordonnés et des troubles du langage : l'enfant reste muet ou émet un jargon qui ressemble à un acte langagier, mais qui n'a aucune signification. L'origine de l'autisme est controversée et il est impossible de dissocier les facteurs organiques des facteurs psychiques. "Chaque nouveau venu a un état pathologique différent. Il nous faut alors une dizaine de jours pour chercher à comprendre les manifestations cliniques les plus fondamentales chez chacun, afin de trouver des méthodes de traitement et d'éducation appropriées".
Il n'existe pas de médicament pour guérir l'autisme, alors "le soin des malades, surtout des nouveau-venus, n'est pas facile du tout". Les enseignantes doivent se familiariser avec leurs actions désordonnées. "Des coups donnés par ces enfants, c'est monnaie courante pour nous. Personne ne s'en plaint, surtout en songeant à leurs visages aimables lors qu'ils sont dans leur état normal".
Grâce à de nombreuses méthodes efficaces, chaque jour, Bích et ses 11 consoeurs apprennent patiemment aux enfants à se nourrir, à parler, à reconnaître des objets, malgré les difficultés et les pressions exercées par les familles des autistes et parfois par la société. "Sincèrement, si je n'avais pas d'enfant et si je n'étais pas mère, je n'aurais pas suffisamment de confiance pour exercer ce métier difficile qui demande une forte responsabilité", confie la psychologue.
(Hông Nga/CVN)