Jacques Rougerie : un musée sous-marin pour les trésors d'Alexandrie
La baie d'Alexandrie a fait l'objet, au cours des années 1990, d'importantes découvertes archéologiques à l'endroit même où se dressait, dès le 4e siècle avt J.-C., le fameux "Portus Magnus". C'est pour révéler ces trésors enfouis que sera construit le musée d'archéologie sous-marine d'Alexandrie. Un projet confié à l'architecte français Jacques Rougerie. © Jacques Rougerie Architecte
Le nouveau musée d'Alexandrie permettra de faire découvrir au public la discipline de l'archéologie sous-marine, grâce à des panneaux explicatifs et de nombreuses illustrations. L'objectif de l'établissement sera également de révéler les objets au sein même de l'environnement dans lequel ils ont été découverts. © Jacques Rougerie Architecte
Le musée se composera de deux parties : une "agora au-dessus des flots, véritable balcon ouvert sur la baie", rattaché au continent, et une partie sous-marine, dont seules 4 grandes voiles marqueront l'emplacement depuis l'extérieur, représentant, selon l'architecte Jacques Rougerie, "les points cardinaux et l'horloge du temps". © Jacques Rougerie Architecte
Jacques Rougerie, architecte de la mer Surnommé le "Jules Verne" actuel, Jacques Rougerie est un architecte français engagé, depuis la création de son agence au début des années 1970, dans des projets originaux inspirés du monde marin. Sous les eaux ou sur les eaux, les bâtiments de Jacques Rougerie ont la particularité de se fondre dans leur environnement. Le Centre national de la mer de Nausicaa à Boulogne-sur-Mer, le Centre de la mer Océanopolis à Brest ou encore le Pavillon de la mer et l'aquarium flottant de l'Exposition internationale de la mer Portopia en 2000 au Japon, en sont l'illustration.
Pour rejoindre la partie sous-marine du musée, les visiteurs emprunteront un couloir sous-marin depuis les salles d'exposition souterraines de la partie continentale du musée. L'éclairage imaginé ici par Jacques Rougerie symbolisera le rayonnement nouveau que l'établissement apportera à la ville historique d'Alexandrie. © Jacques Rougerie Architecte
La partie la plus originale du musée sera le patio aquatique qui présentera au visiteur, selon une scénographie étudiée, certaines œuvres découvertes sous les eaux et qui ne peuvent pas être remontées à la surface. Le public assistera ainsi en direct au travail de fouille et de nettoyage des archéologues. © Jacques Rougerie Architecte
Toute l'architecture et la scénographie du musée seront conçues pour que chacun ressente, le temps d'une visite, le mystère des richesses millénaires englouties. Le visiteur déambulera de découverte en découverte, dans une ambiance qui rappelera celle des sites archéologiques immergés. © Jacques Rougerie Architecte
Le musée d'archéologie sous-marine se situera près de la Biblioteca Alexandrina, inaugurée en 2002 par l'agence Snøhetta. Des chantiers qui visent à redonner à la ville son rôle de capitale culturelle, en rappelant ici l'antique Grande bibliothèque, là la grandeur passée du "Portus Magnum". © Jacques Rougerie Architecte
1 500 ans d'histoire sous les eaux de la baie d'Alexandrie
La construction du nouvel établissement culturel d'Alexandrie sera directement liée à la découverte, dans les années 1990, par l'archéologue français Frank Goddio, d'importants restes des cités enfouies de Canope, Héracléion et du port d'Alexandrie, à quelques kilomètres des côtes égyptiennes. Statues, sphinx, ruines de palais, colonnes, stèles, etc. dormaient, depuis des milliers d'années, à quelques mètres sous les eaux. Un trésor fascinant tant par son histoire que par le travail même de recherche sous-marine. Des richesses telles qu'il est impossible de toutes les remonter à la surface, mais dont le public aura un aperçu grâce au nouveau musée de la baie d'Alexandrie.
Le musée d'archéologie sous-marine d'Alexandrie
Le bâtiment imaginé par Jacques Rougerie offrira en effet au public de suivre en direct le travail des archéologues, grâce à son patio aquatique, l'espace le plus original du musée. Depuis les salles d'exposition de la partie continentale du musée, le visiteur empruntera un couloir sous-marin pour se rendre dans une galerie également sous-marine offrant un panorama sur un site de fouilles archéologiques. Un subterfuge qui laissera croire que l'on admire les oeuvres à l'endroit même où elles reposent depuis des milliers d'années... alors qu'elles feront également l'objet d'une scénographie. Ce vaste projet n'a pas encore de calendrier ni de budget précis.






