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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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17 janvier 2007

Un heureux planteur d'arbres à calambac

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Autrefois directeur adjoint du parc national de Cat Tiên, Trân Van Quyên a décidé un beau jour de devenir planteur. Pas d'hévéas mais d'aquilarias, une essence tropicale dont le principal intérêt est de produire du calambac, un produit très recherché qui se vend à prix d'or.

Issu d'une famille pauvre d'une localité montagneuse de la province de Quang Ngai (Centre), Quyên a grandi parmi les sons et les beautés de la nature. Il en est né un amour immodéré pour les forêts, qui a orienté tout son cursus scolaire - diplômé de l'École supérieure d'agrosylviculture en 1981 - et même toute sa vie. Quyên a travaillé dans les forces forestières de sa province natale. Très compétent, il a été désigné au poste de directeur adjoint du parc national de Cat Tiên, d'une superficie de 74.000 ha dans le Sud.

Après une dizaine d'années en tant qu'un responsable du parc national, Quyên a décidé, à la grande surprise de ses collègues, de tout plaquer pour se lancer dans la culture des aquilarias. Avec 2 milliards de dôngs dans sa poche -la plupart sont prêtés-, il est revenu à Quang Ngai et a jeté son dévolu sur un terrain de 20 ha où il a planté un millier d'aquilarias et d'arbres fruitiers. Il a creusé 14 bassins remplis d'eau toute l'année où il élève des poissons, et grâce auxquels il peut irriguer ses plantations.

Le tournant de sa vie
Sept ans d'efforts… largement récompensés. Rien que ses arbres fruitiers lui ont rapporté l'an passé 800.000 millions de dôngs ; et la vente d'une centaine de ses aquilarias âgés de 7 ans, 200 millions de dôngs. Ses 900 autres aquilarias servent à la production de calambac. Au total, son exploitation lui rapporte chaque année un revenu brut de 500 millions de dôngs.

La production de calambac ressemble par certains aspects à l'élevage des huîtres perlières. L'objectif est en effet de pousser l'arbre à produire de la résine, et pour cela on a recours à de nombreuses méthodes, les plus classiques étant l'introduction dans le tronc d'un agent chimique spécial ou d'une tige de fer enduite de sel. Face à cette agression, l'aquilaria fabrique de la résine, laquelle donnera le calambac. En observant ses arbres, Quyên a aussi découvert qu'un insecte phytophage, le bù xè, dont les larves se développent à l'intérieur du tronc, peut donner un calambac d'une plus grande qualité. Une découverte exceptionnelle…

Maintenant qu'il a fortune faite ou presque, Quyên veut "contribuer au développement des forêts". Pour cela, il est allé collecter beaucoup de pieds d'essences forestières dont quelques-unes figurent dans le Livre Rouge du Vietnam (ébénier, palissandre, padouk, if…), pour les replanter dans sa ferme. "Je fais cela non pour retirer des profits mais pour reconstituer la forêt et préserver certaines espèces menacées", a-t-il expliqué. Il a aussi incité des agriculteurs à faire des cultures alternées de poivriers et aquilarias pour augmenter de manière substantielle leurs revenus. Satisfait de ses résultats, Quyên nourrit l'espoir qu'un beau jour, l'aquilaria permettra de donner une nouvelle physionomie à cette région pauvre de son cher pays natal.

Informations supplémentaires
Le calambac est un produit spécial et précieux formé à partir de l'aquilaria. On s'en sert pour la fabrication de papiers et d'encens parfumés et, surtout, de produits cosmétiques de luxe tels que parfums, fards de maquillage… Dans la médecine traditionnelle, on attribue au calambac des vertus contre les maux de ventre, les nausées, l'asthme, la neuropathie, certaines maladies cardio-vasculaires… Par ailleurs, les musulmans ont l'habitude de prendre des bains avec cette essence pendant le mois du Ramadan.

Selon les scientifiques, il existe une vingtaine d'espèces d'aquilarias susceptibles de donner du calambac. L'un des plus précieux est Aquilaria crassna que l'on trouve au Vietnam dans le district de Huong Khê (province de Hà Tinh). On peut classer les calambacs en 3 catégories en fonction de leur qualité.

Depuis des siècles, le calambac est un produit de grande valeur. La première catégorie (reconnaissable à sa particularité de couler à pic) se négocie autour de 6.000-6.500 dollars le kilo. L'essence parfumée coûte de 7.000 à 7.500 dollars le litre. Sur un hectare, on peut cultiver environ 1.000 pieds d'aquilarias qui, après seulement 4 à 7 ans, permettent d'obtenir des profits annuels de 3 milliards de dôngs.

Auparavant, le calambac était une spécialité des pays d'Asie du Sud-Est, notamment Malaisie, Indonésie, Thaïlande et Myanmar. Mais l'aquilaria a été tellement exploité qu'il a quasiment disparu de ces pays. La situation est meilleure au Vietnam, Laos et Cambodge, qui restent les plus grands exportateurs mondiaux. Le calambac du Vietnam est réputé pour sa qualité. Si les besoins mondiaux s'élèvent à 1.000 tonnes par an, le pays n'en fournit annuellement que 80 tonnes au maximum. Les débouchés principaux sont le Japon, Taiwan, la Corée du Sud, la France et le Moyen-Orient. (Khac Phuc/CVN)

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