Vente d'art contemporain asiatique aujourd'hui à Artcurial
Im Sang-bin (né en 1976), Chrysler building, 2005, C-Print, 1/5, 75 x 160 cm. Estimation : 6 500/7 000 €.
Que l’amateur ne s’y trompe pas : cette vente d’art contemporain n’a rien de classique. Elle nous permet en effet de rencontrer des artistes de l’avant-garde de pays émergents ou qui restent à découvrir : Iran, Turquie, Syrie, Maroc, Yémen, Russie, Inde, les deux Corées, Vietnam, Birmanie, Chine et Japon. Au total, 120 oeuvres sur toile ou sur papier, mais aussi des photographies, sont là pour un véritable "coup de projecteur". Ainsi, une image s’impose à de multiples reprises dans les oeuvres des artistes iraniens tels Rana Javadi, Bahman Jalali ou Shadi Ghadirian : celle de la femme. Shadi Ghadirian le sait bien, "être une femme en Iran, c’est difficile, mais être photographe en Iran, c’est encore plus difficile". Ses choix n’ont rien d’anodin, puisqu’elle met en scène des femmes voilées au visage remplacé par des ustensiles (est. 4 000/5 000 €). Autre univers, celui de Davood Ghanbari, né en Iran en 1951, mais ayant fait ses études à Paris. Quatre tableaux, où fusionnent vécu et imaginaire, témoignent de sa quête entre nature et souvenirs d’enfance, peuplés de paysages (3 000/8 000 €). La Turquie d’Onder Ergun nous offre une parenthèse, avec des toiles où les lignes de la mer et du ciel convergent (est. 3 500/4 000 €), puis l’on rencontre des artistes des deux Corées. On aura ici le choix, notamment entre Hidden Emotion de Kim Bum Su, où l’esprit sombre du han devient la force motrice du succès capitaliste (8 000/9 000 €), ou le grand et séduisant format sur papier de riz de Lee Jung-woong, Brush, 2007 où, comme son nom l’indique, un pinceau est posé sur un arrière-plan de coups de pinceau noyés dans l’encre noire (35 000/40 000 €). À moins que l’on ne préfère l’univers bien réel, même s’il semble inspiré de la science-fiction, d’Im Sang-bin (voir photo) ou la représentation "au plus près des gouttes sur un fond de couleur écrue" de l’artiste installé à Paris depuis 1970, Kim Tschang-yeul. Pour cette oeuvre de 1975, méditation sur l’individu, son rôle de grain de sable (ou goutte d’eau...) dans la société, et image de la sérénité du vide, comptez 6 000 à 8 000 €. Toujours au chapitre des surprises, sont à découvrir les images audacieusement colorées d’un quotidien réinventé par la Japonaise Ryu Itadani (Things that I like, hope you like it too, 9 000 €). Le Birman Kyi Wynn, avec son grand acrylique Help me Help me (3 500 €), a su traduire le sentiment de désespoir d’une population prisonnière d’un régime totalitaire. Des artistes actuels.
Lundi 1er octobre, Hôtel Marcel-Dassault. Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur - F. Tajan SVV
