Portrait : un collectionneur d'antiquités en céramique de Huê
Dans la ville de Huê (Centre), il y a un homme qui est propriétaire des milliers d'antiquités en céramique. Pour ses seuls pots à chaux, on peut en dénombrer déjà plus de 1000...
Hô Tân Phan vit dans une ruelle qui donne sur la route Cao Ba Quat, dans le quartier Phu Hâu, situé sur la rive gauche de la rivière Huong (rivière des Parfums).
Passant le pas de sa porte, les visiteurs sont éblouis par l'amoncellement de vases, jarres, soupières, cruches et récipients en terre cuite qui envahissent son jardin fruitier. De même, sa maison croule sous les objets en céramique issus de plusieurs époques. Il faut marcher sur la pointe des pieds et faire des détours pour atteindre la porte d'entrée, les céramiques s'entassent sur l'armoire, sous le lit, dans la cuisine. Il y en a tant que leur propriétaire n'arrive pas à les classer.
Naissance d'une passion
Enseignant à la retraite, fervent lecteur de littérature chinoise, de Confucius et de Mencius depuis son plus jeune âge, il se passionna un jour pour les antiquités en céramique. D'après lui, elles ne sont pas trop chères et dévoilent des traits typiques du fonctionnement de la communauté vietnamienne, parce qu'elles sont étroitement liées à la vie quotidienne. Ces objets suivent l'homme de sa naissance à sa mort, ce qui leur donne une âme. Ces traits culturels intéressent au plus haut point les chercheurs.
Hô Tân Phan collectionne ces poteries depuis les années 80. À cette époque, nombreux étaient les habitants de Huê qui cherchaient ce genre d'objets enfouis dans le sable qu'on exploitait au fond des rivières pour les vendre aux chantiers de construction. N'écoutant que sa passion, il les racheta. Petit à petit, sa maison et son jardin se transformèrent en entrepôt. Leur multitude est telle qu'il est incapable de les dénombrer précisément. En outre, il ignore la valeur financière globale de sa collection. Néanmoins, il se remémore très bien la somme qu'il avait dépensée à l'époque. "Environ 100 millions de dôngs", avoue-t-il. Soit une somme énorme pour un enseignant qui a pris précocement sa retraite à l'âge de 49 ans. Ces céramiques sont les seuls objets de valeur de sa demeure.
À présent, il n'a rien cédé, malgré des offres attrayantes. "Peut-être penserai- je à les revendre quand je serai atteint d'une grave maladie", confie-t-il. Reste une question épineuse: comment faire pour préserver cette collection lors de la saison des pluies, lorsque son jardin de 2.700 m² et sa maison ne pourront plus accueillir un vase de plus ? (Thu Trang/CVN)