Chaussures cousues main à Hôi An
Hôi An (province de Quang Nam, Centre) doit sa grande réputation à son vieux quartier tiré d'une vielle estampe merveilleusement conservée. Mais une fois que les touristes s'y baladent, ils sont interloqués par les nombreux magasins de chaussures. Et tentent de saisir le pourquoi du comment !
«Toutes les chaussures sont faites à la main et une paire demande seulement un jour", fait savoir le patron d'une boutique dans la rue Nhi Trung.
Si elle ne fait que 3.000 m², l'ancienne cité de Hôi An n'héberge pas moins de 200 magasins de chaussures. Petits ou grands, tous affichent les mêmes panneaux "Handmade". À cette époque où tout se fait par machine, on reste dubitatif. Mais quelle mouche les a donc piqués ? Et pourtant, les cordonniers, une espèce en voie d'extermination, sont ici dans un sanctuaire protégé. Et ils créent, s'en donnent à coeur joie, jouent avec les matières : tissu, suède ou cuir. Ce dernier a d'ailleurs leur faveur pour obtenir une "très bonne qualité", avance Lan Anh, une vendeuse dans la rue Trân Phú. Il y a beaucoup de modèles au choix : tongs, sandales, chaussures, bottes. Le paradis des pieds. Le prix d'une paire varie de 150.000 à 500.000 dôngs, selon la matière et le modèle.
Thanh Long, propriétaire d'un magasin dans la rue Hoàng Diêu, assure que c'est un travail pénible. Il demande de l'habileté, de la patience et surtout une bonne condition physique car les chaussures sont faites en un jour seulement. "Forcément, nous les confectionnons de nuit", affirme-t-il. Âgé de 43 ans, Long a 20 ans de métier derrière lui. Son atelier de 5 salariés "vend très bien lors de la saison touristique, en mars. Dix paires par jour", révèle son épouse. Elle ajoute toutefois que "les clients sont de plus en plus difficiles". "Une fois, on nous a demandé une paire de chaussures en cuir noir comme le modèle que je mettais dans le magasin. Le lendemain, il les a refusés. Motif : la couleur ne ressemblait pas à celle qu'il avait vue en vitrine. J'ai dû palabrer longtemps avant qu'il comprenne que les chaussures exposées étaient depuis des lustres et que donc elles s'étaient décolorées avec le temps", raconte-t-elle.
Selon une autre vendeuse, il n'est pas rare que les clients soient insatisfaits de leurs chaussures. Dans ce cas, "nous les réparerons sur place, jusqu'à ce qu'ils sont contents".
Ici, il existe 2 sortes de magasins. Ceux où le patron fait lui-même les commandes et ceux où le patron prend la commande des clients puis transmet à un atelier. La plupart des catalogues qu'ils possèdent sont offerts par les clients. "Ils apportent aux magasins la photo ou le catalogue avec leur paire désirée puis ensuite nous l'offre", explique Thanh Tâm, vendeuse pour un magasin sur la rue Lê Loi.
Y Lan, une Vietnamienne d'outre-mer et cliente de Thanh Long, raconte : "Il y a 10 ans, j'ai acheté une paire de chaussures dans ce magasin. Je les porte encore aujourd'hui. Quand je suis retournée à Hôi An, j'ai cherché tout de suite le magasin de Thanh Long. Heureusement, il est toujours là". Pour sa part, Kim Anh, Hanoienne en mission à Hôi An, est très surprise de cette multitude de chaussures. "D'abord, j'ai pensé que les magasins vendaient de vieilles chaussures. Mais ensuite, j'ai compris que les chaussures exposées n'étaient que des modèles pour que le client choisisse. En fait, le vendeur prend les mesures et les références et le client reçoit des chaussures toutes neuves le lendemain", rigole la jeune fille qui n'a pas pu résister à la tentation en achetant 2 paires. "Je voudrais en prendre plus mais je ne veux pas payer un excédent de bagages. À la prochaine fois !", conclut Kim Anh. (Pham Hà Minh/CVN)
C'est décidé, je tente le coup le mois prochain à Hoi An et je vous tiendrai au courant... mais, comme je suis très exigeant...