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Alain.R.Truong
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18 septembre 2007

Artisanat : l'héritier de la plus ancienne boutique de broderie de Huê

1Dans l'ancienne cité impériale, la boutique de broderie Duc Thành jouit d'une réputation hors du commun. Vieille de près de 100 ans, cette boutique appartient à une famille de 3 générations de brodeurs.
À 77 ans, Lê Van Kinh est un des brodeurs les plus connus de l'ancienne cité impériale, Huê (Centre). Il est propriétaire de la boutique de broderie Duc Thành, vieille de près de 100 ans. Cette fameuse boutique lui est léguée par son père, brodeur de la cour royale.

La famille de Lê Van Kinh est originaire d'une région réputée pour ses broderies, la commune de Quât Dông (district de Thuong Tin, province de Hà Tây, Nord). C'est le pays natal du fondateur du métier, Lê Công Hành. Le grand-père paternel de Lê Van Kinh était brodeur. Son père, brodeur lui-aussi, a travaillé pour la cour royale vers le début du siècle dernier, sous les règnes des 2 derniers rois des Nguyên, Khai Dinh (1882-1912) et Bao Dai (1913-1945).

Lê Van Kinh a commencé à apprendre à broder à l'âge de 5 ans. "En rentrant à la maison après la classe, je m'asseyais à côté des brodeurs de notre boutique familiale. Ainsi, je pouvais les voir et suivre ce qu'ils faisaient", se souvient-il. Cette méthode d'apprentissage ne ressemble pas à celle qu'il utilise pour transmettre le métier à ses élèves, avec qui les explications sont bien plus précises. "À l'époque, mon père m'obligeait à regarder attentivement les techniques des brodeurs, sans les interroger. Après, je devais reproduire leurs gestes, les imiter", raconte-il. Cette méthode a permis à Kinh de retenir pour longtemps et de manière précise chaque détail de cet art insurpassable.

Depuis qu'il est brodeur, Lê Van Kinh est rompu à toutes les techniques de fabrication, des plus simples aux complexes. Il peut effectuer le même travail que faisait son père, à savoir broder les habits de la cour comme les vêtements et les chaussures du roi, mais il sait aussi réaliser des œuvres d'art décoratif telles que des paysages, des calligraphies ou des portraits. Ces tableaux exigent une haute maîtrise technique et ils sont aujourd'hui très prisés de nombreux clients. Lê Van Kinh est considéré comme un des maîtres artisans qui a beaucoup contribué à développer cet art. À part le métier de broderie que lui a appris son père, l'artisan a étudié les bases des beaux-arts modernes avec 2 maîtres connus, Tôn Thât Dào et Lê Yên, diplômés de l'École des beaux-arts d'Indochine à Hanoi et anciens directeurs de l'École supérieure des beaux-arts de Huê. De ces maîtres, Lê Van Kinh a appris la façon d'harmonisation des couleurs sur ses œuvres d'art.

Le bien le plus important dont a hérité Lê Van Kinh, lorsqu'il avait 28 ans, est la boutique de broderie de son père. Les revenus générés par cette affaire sont suffisants pour nourrir sa mère, ses 5 frères et sœurs et une vingtaine d'employés. Mais l'important, c'est qu'il a maintenu la tradition familiale avec tout son cœur. Malgré les hauts et les bas du métier où de nombreux artisans ont laissé derrière eux leurs aiguilles, Lê Van Kinh n'a jamais abandonné sa carrière. Ainsi la boutique Duc Thành, créée par son père il y a presque 100 ans, perpétue la tradition.

Le maître de milliers de brodeurs
Aujourd'hui, la réputation de sa boutique a franchi les frontières nationales. Bien qu'elle ne se situe pas dans le centre-ville, Duc Thanh attire un grand nombre de visiteurs et clients, surtout des étrangers venus d'Allemagne, des Pays-Bas, du Japon, des États-Unis, du Danemark, d'Israël et de France. Ils y viennent contempler les broderies réalisées par le maître artisan, en acheter quelques-unes et s'enquérir auprès de Lê Van Kinh des aspects extraordinaires de son art ainsi que de la signification des symboles du Vietnam figurant sur ses tableaux brodés. Parmi sa clientèle étrangère, figurent les compagnies japonaises Nissho et Sangshing. En 5 ans, depuis 1990, la boutique de broderie Duc Thành a reçu environ 60 commandes de broder des ceintures et pans de kimonos. "Mes employés ont montré leur talent en réalisant les modèles difficiles sur les kimonos", déclare le patron, non sans un brin de fierté.

À 77 ans, Lê Van Kinh travaille encore, dans sa boutique familiale, à côté de ses employés. D'après lui, la meilleure façon de conserver et de développer le métier, c'est de le transmettre au plus grand nombre de personnes possible. C'est ce qu'il pense et ce qu'il fait : dès 1975, après la réunification nationale, le maître brodeur a parcouru toutes les communes de la province de Thua Thiên-Huê, voire d'autres provinces pour donner des cours de broderie. "L'image la plus émouvante que je garderai dans mon cœur, c'est celle de centaines d'adolescents se réunissant chaque soir dans une maison communale, après une journée de travaux champêtres, pour apprendre à broder, sous la lumière des lampes à huile. Les mêmes scènes se répétaient nuit après nuit", se souvient-il.

Le maître a formé des milliers de brodeurs. De nombreux patrons de grands ateliers dans le Centre (Thua Thiên Huê, Quang Binh, Quang Tri, etc.) sont ses anciens élèves. Il est un des premiers maîtres artisans ayant reçu du ministère de la Culture et de l'Information un certificat reconnaissant ses talents et son expérience. Il est le seul brodeur ayant reçu le titre d'Artisan populaire du Vietnam, la plus haute distinction honorifique pour un artisan, remise par l'Association nationale des lettres et des arts folkloriques.  (Hoàng Mai/CVN)

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