Le Louvre d'Abou Dhabi enfin "dévoilé"
Le 6 mars 2007, le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres a signé avec le cheikh sultan Ben Tahoon le contrat final prévoyant la création d'un Louvre à Abou Dhabi. Une première pour le musée français, dont la marque n'a jamais été exportée. Le bâtiment se situera dans un "district culturel" où figurera notamment un nouveau Guggenheim. © Ateliers Jean Nouvel
Le musée d'art classique sera construit sur l'île de Saadiyat (l'île du Bonheur), une réserve naturelle de 27 km² située à 500 m de la côte. © Ateliers Jean Nouvel
Le musée, construit sur l'eau, ressemblera à "une île recouverte d'une ombrelle d'acier de 180 mètres de diamètre reposant sur trois pieds", a expliqué l'architecte Jean Nouvel. © Ateliers Jean Nouvel
La coupole dentelée, faite d'un entrelacement de différents matériaux, laissera passer la lumière dans la tradition des moucharabiehs arabes. © Ateliers Jean Nouvel
L'architecte s'est inspiré de la nature très particulière de l'Ile de Saadiyat pour concevoir son bâtiment. Marqué par le contraste fort entre la terre aride et la fluidité de la mer, il a voulu concevoir une véritable micro-cité semblant flotter sur l'eau. © Ateliers Jean Nouvel
Le seul nom du Louvre a été vendu pour la somme de 400 millions d'euros. Par ailleurs, le musée s'est engagé à prêter des oeuvres de tous les musées français pour une période de 10 ans (ce qui rapportera à ces derniers 190 millions d'euros) et à organiser quatre expositions par an (195 millions d'euros). Dernier point : l'Agence internationale des musées français sera financée par Abou Dhabi à hauteur de 164 millions d'euros. Une opération lucrative pour la France, qui apportera à la France, quasiment 1 milliard d'euros. © Ateliers Jean Nouvel
Le musée sera composé de plusieurs bâtiments différents, dont l'usage définira la disposition géographique. Tous ne seront pas situés sous l'ombrelle dentelée. © Ateliers Jean Nouvel
Devant l'environnement de l'Ile de Saadiyat, Jean Nouvel a pensé aux cités disparues, enfouies sous le sable ou immergées dans la mer. L'idée, pour ce nouveau Louvre, a été de constituer une petite cité de bâtiments d'un étage, longeant une promenade centrale. © Ateliers Jean Nouvel
L'eau joue un rôle crucial dans le projet de Jean Nouvel, "en agissant comme un miroir dans lequel se reflète le bâtiment, et en créant, à l'aide du souffle du vent, un micro-climat agréable". © Ateliers Jean Nouvel
En constituant le district culturel de l'Ile de Saadiyat, Abou Dhabi entend devenir un pôle culturel de référence dans le monde. Ce complexe devrait être achevé d'ici 2018. © Ateliers Jean Nouvel.
L'annonce de la construction d'un nouveau Louvre à Abou Dhabi a engendré un tollé dans le monde de l'art français. Critiques fondées ou frilosité excessive ? Une seule chose est sûre : le contrat signé mardi 6 mars s'élève à près d'un milliard d'euros pour la France. De quoi faire flancher les plus réticents... ou les plus avides!
L'implantation d'un musée du Louvre à Abou Dhabi a fait grincer bien des dents. Le 13 décembre 2006, une tribune intitulée "Les musées ne sont pas à vendre" ouvre le feu. Elle est signée par Françoise Cachin, directrice honoraire des musées de France, Jean Clair, conservateur général honoraire et écrivain, et Roland Recht, professeur du Collège de France. Reprise par Didier Rykner, fondateur du site Internet "La tribune de l'Art", elle donne lieu à une pétition aujourd'hui signée par 4 650 personnes. Les défenseurs du projet rejettent cet esprit qu'ils considèrent comme "poussiéreux", rétorquant que les musées français organisent des expositions à l'étranger depuis toujours.
Les termes du contrat.
- Le Louvre d'Abou Dhabi sera un "musée universel (...) répondant aux critères de qualité et à l'ambition scientifique et muséographique du Musée du Louvre."
- La marque Louvre est vendue pour 20 ans au musée d'art classique d'Abou Dhabi pour la somme de 400 millions d'euros.
- Tous les musées français sont concernés par ce contrat : ils sont tous susceptibles de prêter leurs oeuvres au nouveau Louvre. Un revenu, pour les établissements de l'Hexagone, s'élevant à 190 millions d'euros.
- La France s'engage à organiser 4 expositions par an pendant 10 ans pour la somme de 195 millions d'euros.
- L'Agence internationale des musées français sera financée par l'Emirat à hauteur de 164 millions, pour exporter son savoir faire et son expérience.
Et la meilleure... La signature du "Contrat Louvre Abu Dhabi" a été accompagnée d'un don de 10 millions d'euros pour le château de Fontainebleau. En échange de ce mécénat, qui permettra de restaurer le Théatre Napoléon III, celui-ci sera appelé Théâtre Cheik Zayed (eh oui... vous ne rêvez pas!), du nom du fondateur des Emirats Arabes Unis. Il ne s'est trouvé personne pour dénoncer cet accord plus que scandaleux. Les nombreux milliardaires de la planète savent ce qu'il leur reste à faire pour que leur nom soit donné à une partie, à une aile, voire à la totalité d'un château français. Demain, si Bill Gates donnait 30 millions d'euros à Fontainebleau, sans doute aurions nous droit à l'aile Bill Gates, à côté de la galerie François Ier. Il n'y a pas si longtemps, le Louvre avait refusé de voir la galerie d'Apollon rebaptisée du nom d'Elf, comme le souhaitait cette société pour financer sa restauration. Demain, ce même musée nommera lui aussi le second étage de l'aile de Flore du nom de Cheik Zayed, contre 25 millions d'euros. La grande braderie a commencé!!!









