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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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8 août 2007

Portraitiste : le truyên thân veut retrouver son âge d’or

1Autrefois, quand la photographie était encore réservée aux plus nantis, l'art du portrait en noir et blanc ou truyên thân connaissait des heures fastes, surtout dans les années 1960-1970. Mais depuis, ce métier traditionnel est tombé en désuétude et se perd peu à peu. Enterré ? Pas encore !
Truyên thân est un mot d'origine chinoise que l'on traduirait par portraitiste en français. Selon les ethnographes, le portrait est historiquement un passe-temps des souverains et de la noblesse féodale. Mais avec le temps, il s'est diffusé dans le peuple pour devenir au final un métier traditionnel. Selon Trân Thinh, fils du peintre Trân Dinh Nghê, "le "truyên thân" est conforme à la philosophie orientale. En admirant un portrait, on se retrouve face à la personne portraiturée, allant de la nuance du visage à l'éclat du regard."

Le portraitiste n'utilise ni aquarelle ni pinceau. Ses outils, rudimentaires, sont composés de tiges de bambou pointues, de cure-dents, de poudre de charbon et de papiers Troki. Durant la guerre, comme les matières premières manquaient, les portraitistes utilisaient l'encre de Chine ainsi que du noir de fumée pour "peindre fidèlement l'âme du personnage", selon M. Thinh. Puis, le pays revint à la paix et les artistes purent de nouveau dessiner à la poudre de charbon.

Pour commencer un portrait, l'artiste prend la mesure du visage et l'analyse de son œil expert. La précision de ses gestes lui permet d'aller dans le sens des détails, en ornant et ombrant certains traits. Trân Thinh explique qu'une tache noire sur l'iris des yeux montre qu'une oeuvre est complète.

Un métier qui ne veut pas mourir
À partir d'une photo, les clients veulent un dessin d'eux-mêmes ou d'un de leurs proches. Parfois, il s'agit d'une personne défunte dont le portrait est destiné à l'autel des ancêtres. Aujourd'hui, une nouvelle tendance est en train de germer, le portrait de toute la famille, à la place d'une banale photographie. Et le truyên thân renaît de ses cendres.

Engagé très tôt dans le monde des formes et des couleurs, Trân Thinh a toujours gardé son enthousiasme pour toute forme d'art pictural. Il est reconnu pour la qualité de ses portraits et son atelier au 24, Hàng Duong, Hanoi, est toujours fréquenté par une clientèle locale et étrangère. Pour la plupart des touristes, le truyên thân reste associé à une culture ancestrale, un art de vivre et un portrait fait donc office de souvenir.

Dans notre société au fort développement, l'esthétisme contemporain prend de plus en plus de place. Pour cette raison, restaurer le truyên thân, c'est également préserver les valeurs traditionnelles de notre peuple. Et si le métier venait à disparaître, il est fort à parier que cela serait sûrement plus dû à un manque de préoccupation des services concernés qu'à un réel désintéressement des gens. (Nhât Minh/CVN)

J'aimerais bien lui demander de me faire le mien mais je ne sais pas s'il en aura le temps...

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